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« Papicha » de Mounia Meddour. Critique cinéma

Synopsis: Alger, années 90. Nedjma, 18 ans, étudiante, rêve de devenir styliste. A la nuit tombée, elle se faufile à travers les mailles du grillage de la Cité universitaire avec ses meilleures amies pour rejoindre la boîte de nuit où elle vend ses créations aux " papichas ", jolies jeunes filles algéroises. La situation politique et sociale du pays ne cesse de se dégrader. Refusant cette fatalité, Nedjma veut organiser un défilé de mode, bravant  tous les interdits.

La fiche du film

Le film : "Papicha"
De : Mounia Meddour
Avec : Lyna Khoudri, Shirine Boutella
Sortie le : 09/10/2019
Distribution : Jour2fête
Durée : 105 Minutes
Genre : Drame
Type : Long-métrage
Le film

 Les années 90, d’après des faits réels. Trente ans plus tard, rien n’a changé. L’Algérie où l’histoire prend racine a peut-être socialement évolué, elle rejette son fardeau sur d’autres pays, voisins ou pas.

L’intolérance, le mépris de la femme « par des ignorants qui font n’importe quoi au nom d’une religion ». Nedjma ne mâche pas ses mots, ni  sa démarche . Joyeuse, déterminée l’étudiante envisage de devenir styliste dans ce pays qui interdit toute féminité, proscrit le port de la mini-jupe et impose le voile.

De la provocation à visage humain lui fait-on comprendre quand les actualités ramènent des attentats à la pelle .Devant ses tenues jugées indécentes, on lui crache aux pieds.

Nedjma continue pourtant d’afficher ostensiblement sa différence. Avec sa grande amie, Wassila elle se rend clandestinement dans les toilettes des boîtes de nuit qu’elles transforment en salon d’essayage.

Ses futures créations pour les riches femmes d’Alger y voient le jour.

Un avenir souriant en perspective, mais des événements contraires. Si son audace, sa force et sa détermination bravent tous les interdits, la bêtise crétine des hommes ( et des femmes voilées ) contamine peu à peu son environnement .

Son entourage, ses proches …

Nedjma peut compter sur sa mère dans le combat qu’elle mène au nom de toutes les femmes

La joie et l’humour qui présidaient aux premiers ébats s’effacent devant la cruauté, l’aveuglement et l’ignominie. La caméra si légère, joliment portée par des élans d’amour et de liberté ploie  sous le poids des intégristes revanchards.

La réalisatrice Mounia Meddour a su elle aussi se contenir pour nous conduire dans cette voie sans issue où ses héroïnes tentent une fois encore de sauver leur innocence. Même dans l’amour que Nedjma et Wassila ( Lyna Khoudri, Shirine Boutella excellentes )portent à leurs petits copains, à la vie si facile, si imprévisible…

Un premier film pour Mounia Meddour aux accents du plaidoyer évident

Peut-être l’anéantissement des espoirs posés dans ce pays où  le rêve est d’être « avachi dans un fauteuil , le cerveau en arrêt , avec plein d’argent ».

C’est dit sans détour par une cinéaste et des actrices portées par cette même solidarité qui tend tous les ressorts de ce film au combat permanent. Une imbrication rare entre l’idée et sa réalisation, le fond et sa forme. Assez exceptionnel  aujourd’hui…

 Les années 90, d’après des faits réels. Trente ans plus tard, rien n’a changé. L’Algérie où l’histoire prend racine a peut-être socialement évolué, elle rejette son fardeau sur d’autres pays, voisins ou pas. L’intolérance, le mépris de la femme « par des ignorants qui font n’importe quoi au nom d’une religion ». Nedjma ne mâche pas ses mots, ni  sa démarche . Joyeuse, déterminée l’étudiante envisage de devenir styliste dans ce pays qui interdit toute féminité, proscrit le port de la mini-jupe et impose le voile. De la provocation à visage humain lui fait-on comprendre quand les actualités ramènent des attentats à la pelle…
Le film

On retient les années 90 de l’Algérie intégriste, mais le propos bien construit de la réalisatrice Mounia Meddour évoque tout un pan de notre civilisation en proie à la folie et à l’intolérance crasse de l’humanité. De jeunes femmes s’opposent à leurs expéditions punitives et à leurs discours moralistes avec une force, un courage, une détermination plus que remarquables. La rage exprimée dans leur regard et leurs actes en parfaite désobéissance avec l’ordre établi vaut tous les discours. La force de ce film est de le rappeler sans marteler des intentions évidentes sur la liberté et l’indépendance que requiert chaque être. Mieux il y a beaucoup de légèreté au début, avec des moments dans les échanges entre copines assez drôles. Le ton change quand à ce jeu, les règles de part et d’autres ne sont pas les mêmes. Parmi tous les prétendants à l’Oscar du film étranger ( que je connaisse ) , « Papicha »  est à ce jour , à mes yeux, le plus sérieux, malgré … Parasite.

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