- 1 heure et 38 minutes

- Dvd : 5 mai 2026
- Acteurs : Galatea Bellugi, Matthieu Lucci, Oscar Pons, Samuel Kircher, Sharif Andoura
- Studio : Condor Entertainment
- Directrice de la photographie, Marine Atlan
Si les étoiles n’apparaissent pas, reportez vous à la fin de l’article
L’histoire : 1899 . Aimée, jeune institutrice républicaine, arrive dans un hameau enneigé aux confins des Hautes-Alpes. Malgré la méfiance des habitants, elle se montre bien décidée à éclairer de ses lumières leurs croyances obscures. Alors qu’elle se fond dans la vie de la communauté, un vertige sensuel grandit en elle. Jusqu’au jour où une avalanche engloutit un premier montagnard…
- Prix Jean Vigo 2025
- Prix du Jury Biarritz Festival
Le plus fort de ce film, le plus intrigant c’est sa manière de rapporter la tradition, comme un retour aux sources, à ses valeurs qui se transforment en légendes, et contaminent étrangement le récit . Ce film d’apparence rurale est un conte peuplé de personnages pour le moins surprenants , comme Daniel (Oscar Pons) un rien bêta dont on dit que la famille qui est partie en Algérie, l’a oublié sur place.
Nous sommes à la toute fin du XIX -ème siècle rappelle Aimée ,l’institutrice, aux quelques enfants du village qui ne parlent que le patois. La jeune femme vient de la ville et suscite la méfiance, voire de l’hostilité de la part des vieilles enracinées près de l’âtre chauffé à blanc.

Elles ne parlent qu’entre elles, le patois.
Un signe distinctif que la réalisatrice illustre singulièrement dans sa mise en scène qui les retient presque à l’écart, comme déjà trop signifiantes – trop présentes- dans cet abandon généralisé que suscite le hameau.
Le sol est gelé, on ne peut pas creuser . Les cercueils attendront sur les toits pour ne pas se faire bouffer par les bêtes . Et les hommes attendront le retour de leurs femmes parties travailler dans la vallée, pour l’hiver.
Un quotidien comme un train-train que l’institutrice observe, incrédule, perplexe avant de se fondre dans le commun de ces journées sans éclat. Des jeunes gens disparaissent sous les avalanches, elle les a bien connus. Mais la voici à son tour silencieuse, énigmatique, presque mystique.
Une légende désormais, aux yeux de la petit communauté qui veut s’en séparer mais ne sait comment . Il faudra attendre le printemps, le retour des femmes , et que la montagne rende les corps. Aimée pourra alors revenir à la vie. Mais l’avait-elle vraiment quittée ?
LES SUPPLÉMENTS
COURTS-MÉTRAGES DE LA RÉALISATRICE :
- « Voyage de documentation de Madame Anita Conti »(38 min)- Anita Conti est la première femme océanographe française . Elle accompagne en 1952 pendant six mois les pêcheurs de morue en Atlantique. Une caméra, des appareils photo, une soixantaine d’hommes à bord…
Pour Louise Hémon il s’agit d’un destin exceptionnel qu’elle se charge de restituer à travers les textes, les photos N&B, ou couleurs et le 16mm. Anita Conti commente son périple, de l’annotation scientifique à la mise en garde écologique, un terme qui à l’époque ne suscitait guère de vocations.
Elle mène ainsi à sa façon un combat d’avant-garde, dans un environnement « mortel pour la photographie qui exige des mains propres » …
On se laisse emporter par la beauté des images au grain aussi rugueux que le pont du navire morutier, emporté lui-même dans la folie de la haute mer.En compagnie d’une femme engagée auprès de pêcheurs tout aussi déterminés.
- « Le Dernier débat » de Louise Hémon et Emilie Rousset avec Emmanuelle Lafon et Laurent Poitrenaux (16 min) –Un classique de l’affrontement politique verbal ( bombe à neutron, éducation, liberté … ) , qui malgré tout finira par s’apaiser sur des élans de poésie. Et un endormissement général.
Tous les dialogues sont vrais, depuis le débat télévisé Mitterrand-Giscard ( 1974 ) à celui de 2017 entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen
Le film
Les bonus
Issue d'une lignée d'institutrices du pays du Dauphiné, la réalisatrice s'est nourrie des témoignages de leurs expéditions enneigées. Dont l'histoire des "Hussardes noires", un projet républicain de la fin du XIXe qui se voulait émancipateur et civilisateur.
Un premier long métrage prenant.
Elle a aussi puisé dans « La vie d’hiver dans le Haut-Vénéon » d’Aimée Bigallet (1922) et « La bière sur le toit » de Jacques Chevallier (1998)
Le résultat est fascinant puisque de toutes ces traditions, de toutes ces légendes, elle filme une histoire réelle ( l’arrivée d’une institutrice dans un village perdu , enneigé, dans les Alpes ) qui au fur et à mesure de ses pérégrinations devient un conte envoûtant. Aux secrets entretenus par la population, se mêlent des mystères conséquents.
Galatea Bellugi endosse la pelure étrangère qui devient sauvageonne avec conviction et témérité. Mais n’est-elle réellement qu’une institutrice ?
AVIS BONUS
Deux courts métrages dont un remarquable sur les morutiers ...
