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« ADN » de Maïwenn. Critique cinéma

Synopsis: Neige, divorcée et mère de trois enfants, rend régulièrement visite à Émir, son grand-père algérien en maison de retraite. Elle adore et admire ce pilier de la famille, qui l’a élevée et surtout protégée de la toxicité de ses parents. Les rapports entre les nombreux membres de la famille sont compliqués et les rancœurs nombreuses...Neige peut compter sur le soutien et l’humour de François, son ex. La mort du grand-père déclenche une profonde crise identitaire chez Neige.

La fiche du film

Le film : "ADN"
De : Maïwenn
Avec : Maïwenn, Fanny Ardant
Sortie le : 28/10/2020
Distribution : Le Pacte
Durée : 90 Minutes
Genre : Drame
Type : Long-métrage
Le film

C’est un film très personnel, trop personnel. Sur le deuil, l’identité, la famille. Un trop plein pour Maïwenn depuis des années, très certainement, et ce lâcher de sentiments à ne plus savoir où les mettre.

Autour de ce grand-père (Omar Marwan) reclus dans une maison de retraite où tous ses proches l’entourent avec amour et affection. Neige sa petite fille, surtout, et Kevin (Dylan Robert) son fils très attaché à celui qui a tenu le clan dans ses repères.

En l’éloignant parfois des tensions parentales et d’une autorité déviante. Les frictions demeurent, et la mère (Fanny Ardant) toujours très présente. Jusque sur le lit de mort du patriarche , au cœur de l’Ephad où le personnel presse la famille de quitter les lieux.

Maïwenn co-scénariste avec Mathieu Demy lâche plusieurs salves à l’encontre du service hospitalier avant de recentrer sa bile sur cette mort qui lui échappe et lui ôte à tout jamais l’amarre qui la reliait aux siens.

La cinéaste ne nous épargne rien de son chagrin, de son malheur. La mise en scène, déjà oppressante devient excessive dans l’exécution du deuil, du recueillement au choix du cercueil, avant la mise en bière tout aussi surlignée. Je passe très vite sur la crémation…

Rien n’est faux ,tout est insistant, pesant.

Tel le vilain petit canard, il y a heureusement François, l’ex de Neige, drôle et léger dans ce capharnaüm plombé par les larmes et les ressentiments. Louis Garrel a peut-être le beau rôle dans le passif affectif de cette famille , mais il l’assume avec une exigence totale en regard des circonstances.

Le père, très distant, (Alain Françon (*) presque indifférent marque lui aussi de son sceau l’impunité qu’il s’accorde pendant que ses enfants tentent de retrouver un sens à leur famille. Celui que Maïwenn tient enfin pour véritable quand elle remonte le cours de la grande Histoire, de ces algériens déracinés , exilés, immigrés et dont elle revendique l’intégration.

Plus qu’une acceptation de l’autre, une adhésion totale à ce pays qu’elle connaît à peine et qui va l’aider à surmonter sa peine. A s’assumer pleinement. Un joli cheminement pour l’héroïne et la réalisatrice qui bien souvent se confondent, une terre d’apaisement réconciliée avec l’histoire de Neige, aux excès enfin souriants et positifs.

Tout autour d’elle le monde est en marche, et elle y participe.

(*) L’auteur et metteur en scène, tient très bien son rôle, là où on ne l’attendait pas vraiment.

C’est un film très personnel, trop personnel. Sur le deuil, l’identité, la famille. Un trop plein pour Maïwenn depuis des années, très certainement, et ce lâcher de sentiments à ne plus savoir où les mettre. Autour de ce grand-père (Omar Marwan) reclus dans une maison de retraite où tous ses proches l’entourent avec amour et affection. Neige sa petite fille, surtout, et Kevin (Dylan Robert) son fils très attaché à celui qui a tenu le clan dans ses repères. En l’éloignant parfois des tensions parentales et d’une autorité déviante. Les frictions demeurent, et la mère (Fanny Ardant) toujours très présente.…
Le film

C’est un sujet sans fin pour le cinéma et pourtant Maïwenn réussit à en faire quelque chose de très personnel, voire d’intime. Un rapport non pas à la mort, mais au deuil, à la disparition, au déracinement exacerbé. Et à force de déverser sa bile, la réalisatrice surligne sa mise en scène dans l’exécution d’un deuil qui n’en finit pas avec détails, et pathos inhérent. Il faut attendre que les tensions s’apaisent et que la réalisatrice-scénariste-comédienne pose le trop plein d’elle-même pour mesurer le chemin à parcourir , et remonter le cours de la grande Histoire, de ces algériens déracinés , exilés, immigrés et dont elle revendique l'affiliation. Plus qu’une acceptation de l’autre, une adhésion totale à ce pays qu’elle connaît à peine et qui va l’aider à surmonter sa peine. A rencontrer sa véritable histoire.

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