- Hemingway-Siodmak (23 mn).De la nouvelle au film, par Marguerite Chabrol, enseignante du cinéma. Alors que la nouvelle d’Hemingway situe parfaitement l’époque de la prohibition, et la ville de Chicago, le film demeure à ce sujet très allusif.
Ce que révèle Marguerite Chabrol en se demandant alors bien ce que l’on reproche à l’homme recherché dans le film… On y développe aussi beaucoup le thème de la solitude qui n’est pas le point fort de la nouvelle
Une écriture cinématographique, celle d’Hemingway : l’idéal pour un réalisateur, l’œuvre est déjà très écrite, dialoguée, peu de commentaires, des dialogues faits pour être joués, ils donnent beaucoup d’indications sur les personnages.Un matériau propice à un film noir: il indique par exemple les points de lumière, les lieux familiers, quotidiens et qui deviennent des lieux de la criminalité…
- Entretien avec Hervé Dumont (16 mn). Retour sur la genèse, les thèmes et l’esthétique des Tueurs par le directeur de la Cinémathèque Suisse auteur de « Robert Siodmak, Le maître du film noir. » Il nous apprend notamment que l’auteur des trois-quarts du scénario est John Huston, qui ne peut pas le signer car il est alors sous contrats avec la « Warner ». Anthony Veiller, le coquin en profite donc un maximum.
Relève que le film contient 11 flashs backs, présentés chaque fois par un personnage principal, car le film n’a aucun personnage central. Il s’appesantit sur la personnalité du héros, un homme perdant, résigné et sur le gangster qui manigance tout. Attention, il porte complet-cravate ! Expressionnisme en noires et blanches (16 mn)
Une lecture très analytique du film à travers la musique de Miklós Rózsa par Christian Lauliac, spécialiste de la musique au cinéma.Une musique agressive, violente, apport fondamental sur le générique. Elle met déjà en valeur le destin tragique des deux anti-héros. Un narrateur externe venant planer au-dessus de l’action … Mais elle est utilisée avec parcimonie.
- Le boxeur sans confession (15 mn). Un point de vue là encore très analytique sur la place du personnage de Burt Lancaster au cœur de l’esthétique funèbre du film noir par Pierre Berthomieu, spécialiste du cinéma hollywoodien. A la manière de Lauliac, tout semble être disséqué avec minutie, et il faut bien suivre le cheminement pour tout assimiler. On n’est pas forcément d’accord, mais c’est passionnant.
- « Les Tueurs » Version radiophonique (30 mn). Une adaptation radio mise en images avec Burt Lancaster et Shelley Winters dans les rôles titres.Par rapport à la version cinéma, l’intrigue a été modifiée et des personnages ont disparu. Mais l’émission demeure aujourd’hui une pièce rare : des images du film sont projetées pendant que se déroule l’action sonore.
- « Les Tueurs » d’Andrei Tarkovski (1956 – N&B – 21 mn). Le premier court métrage d’études d’Andreï Tarkovski. Une adaptation fidèle de la nouvelle d’Ernest Hemingway. Le court métrage est coupé en trois séquences, celle du milieu ayant été tournée par un certain Gordon. Encore un beau document dans ce dvd qui décidément n’en manque pas.

