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« Effetto Domino » de Alessandro Rossetto. Critique cinéma

Synopsis: Dans une ville thermale italienne, un agent immobilier et un géomètre initient un projet ambitieux : convertir de grands hôtels abandonnés en résidences de luxe pour personnes âgées aisées. La perte soudaine du soutien financier des banques enclenche un effet domino irrépressible.

La fiche du film

Le film : "Effetto Domino"
De : Alessandro Rossetto
Avec : Diego Ribon, Mirko Artuso
Sortie le : 01/01/2022
Distribution :
Durée : 116 Minutes
Genre : Drame
Type : Long-métrage
Le film

Un effet bénéfique au Coronavirus ? Une relocalisation des entreprises nationales . En prime, un recul de la mondialisation, et le retour d’une économie locale et régionale.

L’Italie, très douloureusement touchée ne pourra que saluer (discrètement) cette salle petite bactérie qui lui ramène des chantiers et de l’argent un peu plus propre.

C’est  l’évocation hypothétique du récit d’ Alessandro Rossetto et de ses deux héros, Franco l’agent immobilier ( Diego Ribon ) et Gianni, le géomètre ( Mirko Artuso ). Le duo est en charge d’un projet immobilier gigantesque : le rachat de plusieurs hôtels à l’abandon pour des milliers d’appartements de grand luxe à l’intention des personnes âgées.

Les banques sont en ordre de marche, les partenaires suivent.

Nulle philanthropie, mais un bon filon : «  on les amènera ici pour mourir, on les convaincra qu’ils y passeront les plus belles années de leur vie ». Un manifeste de voyous où les brigands portent costumes trois pièces et cravates en soie.

Ils ont vu sur le monde dans des immeubles de standing à Hong-Kong d’où ils contrôlent 10.000 kms plus loin, quelques immeubles transalpins en destruction. Franco et Gianni sont observés, ils l’ignorent, mais la menace se rapproche.

Dans sa manière de filmer, de placer des individus entre deux portes, à l’équerre de l’ombre et de la lumière, Alessandro Rossetto nous parle d’économie mondiale à la façon d’un thriller.

La banque fait faux bond, c’est le parrain qui retire sa protection.

L’argent glisse entre les doigts de Franco, mais son associé ne semble pas trop s’en préoccuper. Il est seul dans la tourmente, sa famille entraînée par les faillites des fournisseurs et des partenaires. Sa femme, ses filles, partie prenante de l’entreprise qui se délite.

Le géomètre et l’agent immobilier sur le toit de leurs projets …

On ne comprend pas forcément tout à la technique financière que nous expose le cinéaste, ni aux mécanismes de la mondialisation. Mais la précision de son écriture liée à  une mise en scène ad-hoc forge définitivement la conviction d’un grand film noir. Les acteurs ne sont pas en reste.  Il y a même parmi eux, un traître, c’est indéniable… Ce film est formidable .

Festival «  Viva il cinéma  » Tours 2020 «  Difficile de rester à flot quand sur la mer ne voguent que des Yachts et des navires de croisière ». Un effet bénéfique au Coronavirus ? Une relocalisation des entreprises nationales . En prime, un recul de la mondialisation, et le retour d’une économie locale et régionale. L’Italie, très douloureusement touchée ne pourra que saluer (discrètement) cette salle petite bactérie qui lui ramène des chantiers et de l’argent un peu plus propre. C’est  l’évocation hypothétique du récit d’ Alessandro Rossetto et de ses deux héros, Franco l’agent immobilier ( Diego Ribon…
Le film

Si l’on vous parle d’un film qui décortique le mécanisme de la mondialisation , vous risquez de fuir. Erreur fatale avec «  L’effet domino » . Le réalisateur italien détourne le problème sur un thriller digne des plus belles énigmes à magouilles financières. Je citerai de mémoire et très rapidement la veine de «  El Reino » plantée dans cette Vénétie qui gonfle de suffisance et de projets immobiliers. Deux amis s’associent pour monter une opération juteuse pour laquelle banquiers et partenaires ne manquent pas. Mais à 10.000 kms de là, un requin plus vorace entend mettre la main sur le marché. Une première banque se retire et la désescalade s’opère méthodiquement. On ne comprend pas forcément tout à la technique financière que nous expose le cinéaste, mais la précision de son écriture liée à  une mise en scène ad-hoc forgent définitivement la conviction d’un grand film noir. Il y a même un espion là-bas, sur l’autre balcon, et surtout un traître, c’est indéniable. Ce film est formidable .

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