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« La Vénus électrique » de Pierre Salvadori. Critique cinéma

  • 13 mai 2026 en salle
  •  2h 02min
  • ComédieRomance
  •  Par Pierre SalvadoriBenoît Graffin
  • Avec Pio MarmaïAnaïs DemoustierGilles Lellouche

Hors-compétition  Festival de Cannes 2026 pour  l’ouverture.

L’histoire : Paris, 1928. Antoine Balestro, jeune peintre en vogue, n’arrive plus à travailler depuis la mort de son épouse et désespère Armand, son galeriste. Un soir d’ivresse, Antoine tente d’entrer en contact avec sa femme par l’intermédiaire d’une voyante. Sans le savoir, il parle en réalité avec Suzanne, une modeste foraine qui s’est glissée dans la roulotte pour y voler de la nourriture. Suzanne se révèle douée pour l’imposture et, rapidement secondée par Armand, elle enchaîne les fausses séances.

Si les étoiles n’apparaissent pas, reportez vous à la fin de l’article

  • Le film :  

Un film à prendre avec des pincettes. Il affiche d’emblée son désir de manipulation, se repose très vite sur l’illusion, et nous égare dans un vertige labyrinthique où le doute et le mensonge prennent bien du plaisir à feindre l’innocence.

Antoine en est victime, emporté par son amour éternel pour sa femme défunte. Plus le goût à rien, et surtout pas à peindre ou dessiner sur des toiles qui rapportaient tant à son commercial  d’Armand ( Gilles Lellouche) .

 

Le marchand d’art se désespère jusqu’au petit manège repéré autour de Suzanne, une jeune bohémienne qui par inadvertance a pris la voix de l’épouse décédée. Antoine tourneboulé ( Pio Marmaï ) a repris le chemin du chevalet.

Armand  encourage alors la bohémienne dans son délire mensonger, la rétribue et renoue avec un artiste redevenu rentable.

Habituellement Suzanne feint le plaisir dans une animation foraine, sous le regard carnassier de son mentor Titus ( Gustave Kervern, merveilleux) . La voici à nouveau jouant  la comédie, de manière très convaincante, sur le mode d’un transfert entre l’au-delà et le présent . Elle est Irène ( Vimala Pons) dans les bras de l’époux et par un tour de passe-passe redevient la voyante manipulatrice .

Le journal intime de la défunte sera bien utile à la jeune « voyante » (Anaïs Demoustier) et à son amie confidente Camille ( Madeleine Baudot) …

A ce stade Pierre Salvadori a déjà conquis par les effets tranquilles d’une mise en scène aérienne. Légère, façon «  Amélie poulain » , mais plus profonde dans ses intonations dramatiques qui ne manqueront pas de renverser le décor ( superbe ), une fois le stratagème bien huilé.

Là où le réalisateur s’attarde beaucoup trop, en tirant sur la corde de la duplicité , arguant d’arguments mille fois déjà rapportés. Il en fallait peut-être autant pour relancer la machine dans un dénouement où le tragique tant contenu explose à la face de l’humanité.

Mais juste une pause cependant, pour un final plus conforme à la teneur d’un récit attachant, et bien sympathique . Galvaudé me semble-t-il par l’intrusion aussi maladroite qu’inattendue du «  Venus » de Shocking Blue .

Dans les années 30 on était plutôt ritournelle et gigolo …

13 mai 2026 en salle  2h 02min Comédie, Romance  Par Pierre Salvadori, Benoît Graffin Avec Pio Marmaï, Anaïs Demoustier, Gilles Lellouche Hors-compétition  Festival de Cannes 2026 pour  l'ouverture. L'histoire : Paris, 1928. Antoine Balestro, jeune peintre en vogue, n’arrive plus à travailler depuis la mort de son épouse et désespère Armand, son galeriste. Un soir d'ivresse, Antoine tente d’entrer en contact avec sa femme par l’intermédiaire d’une voyante. Sans le savoir, il parle en réalité avec Suzanne, une modeste foraine qui s’est glissée dans la roulotte pour y voler de la nourriture. Suzanne se révèle douée pour l’imposture et, rapidement secondée par Armand, elle enchaîne les fausses…
Le Film

Dans un milieu de fête foraine et de bateleurs aguicheurs, Pierre Salvadori joue la carte de l’illusion et de l’arnaque sentimentale pour permettre à un peintre  de l’avant-garde des années 30, de  retrouver son chevalet . Sa femme défunte  est revenue dans ses bras,  il est aux anges. Supercherie d’une jeune bohémienne qui joue la comédie à merveille et embrouille les cartes d’une partie qui se révèle très périlleuse. Armand , le marchand d’art, est entré dans le jeu de la fausse voyante, et encourage financièrement ses turpitudes. Les ventes repartent à la hausse, Couleurs saturées, musique doucereuse, mais conforme à l’esprit des enjeux , on frise un temps la légèreté d’ «  Amélie poulain » , aux humeurs plus profondes dans les intonations dramatiques qui ne manqueront pas de renverser le décor ( superbe ), une fois le stratagème bien huilé. Emporté par la grâce et l’espièglerie de ses comédiens ( tous très bien ) Pierre Salvadori tergiverse sur un final qui au tragique de la situation lui préfère le bonheur d’une résurrection. Dans l’ensemble, c’est plutôt sympa.

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