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« Green Book » de Peter Farrelly. Critique cinéma

La fiche du film

Le film : "Green Book : Sur les routes du sud"
De : Peter Farrelly
Avec : Viggo Mortensen, Mahershala Ali
Sortie le : 23/01/2019
Durée : 130 Minutes
Genre : Drame, Biopic
Type : Long-métrage
Le film

Avant de parler de biopic, qu’il n’est pas, ou d’une amitié improbable, que l’on découvre, ce film s’attache avant tout à la notion des droits civiques à l’époque des sixties yankees qui les bafouent allègrement.

Un thème que le cinéma américain privilégie sur une Histoire qui ne manque pas de nourrir ses scénarios. Les récits sont souvent véridiques, à l’image de ce « Green Book » (*) dont l’originalité est d’ inverser les rôles.

Tony, un italo-américain fourre-tout se met au service de Don Shirley, un pianiste et compositeur américain d’origine jamaïcaine, mais véritablement noir. Ce qui pourrait rebuter notre face blanche, résolument raciste. Mais le salaire d’engagement et les frais qui vont avec le convainquent de devenir le chauffeur du « bamboula ».

Première entorse aux conventions raciales de l’époque que l’artiste va soigneusement redresser au fil du périple musical . La différence des deux hommes ne s’arrête pas à la couleur, mais aussi à l’éducation, à la morale, aux sentiments. Don et Tony c’est le jour et la nuit qui s’écharpent pour une nourriture mal appréhendée, un mot de travers, une cigarette collée aux lèvres.

Don rétablit la syntaxe, Tony crache par la vitre et balance ses os de poulets sur la route. Mais le contrat est respecté : chaque soir de concert, le pianiste retrouve ses marques sur une scène que son chauffeur-secrétaire-majordome a inspectée peu avant. Les habitudes sont prises et l’ignare videur de boîte de nuit écoute la petite musique de son patron.

Le trio en compagnie du chauffeur de l’artiste. Les deux musiciens ont leur voiture….

L’entente est en marche, elle est prévisible. On joue du piano, mais on entend les violons se confier au rapprochement des peuples. Loin de contrarier une si belle harmonie Peter Farrelly pose simplement quelques bémols .

Là où la haine et la méchanceté les mènent à faire cause commune. Confrontés au pire de l’âme humaine, ils affichent l’humour et  l’esprit, la générosité et l’intelligence.

Est-ce dans ce rapport frontal à la bêtise crasse que le cinéaste trouve véritablement l’empreinte de son film ? J’aurais tendance à le penser après avoir suivi positivement mais sans folie le cheminement d’une humanité encore mal définie. Farrelly filme alors classiquement, conventionnellement.

Là où Don Shirley doit se produire le soir, on lui interdit de s’asseoir dans le restaurant …

Il faudra les excès, les coups, les humiliations pour que son cinéma réponde à l’attente suscitée à l’origine du contrat. Mahershala Ali me parait bien à l’aise dans sa position d’un dominant aux pieds d’argile. Un homme qui vit dans un château, dit-il, mais qui vit seul.

Face à lui, une grande gueule : Vigo Mortensen, déroutant et bien tranquille lui aussi dans son personnage, n’est pas pour déplaire à ce récit marqué par les années ( jolie reconstitution, et des cylindrées de rêve ) mais toujours présent dans nos rues et dans les esprits.

(*) Il s’agit d’un livre spécialement édité pour le peuple noir afin qu’ils puissent se rendre dans des zones accessibles à sa couleur …

  • Ségrégation et droits civiques

 » Loving » de Jeff Nichols

« BlacKkKlansman – J’ai infiltré le Ku Klux Klan » de Spike Lee

« I am not your negro » de Raoul Peck.

« Get out » de Jordan Peele.

« The intruder » de Roger Corman

« American Pastoral » de Derwan McGregor

« Detroit » de Kathryn Bigelow

« Dear White People » de Justin Simien

« Sidewalk Stories » de Charles Lanes

Avant de parler de biopic, qu’il n’est pas, ou d’une amitié improbable, que l’on découvre, ce film s’attache avant tout à la notion des droits civiques à l’époque des sixties yankees qui les bafouent allègrement. Un thème que le cinéma américain privilégie sur une Histoire qui ne manque pas de nourrir ses scénarios. Les récits sont souvent véridiques, à l’image de ce « Green Book » (*) dont l’originalité est d’ inverser les rôles. Tony, un italo-américain fourre-tout se met au service de Don Shirley, un pianiste et compositeur américain d'origine jamaïcaine, mais véritablement noir. Ce qui pourrait rebuter notre face blanche,…
Le film

Il y a un pseudo biopic ( la tournée d’un pianiste américain Don Shirley ) et une dénonciation réelle de la ségrégation officielle opérée dans les années soixante dans le sud des Etats-Unis. Là où le musicien entend se rendre alors qu’il ferait des merveilles, ailleurs, et sans problème. Et comme il choisit un chauffeur blanc pour l’accompagner, l’aventure est totalement risquée ce qui se confirme très rapidement . En premier lieu les rapports entre les deux hommes ne sont pas forcément au beau fixe. Face au manque d’éducation et de savoir vivre du chauffeur, son patron tente de redresse la barre avec une délicatesse et un raffinement qui ne le surprennent nullement. Mais la cohabitation résiste et l’entente est en marche, tout à fait prévisible. A l’image d’une mise en scène très classique, très conventionnelle. Il faudra les excès, les coups, les humiliations pour que ce cinéma réponde à l’attente suscitée à l’origine du contrat engagé entre les deux hommes. Un film tranquille, peu dérangeant, mais bien réel dans le malaise qu’il suscite. Sur la dignité et le respect des êtres humains.

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