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« Romeria » de Carla Simon. Critique cinéma

  • 08 avril 2026 en salle
  •  1h 55min
  •  Drame
  •  Espagne, Allemagne
  • De Carla Simón
  • Avec Llúcia GarciaMitchTristán Ulloa

L’histoire : Afin d’obtenir un document d’état civil pour ses études supérieures, Marina, adoptée depuis l’enfance, renoue avec sa véritable famille. Guidée par le journal intime de sa mère, elle se rend sur la côte atlantique et rencontre la famille paternelle qu’elle ne connait pas.

En ravivant le souvenir de ses parents, elle va découvrir les secrets de cette famille, les non-dits et les hontes…

Si les étoiles n’apparaissent pas, reportez vous à la fin de l’article

  • Le film :

L’enfance, toujours mise en scène chez Carla Simon, de manière très sensible, prend ici une importance toute particulière. Elle est à l’origine de la démarche de Marina, adoptée depuis toujours, et qui , pour une pièce administrative manquante, doit replonger dans ce passé de l’inconnu.

Il lui faut rejoindre sa véritable famille, celle du père, qu’elle découvre dans  un environnement plutôt bien accueillant . Tantes, cousins, cousines s’accordent sur la bienvenue de la jeune fille, qui une fois les préliminaires assumés, soulève peu à peu le voile de son histoire.

 

Et remarche inévitablement sur les traces de ses parents, dont le souvenir peut fluctuer selon les interlocuteurs. C’est là tout l’engagement de Marina qui sur les discordes et contradictions, doit faire la mise au point la plus juste sur sa photo parentale.

Une investigation douloureuse, mais raisonnée pour cette jeune fille rattrapée à son tour par la puissance patriarcale du grand-père (José Angel Egido) .Toujours détenteur des secrets de la famille,  le notable de Vigo distribue aujourd’hui les bons points à ses petits-enfants. Marina n’échappe pas à la généreuse distribution mais  attend bien autre chose de cet homme qui en cadenassant  la vie de son père, aura dévié la sienne.

Carla Simon lui donne l’occasion de redresser le cours des choses, sur une terrasse au sommet d’un immeuble . Un plan onirique surprenant, à la Hopper où un couple se prélasse au soleil. C’est à mon avis le moment le plus intense de « leurs retrouvailles ».

Ce sont les années Sida, quand les fêtes nocturnes se conjuguent à la mode des stupéfiants de tout genre. Les parents de Marina, dans le projecteur de cette movida, rejoignent la propre histoire de la réalisatrice qui s’en est ici beaucoup inspirée.

Elle le fait je trouve avec une grandeur d’âme suppléé par le jeu spontané de Llúcia Garcia autour de laquelle papillonne une famille de cinéma, très à l’écoute.

  • A noter qu’en 2016, Carla Simon réalisait un court-métrage  « Llacunes », d’après les lettres de sa mère. Dix ans plus tard son héroïne emprunte le même chemin …
08 avril 2026 en salle  1h 55min  Drame  Espagne, Allemagne De Carla Simón Avec Llúcia Garcia, Mitch, Tristán Ulloa L'histoire : Afin d’obtenir un document d’état civil pour ses études supérieures, Marina, adoptée depuis l’enfance, renoue avec sa véritable famille. Guidée par le journal intime de sa mère, elle se rend sur la côte atlantique et rencontre la famille paternelle qu’elle ne connait pas. En ravivant le souvenir de ses parents, elle va découvrir les secrets de cette famille, les non-dits et les hontes… Si les étoiles n’apparaissent pas, reportez vous à la fin de l’article Le film : L’enfance, toujours mise en scène chez…
Le film

En suivant un  peu la filmographie de Carla Simon, et son histoire personnelle, on retrouve dans «  Romeria » les allégeances à un style de cinéma qui la marque immédiatement du sceau de l’originalité. Sans effet scénique particulier mais par la présence évidente de ses comédiens, et un récit éloquent. Celui d’une enfance ( toujours l’enfance) , une enfance adoptée très jeune et rattrapée ici à l’âge adulte quand l’héroïne se doit de prouver son existence aux yeux de l’administration. Elle retrouve alors sa vraie famille, même si ses parents ne sont plus de ce monde. C’est là tout son engagement qui sur les discordes et contradictions, doit faire la mise au point la plus juste de sa photo parentale. En ravivant leur souvenir, elle va découvrir les secrets de cette famille, les non-dits et les hontes… Ce sont les années Sida, quand les fêtes nocturnes se conjuguent à la mode des stupéfiants de tout genre. Les parents de Marina, dans le projecteur de cette movida, rejoignent la propre histoire de la réalisatrice qui s’en est ici beaucoup inspirée.

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