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« Blackkklansman – J’ai infiltré le ku klux klan » de Spike Lee. Critique cinéma

Synopsis: Au début des années 70, Ron Stallworth devient le premier officier Noir américain du Colorado Springs Police Department. Son arrivée est accueillie avec une franche hostilité par les agents les moins gradés du commissariat. Stallworth va tenter de faire bouger les lignes avec une mission des plus périlleuses : infiltrer le Ku Klux Klan.

La fiche du film

Le film : "BlacKkKlansman - J'ai infiltré le Ku Klux Klan"
De : Spike Lee
Avec : John David Washington, Adam Driver
Sortie le : 22/08/2018
Durée : 136 Minutes
Genre : Biopic, Comédie, Policier
Type : Long-métrage
le film

Spike Lee ne nous apprend rien. Ou si peu. Sur le racisme, la ségrégation, le Ku Klux Klan, on doit à peu près tout savoir. Mais de nouvelles générations poussent du coude.  Alors Spike Lee nous redit tout en grattant jusqu’à l’os.

La démangeaison est dûe au premier policier noir d’un commissariat du Colorado. Nous sommes au début des années soixante-dix. Il s’appelle Ron Stallworth (John David Washington, excellent). Avec ses collègues inspecteurs (la base ne peut pas le voir en peinture), il imagine un subterfuge pour infiltrer l’organisation raciste.

Au téléphone, Stallworth joue le personnage blanc que Flip Zimmerman personnifie pour se rendre auprès du KKK.

Tout le monde n’est pas convaincu des intentions réelles du nouveau venu dans l’organisation raciste…

Un jeu de dupes extrêmement périlleux, puis dangereux quand le doute s’insinue dans la tête cabocharde et psychopathe de Kwame Ture. Membre du Ku Klux Klan, toujours prêt à en découdre violemment avec qui ne lui ressemble pas. Jasper Pääkkönen est au sommet de son art.

Sa hiérarchie, un peu plus mesurée, demeure cependant arc boutée sur des principes haineux, entretenus par des discours sans ambiguïté. Mais la prudence est de mise, les fachos n’ont plus bonne presse constate le chef de la police (Robert John Burke) qui dans sa propre maison doit aussi contenir quelques suspects.

Entre les deux, la position défensive de la communauté noire est battue en brèche . Les leaders parlent de s’armer pour reprendre le pouvoir. Il est blanc, il est noir, il est le maître mot des élans belliqueux que Stallworth suit à la trace près.

Comme cette séance de tirs dans la forêt, que le jeune policier découvre, une fois achevée, dans toute dans sa cruauté. Spike Lee fait très fort dans cette absence de démonstration réduite à un constat sans appel. A l’image de Zimmerman ( Adam Driver, très à l’aise, très très bien)  acculé devant un détecteur de mensonges. « J’ai dû renier quelque chose à laquelle je n’avais jamais pensé, je suis juif ».

Le récit est ainsi construit d’évidences calfeutrées par l’Histoire, de réminiscences écartées par cette même volonté d’oublier, puis d’avancer. Le film de D.W. Griffith « La naissance d’une nation » fait ainsi figure de réceptacle toujours vivant pour les mauvaises interprétations, les analyses fallacieuses.

Spike Lee tente d’y remettre un peu d’ordre dans un dénouement folklorique pour une situation qui ne s’y prête pas. Presque une fin heureuse si la méprise de l’attentat ne renvoyait aux récentes émeutes raciales, et aux manifestations d’extrême droite de Charlottesville, dont une fut meurtrière.

Le flic a aussi infiltré les mouvements révolutionnaires noirs et la présidente ne le laisse pas indifférent (Laura Harrier)

Comme pour se rattraper de la légèreté de son propos (on sourit assez souvent), Spike Lee rattrape ainsi le coup de manière radicale. « L’Amérique d’abord » claironne depuis son élection le président Trump. Un slogan que le réalisateur a retrouvé chez les ségrégationnistes. Il ne refait pas l’Histoire, elle lui revient, tel un boomerang !

Grand Prix du festival de Cannes 2018 . -  Spike Lee ne nous apprend rien. Ou si peu. Sur le racisme, la ségrégation, le Ku Klux Klan, on doit à peu près tout savoir. Mais de nouvelles générations poussent du coude.  Alors Spike Lee nous redit tout en grattant jusqu’à l’os. La démangeaison est dûe au premier policier noir d’un commissariat du Colorado. Nous sommes au début des années soixante-dix. Il s’appelle Ron Stallworth (John David Washington, excellent). Avec ses collègues inspecteurs (la base ne peut pas le voir en peinture), il imagine un subterfuge pour infiltrer l'organisation raciste. Au…
le film

Si l’on pense bien connaître le problème racial des Etats-Unis (lié objectivement à celui de la planète entière) Spike Lee se charge d’une piqûre de rappel insidieuse que les jeunes générations prendront peut-être pour de l’inédit tant le cinéaste gratte jusqu’à l’os un mal qui ronge et qui toujours démange. L’histoire s’appuie sur des faits réels et le scénario profite alors de cette opportunité de faire jouer un même personnage dans la peau de deux comédiens, l’un noir (au téléphone) l’autre blanc, infiltré au cœur du Ku Klux Klan. Adam Driver et John David Washington se complètent dans cette fiction parfaitement réelle comme le réalisateur nous le rappelle par les vidéos des récentes émeutes raciales, et des manifestations d’extrême droite de Charlottesville, dont une fut meurtrière. Comme pour se rattraper de la légèreté de son propos (on sourit assez souvent) Spike Lee rattrape le coup de manière radicale. Un film toujours très utile.

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