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« Le sang à la tête » de Gilles Grangier. Critique Blu-ray

Synopsis: Ancien débardeur, François Cardinaud a mis trente ans pour devenir ce qu'il est : un des hommes les plus importants de La Rochelle. Sa réputation est justifiée, celle d'un type retors, coriace et exigeant. Il a débuté et a grandi sur le port, parmi une faune carnassière, où celui qui ne mord pas est voué à être mordu. Un dimanche au retour de la messe, Cardinaud constate que sa femme n'est pas rentrée...

La fiche du film

Le film : "Le Sang à la tête"
De : Gilles Grangier
Avec : Jean Gabin, Renée Faure
Sortie le : 10/08/1956
Distribution : Pathé
Durée : 83 Minutes
Genre : Drame
Type : Long-métrage
Le film
Les bonus
  • DVD : 19 janvier 2022

« Attention, il est d’extrême gauche …

… Tant que ça fait pas pencher le bateau ! » . –

Ce film est devenu, un beau documentaire sur les activités maritimes de La Rochelle dans les années cinquante et un moment fort du cinéma de cette même époque. Il aborde frontalement le thème de l’adultère, dans un milieu bourgeois d’une ville de province bien comme il faut.

Les cancans, les rumeurs, les bisbilles de notables sont au tableau. François Cardinaud s’y affiche comme l’un de ses représentants parmi les plus importants. Ce qui ne manque pas d’attirer les jalousies sur l’homme sorti de la rue pour devenir le plus puissant mareyeur de La Rochelle.

 

En épousant une Vauquier, pas le genre des Cardinaud, il attise encore plus les rancœurs. Mais François s’en contrefiche , filant contre vents et marées toujours droit devant. Même le jour où son épouse Marthe ( Monique Mélinand) ne rentre pas au foyer.

Ses parents et beaux-parents ne l’ont pas vue. Pitoyable il fait alors la tournée des popotes, à la gare, au commissariat , au café où c’est dimanche, un orchestre joue des valses.

On rit sous cape, on murmure, on sait pour Mme Cardinaud . Lui aussi n’ignore pas son malheur, mais tente d’y mettre des bémols si ce soir elle revenait.

Après la messe, quelques familles se retrouvent au café. «  Vous direz bonjour à madame » lancent les personnes bien intentionnées.

 

Sur cette mesure, sans éclat scénaristique, Gilles Grangier adopte le ton de la mélopée que trimballe Jean Gabin dans son regard triste, comme éteint. Un peu à  l’image de son interprétation

Même au cœur de la criée où il dicte sa loi, sous les remarques toujours acerbes, mais à demi-mots , derrière son dos. Seule Titine Babin ( Georgette Anys ) ouvre sa grande gueule de mégère assumée au milieu de ces hommes qui la craignent autant qu’elle les attire. (Ci-dessous)

Dans ce genre de portraits, Grangier excelle et en accroche de tout aussi pittoresques.

Drouin ( Paul Frankeur ) le patron pêcheur qui regrette bien avoir ramené d’Afrique le fameux Mimile (José Quaglio) . Il n’est pas le seul à lui causer des soucis… Il y a aussi Thévenot ( Marcel Pérès) le marinier qui penche à l’extrême gauche et que Monsieur Charles (Léonce Corne) aimerait bien voir dégager de sa compagnie.

Toute une ambiance, plus qu’une histoire que le grand Michel Audiard ( d’après l’œuvre de Simenon ) n’arrive pas à extirper des lieux communs.

Le souffre de l’adultère et le cancan des commères ne font plus recette.

Les Suppléments

  • Analyse du film par Bertrand Tavernier (27 min)
  • Gilles Grangier, le cinéma dans le sang – Entretien avec François Guérif (12 min)- Il démystifie les attaques de la Nouvelle Vague sur ce qu’il considérait comme « le cinéma de papa. (…) Gilles Grangier a été parmi les premiers à sortir des studios et tourner dans la rue. « Le sang à la tête » l’illustre parfaitement ». Il cite plusieurs exemples avant de rappeler comment Grangier et Gabin sont devenus amis.

« C’est Gabin qui est venu le chercher, et Grangier lui a dit ce film ce n’est pas le bon, le suivant sera pour toi … ».

A la pointe de Sablanceaux sur l’île de Ré. Jean Gabin et Gilles Grangier répètent la scène de bagarre qui oppose Cardinaud à Drouin, l’un comme l’autre se donnant le privilège de retrouver Mimile, le premier …
  • Documents d’archives :

Retour sur la carrière de Michel Audiard – ( 2.35 mn )

1969/ Entretien avec Jean Gabin – 1975 (5.30 mn )-Michel Audiard dit que son démarrage fut la rencontre avec Jean Gabin. «  Je ne peux pas être prisonnier d’un dialogue » assure le comédien « un dialogue il faut que je me l’arrange ».

Un langage Gabin inventé par Audiard ? «  Il en est des acteurs comme des banquiers, on ne prête qu’aux riches » . Et puis Granier-Deferre témoigne sur la direction d’acteurs au sujet de Gabin et Signoret, c’est intéressant …

Mademoiselle, la nurse, espère bien profiter de l’absence de Madame Cardinaud. (Renée Faure)

 

Actualités Pathé :

Chanson de Florelle – Un grand moment de la chanson de l’époque. L’artiste sort d’un accident et dit son bonheur de retrouver son public…

1932 / Georges Simenon et les Académiciens Français à l’Académie Royale de Belgique – 1952 ( 40 secondes )

DVD : 19 janvier 2022 « Attention, il est d’extrême gauche ... ... Tant que ça fait pas pencher le bateau ! » . - D'après le roman de Georges Simenon "Le Fils Cardinaud" Ce film est devenu, un beau documentaire sur les activités maritimes de La Rochelle dans les années cinquante et un moment fort du cinéma de cette même époque. Il aborde frontalement le thème de l’adultère, dans un milieu bourgeois d’une ville de province bien comme il faut. Les cancans, les rumeurs, les bisbilles de notables sont au tableau. François Cardinaud s’y affiche comme l’un de ses…
Le film
Les bonus

Un roman de Simenon, des dialogues de Michel Audiard, et Jean Gabin de tous les plans… La recette était jouable très certainement au début des années cinquante sur un argument au souffre inattendu : l’adultère. Ca se passe en province, La Rochelle ou ailleurs, là où un ancien débardeur devenu patron de la criée, est jalousé quasiment par la moitié de la ville et du port de pêche qu’il dirige aussi d’une main de maître. Un homme fort qui pourtant va se mettre à dos des cancans supplémentaires en recherchant tout un dimanche sa femme partie on ne sait où. La ville rigole, qui n’ignore pas les déboires conjugaux du couple que le cinéaste évoque à travers une galerie de portraits savamment accrochés à la litanie provinciale des ragots et des rumeurs. Un des points fort du film qui aujourd’hui peut-être aussi considéré comme un excellent documentaire sur la vie des marins pêcheurs au milieu du XX ème siècle.

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