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« A Ciambra » de Jonas Carpignano. Critique cinéma

Synopsis: Pio a 14 ans et veut grandir vite. Comme son grand frère Cosimo, il boit, fume et apprend l’art des petites arnaques de la rue. Et le jour où Cosimo n’est plus en mesure de veiller sur la famille, Pio va devoir prendre sa place. Mais ce rôle trop lourd pour lui va vite le dépasser et le mettre face à un choix déchirant.

La fiche du film

Le film : "A Ciambra"
De : Jonas Carpignano
Avec : Pio Amato, Koudous Seihon
Sortie le : 20/09/2017
Distribution : Haut et Court
Durée : 118 Minutes
Genre : Drame
Type : Long-métrage
Le film

« Mieux vaut traîner ses chaînes qu’enchaîner ses amies » rappelle le grand père…

Chez les Amato dès que l’on peut parler, on ne s’en prive pas. On hurle, on vocifère, on s’invective. Chez les Amato, on s’aime beaucoup.

Les descentes de police n’y font rien, les arrestations non plus. On se serre les coudes, on ne parle pas et quand tous les hommes sont en prison, Pio devient l’homme de la maison. Il a 14 ans. A force de coller aux basques du grand frère, il a toujours rêvé de ses méfaits qu’il reproduit à sa petite échelle.

Pio avec ses petits frères qui ne sont pas les derniers pour la tchatche

A défaut de pouvoir le suivre dans ses escapades nocturnes. En attendant, Pio s’exécute dans des rapines d’infortune, souvent accompagné par son grand copain Ayiva, un burkinabé qui expédie le produit de ses larcins au pays. La communauté africaine a trouvé refuge à Gioia Tauro, cette ville du sud de l’Italie où Jonas Carpignano a réellement tourné ce film.

Après s’être fait voler sa voiture, le réalisateur savait qu’il fallait aller voir les gitans de la région. Il tournait alors son premier long métrage. C’est là qu’il tombe amoureux de la Ciambra où vit la famille Amato. Il décide de raconter son histoire et donc aussi celle des naufragés de Lampedusa amassés sous des tentes d’infortune. L’entente entre les deux populations n’est pas des plus cordiale, mais la tolérance est de mise. Ayiva et Pio poussent le bouchon encore plus loin…

Carpignano les filme à l’instinct, caméra à l’épaule, très certainement. Elle est au cœur des embardées, du chaos, au ras du bitume mal agencé. La force et l’esprit du documentaire, une vision très réaliste. Sur le sort des immigrés, leurs trafics à la petite semaine qui les cantonnent à ne plus bouger dans l’attente d’un hypothétique visa.

Une seconde famille pour Pio qui devra choisir entre le sang qui l’a vu naître et le cœur qui bat pour ces gens de couleur. Un dilemme inattendu, une confiance ébranlée, A Ciambra nous embarque très loin. Il ne faut pas s’arrêter.

  • Un film dans le même esprit :

Mange tes morts – Tu ne diras point » de Jean-Charles Hue

 

« Mieux vaut traîner ses chaînes qu’enchaîner ses amies » rappelle le grand père… Chez les Amato dès que l’on peut parler, on ne s’en prive pas. On hurle, on vocifère, on s’invective. Chez les Amato, on s’aime beaucoup. Les descentes de police n’y font rien, les arrestations non plus. On se serre les coudes, on ne parle pas et quand tous les hommes sont en prison, Pio devient l’homme de la maison. Il a 14 ans. A force de coller aux basques du grand frère, il a toujours rêvé de ses méfaits qu’il reproduit à sa petite échelle. A défaut de…
Le film

Ce film est intéressant, voire passionnant à plus d’un titre, ne serait-ce que par l’implication de son réalisateur dans un processus documentaire qui mène à une grande fiction. En tournant son premier film dans le sud de l’Italie, le vol de sa voiture le conduit dans un lieu où il sait pouvoir négocier. Et là il découvre un autre univers qu’il met quelques années en scène dans « A Ciambra » en filmant le quotidien d’une famille Rom à même la vie. On découvre ainsi plus particulièrement les aspirations du jeune Pio, 14 ans, qui aimerait accompagner son grand frère dans ses virées nocturnes. En attendant il vit de ses petites rapines en regardant le monde balloté autour de lui. Chez les Amato dès que l’on peut parler, on ne s’en prive pas. On hurle, on vocifère, on s’invective. Chez les Amato, on s’aime beaucoup, assure Jonas Carpignano qui filme brut de décoffrage cette communauté qui n’est pas sans rappeler celle du film de Jean Charles Hue « Manges tes morts ».

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