- Dvd : 7 avril 2026
- 10 décembre 2025 en salle

- 1h 34min
- Documentaire
- Par Dominique Fischbach
- Studio : Epicentre
L’histoire : À la veille d’une célébration familiale, Manon, jeune femme sourde et lumineuse, rejoint ses parents en Haute-Savoie. Dans la beauté des paysages alpestres, l’histoire du clan se redéploie entre archives familiales et images filmées par la réalisatrice depuis 25 ans.
Portée par la force intérieure de Manon, la parole émerge enfin, là où le silence a longtemps régné.
Si les étoiles n’apparaissent pas, reportez vous à la fin de l’article
Film diffusé en version sous-titrée français.
C’est un documentaire sur un handicap, la surdité, comme on en voit parfois entre professionnels et spécialistes, hospitalisation et insertion. Tout un processus ici abandonné au profit d’une très belle immersion familiale.
Pendant vingt-cinq ans, Dominique Fischbach a rencontré « son héroïne » : Manon à 11 ans, à l’adolescence et jeune maman. Elle en retient chaque fois des moments de vie et de spéculation sur l’avenir, inspirants.
Quand la réalisatrice propose de boucler en quelque sorte cette démarche commune, Maxime, le petit frère mal entendant lui aussi, a disparu depuis huit ans. Il n’en demeure pas moins l’un des regards essentiels à ces retrouvailles de famille, un bel été dans un chalet de Haute-Savoie.
Autour de ses parents, Manon vit pleinement avec son mari et Mathéo, leur bambin, adorable comme tout. Des vidéos d’autrefois à aujourd’hui, son visage illumine celui qui aurait pu être son oncle. Maxime dans ses tâtonnements d’écoute, son visage grassouillet, en attente .
Entre frères et sœurs, père et mère on parle beaucoup dans ce foyer où le silence s’est pourtant imposé à deux d’entre eux. Manon et sa sœur aînée, Barbara se taquinent, sur le mauvais caractère de la première, et les reproches faits à la seconde.

« Moi je fais des efforts » lui dit Barbara « tu pourrais en faire aussi ». Manon énumère alors tout ce que sa déficience auditive l’amène à faire …
Elles demeurent cependant très proches, très complices et au fil des ans toute une famille soude inlassablement les liens. Mais à l’extérieur Manon confirme les embûches de son handicap : aucune aide à l’école de kinés et aujourd’hui encore, il faut se battre au quotidien .
Elle en joue avec son fils et ça vaut toutes les explications, toutes les pendules remises à l’heure dans ce joli coin de montagne, au soleil d’été . L’accessibilité , l’inclusion, le deuil…

On en ressort éprouvé , nullement par compassion, car ici tout un chacun sait qu’il avance. Mais éprouvé par les épreuves que la famille rencontre toujours dans sa progression.
C’est une famille, et combien d’autres ?
LE SUPPLEMENT
- Rencontre avec la réalisatrice et Manon
« Un film autour de la surdité, en fait un film sur la parole et l’échange » dit Dominique Fischbach. « Ils ont vu tous mes films précédents sur leurs enfants, ça a instauré une confiance sur mon regard , et quand j’ai donc proposé ce long-métrage, les parents n’ont fait aucune difficulté ».
Dès les premiers contacts avec Manon, dix ans « J’ai vraiment accroché avec elle dans le sens où c’était naturel »
Elle évoque aujourd’hui la pression au tournage, le dernier avec la famille, les amis, l’été, le chalet, la montagne « mais avec l’expérience des trois tournages précédents, je pouvais avoir mes petits mots, mes petites idées ».
« La force du film c’est d’avoir pu relater tout ce qui s’est réellement passé ces 25 dernières années »
Le titre « Elle entend pas la moto », on le doit à Mathéo quand on lui explique que sa maman est sourde . Il joint la parole au geste, son petit poignet imite la conduite au guidon .
Presque tout est dit dans cette scène sur l’environnement familial de ce chalet de Haute-Savoie, où toute la famille se rejoint pour quelques jours en été.
Point final à vingt-cinq ans d’observation de la réalisatrice, Dominique Fischbach. Elle a filmé Manon Altazin à trois reprises ( 11ans, adolescente, jeune maman) cette femme malentendante, aujourd’hui kinésithérapeute et heureuse malgré tout.
Car au fil de sa vie, les flash-back vidéo rappellent ce qu’elle a dû affronter pour surmonter un handicap pas toujours bien compris. Ou bien accepté. Son petit frère aujourd’hui décédé, a suivi un chemin identique.
Loin de la démarche technique, spécifique, médicale, ce documentaire sensible et lumineux, au cœur d’un foyer aimant ( et qui se reproche encore beaucoup de ses choix ) nous invite à emprunter ce même chemin de compréhension, et d’entente fraternelle .
AVIS BONUS
Entretiens avec Manon et la réalisatrice, toujours aussi éloquentes

