- 22 avril 2026 en salle

- 1h 26min
- Comédie dramatique
- De Merzak Allouache
- Avec Nabil Asli, Fatiha Ouared, Idir Benaibouche
- Titre original Front Row
L’histoire : C’est l’été ! Alger. La famille Bouderbala arrive tôt à la plage pour être installée au bord de l’eau, en « première ligne ». Entre secrets de famille et guerres de voisinage, le séjour va vite tourner au cauchemar.
Si les étoiles n’apparaissent pas, reportez vous à la fin de l’article
- Le film :

On prend très vite le pouls de la situation. A qui arrivera le premier sur la plage, aura la meilleure place, et la plus grande… Les Bouderbala se croyaient les rois, mais déchantent très vite. Devant l’affluence dominicale, les premiers arrivés sont les moins bien lotis.
Alors ça râle et les querelles de voisinage quotidiennes reprennent de plus belle, laissant de marbre les plus jeunes qui risquent une œillade entre deux parasols
Hakim le plagiste ( Nabil Asli) ne lâche pas Houria qui mitonne le couscous, à moins que ce ne soit l’inverse. La mère n’est pas d’accord, le cousin, futur pharmacien est déjà prétendant.
Et le Tonton Lounès, qui débarque, l’amant de la maman, c’est une évidence. Son fiston Rayan l’ignore royalement, préférant le sourire de la fille d’en face. Pas de chance c’est une Kadouri, une ennemie. Elle s’appelle Souhila (Hanaa Mansour)
Entre les Bidochons et un Tati oriental en goguette, défilent ainsi toute une série de personnages plus ou moins cocasses, un brin caricaturés sur une musique guillerette. On s’affronte en paroles et gesticulations notoires, pour célébrer la vie, le soleil, la plage et les filles.
De Merzak Allouache je ne connais que « Le repenti » et m’étonne donc de le rencontrer sur un versant bien opposé. En observant ainsi la société algérienne à travers le prisme très déformant du farniente estival, il y joint cette fois un humour très décapant, très vachard.

Le même regard de la part d’un étranger ( un français !) risquerait d’en choquer plus d’un, je crois. Dans ce noyau de la famille algérienne ballotée par une matriarchie redondante face à des hommes sans envergure.
Et aux perspectives incertaines. Ce que semble vouloir dire le réalisateur dans son final un rien alambiqué, sur une rupture de rythme inattendue. Et cette fois on ne sourit plus.
Sur les plages algériennes il est coutume parait-il de se précipiter pour avoir les meilleures places. Ce que dépeint ici le réalisateur en installant peu à peu le chaos au fil des arrivées. Avec un point d’ancrage , la cohabitation hasardeuse de deux familles, déjà voisines au quotidien, et qui ne peuvent pas se voir en peinture. Surtout les parents, et principalement les femmes. Ou la famille algérienne par excellence ( ?) ballotée par une matriarchie redondante face à des hommes sans envergure. Quand leurs progénitures les regardent en souriant sous cap : l’avenir leur appartient nous dit le réalisateur même si la réalité sociale les contraint à différer leurs projets, leurs rêves d’avenir. En observant ainsi la société algérienne à travers le prisme très déformant du farniente estival, il y joint cette fois un humour très décapant, très vachard. Le même regard de la part d’un français risquerait d’en choquer plus d’un, je crois.
