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« Les Racines du monde » de Byambasuren Davaa. Critique cinéma

Synopsis: En Mongolie, le père d’Amra, chef des derniers nomades, s’oppose aux sociétés minières internationales à la recherche d’or dans les steppes. Quand son fils entreprend de continuer son combat, il n’a que les moyens d’un garçon de 12 ans…

La fiche du film

Le film : "Les Racines du monde"
De : Byambasuren Davaa
Avec : Bat-Ireedui Batmunkh, Enerel Tumen
Sortie le : 16/06/2021
Distribution :
Durée : 96 Minutes
Genre : Drame
Type : Long-métrage
Le film

La Mongolie au cinéma : la steppe à perte de vue, une lumière à nulle autre pareille, balayée par quelques fumées, isolées, à l’image des yourtes d’où elles s’échappent.

La splendide ouverture du film de Byambasuren Davaa confirme la magie des lieux, la joie de ces enfants, en pleine liberté, en pleine nature. Une fois l’école terminée, Amra rejoint le troupeau , enfourche un cheval et conduit ses moutons dans les pâturages sans fin.

Idyllique et temps précieux sous le regard de ses parents qui jouissent de ce bonheur identique. Mais le doux regard du père, Erdene, (Yalalt Namsrai) s’assombrit, au-delà des collines, une fois la crête familière dépassée. Des engins de chantier, une ou deux pelleteuses, quelques trous, des amas de terre disséminée …

 

Cette terre qui regorge d’or que les hommes s’empressent de revendiquer. Des nomades ont déjà quitté les lieux, mais Erdene organise la résistance, qui très vite s’effrite sous le coups des promesses financières.

Quel que soit le point du globe, la situation n’est pas nouvelle. Au nom du progrès, de la rentabilité, de l’économie mondiale, on bouscule l’ordre naturel sans prévention aucune.

Mais ici, ni révolte, ni colère. Un simple engagement de la part de ceux qui demeurent encore fidèles à leurs racines.

Cette sagesse, réfléchie, la réalisatrice la filme avec la même tranquillité, la même douceur. Une posture semblable au fil de son récit qu’elle émaille de quelques références ou repères, sans jamais trop en dire. Ce qui rend sa mise en scène magnifique, posée, très lisible dans son épure, à l’image de ces très beaux paysages, contrariés par l’exploitation minière.

Une tristesse paisible. L’expression est étrange, bizarre même, pour dire la dissidence, très intérieure, elle aussi.

Elle anime pareillement Amra appelé à prendre la relève. Du haut de ses douze ans, il a compris le message paternel. Il va lui demeurer fidèle, mais adopter un tout autre comportement, sans jamais en révéler sa force.

Celle d’un message intime et universel , en survol de cette région piquetée par les mines, les forages, les tumulus , désastre filmé avec grandeur par une réalisatrice totalement inspirée.

Elle montre, sans démontrer, jusqu’à l’épreuve finale qu’Amra aborde dans ce concours télévisé des meilleurs talents, déjà vainqueur.

Sa chanson  parle de la dernière rivière encore en vie , de cette terre que l’on disait en or . Il la chante au monde entier, tout sourire. Sans insister, à la fois beau et triste. Magnifique.

La Mongolie au cinéma :

« La femme des steppes » de Quanan Wang-« Le Dernier loup » de Jean-Jacques Annaud-« Urga » de Nikita Mikhalkov

La Mongolie au cinéma : la steppe à perte de vue, une lumière à nulle autre pareille, balayée par quelques fumées, isolées, à l’image des yourtes d’où elles s’échappent. La splendide ouverture du film de Byambasuren Davaa confirme la magie des lieux, la joie de ces enfants, en pleine liberté, en pleine nature. Une fois l’école terminée, Amra rejoint le troupeau , enfourche un cheval et conduit ses moutons dans les pâturages sans fin. Idyllique et temps précieux sous le regard de ses parents qui jouissent de ce bonheur identique. Mais le doux regard du père, Erdene, (Yalalt Namsrai) s’assombrit, au-delà…
Le film

Pour évoquer l’ambiance particulière de ce très beau film je parle  d’une tristesse paisible. Ce qui ressort de la mise en scène tranquille de Byambasuren Davaa qu’elle émaille simplement  de quelques références ou repères, sans jamais dévoiler la source ou la raison. Ce qui rend la réalisation, magnifique, posée, très lisible dans son épure, à l’image de ces très beaux paysages mongols, contrariés par l’exploitation minière. Pour nous raconter les ravages commis en ce moment sur son sol natal ( 20%  lié à l’exploitation minière par des compagnies internationales ) elle suit l’évolution d’une famille de paysan dont le père tente de s’opposer pacifiquement à l’invasion des pelleteuses et foreuses. Son fils douze ans reprendra le combat, fidèle au message paternel, mais adepte d’un tout autre comportement, qu’il ne révélera que par la force des choses. Celle d’un message intime et universel , en survol de cette région piquetée par les mines, les forages, les tumulus , désastre filmé avec grandeur par une réalisatrice totalement inspirée.

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