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« 107 Mothers » de Péter Kerekes. Critique cinéma

Synopsis: Lyesa donne naissance à un petit garçon dans une prison d’Odessa, en Ukraine. Ici, les mères peuvent s’occuper de leurs enfants jusqu’à leurs trois ans. Ensuite, il faut trouver un membre de la famille prêt à le recueillir, ou c’est le placement définitif en orphelinat. À l’approche de l’anniversaire fatidique, Lyesa tente tout pour ne pas être séparée de son fils.

La fiche du film

Le film : "107 Mothers"
De : Péter Kerekes
Avec : Maryna Klimova, Iryna Kiryazeva
Sortie le : 14/09/2022
Distribution : Les Alchimistes
Durée : 93 Minutes
Genre : Drame
Type : Long-métrage
Le Film
  • D’après des faits réels . – 

Des gamins privés de leurs mères, des mères privées de leurs enfants. Dans cette prison en Ukraine, les détenues, parfois de jeunes mamans, apprennent très vite la séparation.

Elles s’en occupent au cours de leurs trois premières années, entre des grillages, derrière des gardiennes ou dans une cour protégée . Un peu plus grands, les enfants y  jouent avec leur mère comme tous les enfants.

Mais à la différence d’une cour d’école, cette cour de prison les libère à l’âge fatidique , trois ans, pour une autre éducation.

Bien souvent c’est l’orphelinat, un avenir proscrit aux yeux de Lesya (Maryna Klimova ) qui mise beaucoup sur une libération conditionnelle pour éviter à son enfant ce lieu d’abandon. Ses voisines ne pensent pas autrement quand , jour après jour, elles exécutent les gestes rituels  d’un quotidien millimétré.

Dans leurs déplacements, leurs différentes activités, Péter Kerekes les accompagne autant qu’il les observe dans un docu-fiction à la concordance des temps parfaite. Entre ce dehors et ce dedans , séparation ténue marquée par cette gardienne de plus en plus fixée sur le parcours de la jeune prisonnière.

Et celui de son petit garçon…

Elle lit son courrier, c’est sa fonction, écoute ses conversations au parloir, et voit sa vie défilée, terne et sans espoir.

La gardienne s’attache beaucoup à l’enfant de Leysa

Sa mère lui rend visite, lui fait la leçon, mais elle ne l’écoute pas, perdue dans la rêverie de ce qu’elle est devenue, une confidente réservée, une amie secrètement révélée.

Cette relation qui n’existe pas, le réalisateur la sublime dans les regards et les silences, et le jeu sans apprêt des comédiennes. Hors de portée de tout manichéisme. Comme une évidence qui s’affiche , une humanité retrouvée quand dehors, ce fameux dehors, plus personne n’attend ces femmes condamnées à jamais.

Etonnant comme  l’emprise carcérale libère ici beaucoup d’amour. Péter Kerekes est aux commandes !

D'après des faits réels . -  Des gamins privés de leurs mères, des mères privées de leurs enfants. Dans cette prison en Ukraine, les détenues, parfois de jeunes mamans, apprennent très vite la séparation. Elles s'en occupent au cours de leurs trois premières années, entre des grillages, derrière des gardiennes ou dans une cour protégée . Un peu plus grands, les enfants y  jouent avec leur mère comme tous les enfants. Mais à la différence d’une cour d’école, cette cour de prison les libère à l’âge fatidique , trois ans, pour une autre éducation. Bien souvent c’est l’orphelinat, un avenir…
Le Film

Après s’être documenté pendant des années sur la condition carcérale des femmes emprisonnées pour avoir tué leur mari, Péter Kerekes réalise un film où il est surtout question d’amour. De Leysa pour son fils élevé entre les barreaux et qui à ses trois ans va rejoindre l’orphelinat, si la famille refuse de l’accueillir. La jeune femme, mutique, se bat pour la reconnaissance de ses droits, de son existence, quand le monde carcéral administre sans émotion un quotidien où une autre vie prend forme. Ce que filme avec tendresse et retenue un cinéaste dans ce docu-fiction à la concordance des temps parfaite. Entre ce dehors et ce dedans , séparation ténue marquée par une gardienne de plus en plus fixée sur le parcours de la jeune prisonnière. La relation qui s’engage alors entre les deux femmes, est très particulière, presque impossible et d’ailleurs elle n’existe pas. Péter Kerekes la sublime dans une mise en scène qui atténue les effets de cette abstraction visuelle. Etonnant alors comme derrière les barreaux, l’emprise carcérale peut libérer beaucoup d’amour. Ce film en est rempli !

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