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« Le Temps d’aimer » de Katell Quillévéré. Critique cinéma

  • 29 novembre 2023 en salle
  • 2h 05min / Drame, Romance
  • Avec Anaïs Demoustier, Vincent Lacoste, Paul Beaurepaire, Morgan Bailey

L’histoire : Sur une plage, Madeleine, serveuse dans un hôtel-restaurant, mère d’un petit garçon, fait la connaissance de François, étudiant riche et cultivé. Entre eux, c’est comme une évidence. Si l’on sait ce qu’elle veut laisser derrière elle en suivant ce jeune homme, on découvre avec le temps ce que François tente de fuir

Le genre d’histoire que l’on ne raconte pas forcément aujourd’hui. Une femme soupçonnée d’avoir couché avec l’allemand pendant la seconde guerre mondiale, vit depuis, la honte aux souvenirs. Tondue, humiliée, insultée, rejetée par son père, Madeleine  n’a jamais révélé son lourd secret.

Son petit garçon Daniel le partage difficilement. Il n’en connait que l’origine…

Ils vivent toujours en Bretagne où Madeleine est serveuse dans un restaurant de bord de mer .Elle y rencontre François, fils d’une riche famille, qui étudie l’archéologie en vue de l’enseigner.

Deux destins bien différents, réunis par ce besoin de vivre cet après-guerre où tout parait possible. Et avant tout peut-être oublier. Madeleine peine avec ses fantômes. François l’accompagne pleinement, tout aussi marqué par son passé qui maintenant le rappelle à l’ordre.

Deux histoires douloureuses confondues dans le même amour au cœur des nuits castelroussines, des clubs de jazz où les militaires américains , ivres d’alcool et de filles, s’assurent que la guerre est finie. Le décrochage pour Madeleine et François, gérants de bar, est brutal mais salvateur.

Ils vont enfin pouvoir vivre, même si le gamin devenu ado n’arrive toujours pas à concilier famille et paternité. Toujours en quête de sa propre histoire .

 

Le couple peut-il se fonder sur cette attente demande abruptement Katell Quillévéré emportée par la fougue amoureuse de ses héros, noyés dans les vapeurs de cigarettes et l’illusion d’un nouveau monde. C’est la chair qui s’exprime , les pulsions qui se réveillent dans la romance d’un mélodrame existentiel.

Vincent Lacoste y est unique, presque inédit dans ce costume trop étroit du bon fils de famille, en marge des conventions. Toute aussi convaincante, Anaïs Demoustier porte le poids de la culpabilité féminine qui des années plus tard, vous montre encore du doigt à l’enterrement de votre père.

Pour jouer le petit Daniel qui devient grand, ils sont nombreux, de belle composition avec en particulier Paul Baurepaire, jeune homme dont on entendra à nouveau parler.

29 novembre 2023 en salle 2h 05min / Drame, Romance Avec Anaïs Demoustier, Vincent Lacoste, Paul Beaurepaire, Morgan Bailey L'histoire : Sur une plage, Madeleine, serveuse dans un hôtel-restaurant, mère d’un petit garçon, fait la connaissance de François, étudiant riche et cultivé. Entre eux, c’est comme une évidence. Si l’on sait ce qu’elle veut laisser derrière elle en suivant ce jeune homme, on découvre avec le temps ce que François tente de fuir Le genre d’histoire que l’on ne raconte pas forcément aujourd’hui. Une femme soupçonnée d’avoir couché avec l’allemand pendant la seconde guerre mondiale, vit depuis, la honte aux souvenirs. Tondue, humiliée, insultée, rejetée par son…
Le film

C’est assez classique dans la forme ce mélodrame romanesque, et beaucoup moins dans le fond que la réalisatrice dépoussière de façon très paradoxale. Le récit quasiment contemporain s’appuie sur les remugles de l’immédiate après-guerre qu’une jeune femme d’alors va porter sur elle pendant des années. Pour avoir couché avec l’allemand, Madeleine, des années plus tard ,est toujours montrée du doigt. François, son mari la soutient tout en conservant lui aussi un lourd secret qui peu à peu va le rattraper. Deux histoires douloureuses confondues dans le même amour qui brille au cœur des nuits castelroussines, des clubs de jazz où les militaires américains , ivres d’alcool et de filles, s’assurent que la guerre est finie. Nouveau décrochage historique de la part de Katell Quillévéré dont le parti pris scénographique reprend le cours de l’Histoire pour en marquer puissamment ses tenants et ses aboutissants. Eloquent !

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