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« Un Fils » de Mehdi M. Barsaoui . Critique cinéma -Bluray

Synopsis: Farès et Meriem forment avec Aziz, leur fils de 9 ans, une famille tunisienne moderne issue d’un milieu privilégié. Lors d’une virée dans le sud de la Tunisie, leur voiture est prise pour cible par un groupe terroriste et le jeune garçon est grièvement blessé..

La fiche du film

Le film : "Un fils"
De : Mehdi M. Barsaoui
Avec : Sami Bouajila, Najla Ben Abdallah
Sortie le : 22/06/2020
Distribution : Jour2f�te
Durée : 96 Minutes
Genre : Drame
Type : Long-métrage
Le film
  • Mostra de Venise  : 2020 – Prix d’interprétation masculine Sami Bouajila .
  • Prix Orizzonti du meilleur film
  • Festival du film arabe de Malmö : Grand Prix du meilleur film . Prix de la meilleure actrice,Najla Ben Abdallah. 
  • Sami Bouajila  :Critics Awards de Arab Cinema Center du meilleur acteur 
  • Prix du public du Washington DC International film festival
Frustrant ce film. Il commence par une fête avec une blague dont on ne saura jamais la fin. Le seul instant de détente de cette histoire qui tourne rapidement au tragique. Farès et sa petite famille passent quelques jours tranquilles dans le sud de la Tunisie quand leur voiture est attaquée par des terroristes.

Aziz, neuf ans est très grièvement blessé. Conduit à Tataouine, il doit être transféré d’urgence à Tunis. Mais très vite son état interdit tout transport. C’est donc dans l’hôpital local qu’il sera opéré.

Une décision salvatrice semble-t-il mais pour des raisons d’incompatibilité sanguine et génétique, les parents ne peuvent être sollicités .Le constat est d’autant plus douloureux que l’histoire se révèle encore plus complexe dans le raisonnement de cet interdit.

L’accumulation des faits à venir ne permet pas d’en révéler la teneur profonde. Ne pas trop en dire sous peine de révéler les failles, l’égarement, le marasme dans lesquels se noient les protagonistes confrontés à des problèmes sans fin .

La loi tunisienne, très particulière sur le don d’organe ne leur facilite pas la tâche. Il faut trouver une autre issue pour sauver leur enfant . Farès et Meriem optent pour des voies bien contraires.

Farès et Meriem sont de retour au pays, ça se fête

Chacun ne se parle maintenant qu’à demi-mots, confrontés à l’éthique de leur choix, à la morale de leur décision. Elle est difficile mais inévitable pour la femme dont l’emprise masculine demeure un incroyable carcan à son expression.

Elle est cruelle et ignoble pour l’homme dont la représentation sociale l’entraîne dans des sphères équivoques, voire dangereuses. L’entregent et l’argent pour un foie en quelques heures, contre des jours d’attente dans l’hôpital public.

Mehdi M. Barsaoui brasse avec talent le bien et le mal d’une société aux imbrications délétères. Au propre comme au figuré il donne à voir l’état clinique d’un pays corrompu au point de piétiner ses fondements et trafiquer ses enfants.

Se perdre dans le désert tunisien, pour mieux se retrouver ? Farès totalement déboussolé…

Sami Bouajila a décroché un prix honorifique à Venise pour son excellente interprétation. Najla Ben Abdallah aurait pu l’accompagner dans ce succès hautement mérité pour un film qui fera date.

LE SUPPLEMENT

  • Rencontre avec Mehdi M. BARSAOUI . Le réalisateur développe parfaitement tout le projet de son film en précisant d’emblée qu’il n’a rien d’autobiographique. « Mais je me posais des questions sur la paternité, les réactions d’un groupe dans une situation de crise, les failles de l’enfance, ses répercussions dans le monde adulte…. »

«  Je viens d’une famille recomposée et je ne comprenais quand on me disait que je n’avais que des demi-frères… ».

Mehdi M. Barsaoui explique les différentes phases de travail ( recherche médicale, questions d’actualité sur la Libye et la Tunisie…). «  Je ne suis pas un spécialiste de tous ces questions, je ne suis pas un politologue et ce que j’ai découvert par exemple sur la situation politique, c’était parfois glauque. Ce sont les répercussions de tous ces bouleversements sociaux et politiques que j’ai voulu aborder . Je raconte l’Histoire de ces régions de façon indirecte. »

Il évoque aussi la recherche des comédiens, tout le bien qu’il pense de Sami Bouajila «  une implication totale, il sort toujours de sa zone de confort, et n’a pas peur d’assumer sa fragilité, ses failles ».

Najla Ben Abdallah, «  un premier rôle au cinéma, totalement convaincant » dit-il en revenant sur le mois passé ensemble avant le tournage. « On a réécrit parfois les dialogues , pour plus d’authenticité, que l’on ne sente plus l’acteur ».

Avec une question permanente chaque jour sur le plateau «  comment ne pas tomber dans le jugement et la condamnation ? ».

 

Mostra de Venise  : 2020 - Prix d’interprétation masculine Sami Bouajila . Prix Orizzonti du meilleur film Festival du film arabe de Malmö : Grand Prix du meilleur film . Prix de la meilleure actrice,Najla Ben Abdallah.  Sami Bouajila  :Critics Awards de Arab Cinema Center du meilleur acteur  Prix du public du Washington DC International film festival Frustrant ce film. Il commence par une fête avec une blague dont on ne saura jamais la fin. Le seul instant de détente de cette histoire qui tourne rapidement au tragique. Farès et sa petite famille passent quelques jours tranquilles dans le sud…
Le film

L’Etat, la corruption, la place de la femme tunisienne, la famille et le couple à son fondement …Il faut avoir beaucoup de talent pour brasser autant de thèmes, les aborder chaque fois dans leur composante respective et en venir à ne former qu’une histoire unique, et ici tragique dans la révélation de faits plus inattendus les uns que les autres. Un couple aisé s’entend à merveille jusqu’à ce que la vie de leur enfant unique devienne problématique. Pour le sauver plusieurs alternatives, mais les choix sont difficiles, et compliqués par les aléas des uns et des autres. Mehdi M. Barsaoui brasse avec talent le bien et le mal d’une société aux imbrications délétères. Au propre comme au figuré il donne à voir l’état clinique d’un pays corrompu au point de piétiner ses fondements et trafiquer ses enfants. Le suspense est quasiment de tous les instants, mais de film policier, pas question. Un film sociétal qui date dans son histoire ( Kadhafi le voisin est en train de chanceler ) mais demeure d’une extrême acuité. Voire gravité !

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Si le film ne retient pas vraiment mon intention, les suppléments, aie, aie, aie, que du bonheur !

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