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« La LLorona » de Jayro Bustamante. Critique cinéma-vod -dvd

Synopsis: Selon la légende, la Llorona est une pleureuse, un fantôme qui cherche ses enfants. Aujourd’hui, elle pleure ceux qui sont morts durant le génocide des indiens mayas. Le général, responsable du massacre, acquitté, est hanté par une Llorona. Serait-ce Alma, la nouvelle domestique ? Est-elle venue punir celui que la justice n’a pas condamné ?

La fiche du film

Le film : "La Llorona"
De : Jayro Bustamante
Avec : María Mercedes Coroy, Sabrina de La Hoz
Sortie le : 22/01/2020
Distribution : ARP Sélection
Durée : 97 Minutes
Genre : Thriller, Epouvante-horreur
Type : Long-métrage
Le film

 

  • DVD 2 septembre, Coffret avec le 1er film du réalisateur (Ixcanul).

La dictature latino-américaine nourrit le cinéma de ce continent .Mais cette fois de manière inversée :  le bourreau au centre du débat, sa famille, témoin de ses exactions.

Jayro Bustamante qui a écrit l’histoire, la filme avec une retenue presque élégante, pour ne pas dire respectueuse. Si à travers les attendus du tribunal les faits parlent d’eux-mêmes, l’acquittement du général responsable du génocide ( Julio Diaz )devient un non-sens.

La foule le dénonce en manifestant jour et nuit devant son domicile. Le fracas sonore heurte la quiétude familiale et l’installe paradoxalement dans un quotidien presque paisible.

 

Les rapports inexistants mais persistants entre la colère extérieure et la quiétude du foyer forgent ce huis-clos extraordinaire dans ce qu’il a de fantastique ( la légende emprunte les ressorts du scénario ) et de profondément engagé. Voire révoltant.

Une attitude retenue par Natalia ( Sabrina de la Hoz) la propre fille du général suspicieuse à son égard et tout aussi méfiante maintenant vis-à-vis de sa mère ( Margarita Kénefic) qui de son passé a beaucoup dissimulé.

« Ce qui est passé doit rester derrière », dit-elle, « depuis quand es-tu devenue gauchiste, tu crois ces communistes ? … ».

Valeriana (Maria Telon) est la seule domestique restée fidèle au général qui l’avait lui-même ramenée au foyer. Un autre mystère …

Mais Natalia a elle aussi son histoire secrète marquée par la disparition de son mari. « Le père de Sara » comme on l’appelle ici et dont elle ne peut parler à sa petite fille réfugiée désormais auprès de la nouvelle domestique Alma aussi mystérieuse qu’intrigante ( Maria Mercedes Coroy).

C’est la mort en personne, le général en est persuadé, cette «  llorona » qui la nuit la hante et peuple ses cauchemars. Elle parle peu, se déplace étrangement, comme un fantôme prisonnier de ce cadre restreint dans lequel le cinéaste compose ce drame intime qui est aussi celui de tout un pays .

La fille et la mère suivent l’évolution de la situation à travers les reportages tv.

C’est l’autre force de ce film que d’unir l’Histoire à la raison des êtres. Qu’il s’agisse de légende, de conte ou de vérité hypnotique, Jayro Bustamante creuse patiemment les fondations de son pays dans une terre si fertile à son cinéma. Du grand cinéma.

 

  DVD 2 septembre, Coffret avec le 1er film du réalisateur (Ixcanul). La dictature latino-américaine nourrit le cinéma de ce continent .Mais cette fois de manière inversée :  le bourreau au centre du débat, sa famille, témoin de ses exactions. Jayro Bustamante qui a écrit l’histoire, la filme avec une retenue presque élégante, pour ne pas dire respectueuse. Si à travers les attendus du tribunal les faits parlent d’eux-mêmes, l’acquittement du général responsable du génocide ( Julio Diaz )devient un non-sens. La foule le dénonce en manifestant jour et nuit devant son domicile. Le fracas sonore heurte la quiétude familiale et…
Le film

Dans les années quatre-vingt, un coup d’état au Guatemala entraîne le génocide du peuple Maya. Son responsable, le dictateur Rios Montt est maintenant prisonnier du peuple qui manifeste devant son domicile où il s’est réfugié après la condamnation du tribunal qui l’a tout autant acquitté. Un non-sens patiemment filmé par Jayro Bustamante qui en écrivant le scénario a sciemment retenu l’option du bourreau au centre des débats, avec tout autour sa famille qui découvre plus ou moins ses exactions. Les rapports inexistants mais persistants entre la colère extérieure et la quiétude du foyer forgent ce huis-clos extraordinaire dans ce qu’il a de fantastique ( la légende emprunte les ressorts du scénario ) et de profondément engagé. Voire révoltant. La grande force de ce film est de composer un drame intime qui devient celui de tout un pays. Unir l’Histoire à la raison des êtres. Qu’il s’agisse de légende, de conte ou de vérité hypnotique, Jayro Bustamante creuse patiemment les fondations de son pays dans une terre si fertile à son cinéma. Du grand cinéma.

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Il y a un naturel dans ce film, une légèreté qui dissimule tout son intérêt, sa profondeur .

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