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« Deux sous d’espoir » de Renato Castellani. Critique Cinéma

Synopsis: Antonio, modeste ouvrier, rentre dans son village après son service militaire. Sa mère et ses deux jeunes sœurs sont à sa charge. Pour les nourrir et pouvoir épouser Carmela, Antonio se fait tour à tour sacristain, afficheur, laboureur, donneur de sang… Son amour pour Carmela lui donne tous les courages, mais s’il se rit de tout, la chance, elle, ne se décide pas à lui sourire.

La fiche du film

Le film : "Deux sous d'espoir"
De : Renato Castellani
Avec : Vincenzo Musolino, Maria Fiore
Sortie le : 23/07/1952
Distribution : Les Films du Camelia
Durée : 110 Minutes
Genre : Drame, Romance
Type : Long-métrage
Le film

« Je m’enlève le pain de la bouche pour allumer des cierges » dit la mama à confesse.

« Et tu voles un poulet que tu revends 500 lires » répond le curé.

La distinction suprême de la croisette, égalité avec « Othello » d’Orson Welles, prête sans doute à sourire. Soixante-dix ans plus tard, le film de Renato Castellani demeure pourtant une preuve éclatante et vivante de l’ardeur du cinéma transalpin du moment.

On quitte alors le néoréalisme social pour en conserver la trame, rapportée à des humeurs plus terriennes. Ou la comédie sociale s’affirme dans toute son exubérance et sa prose un brin caricaturale.

 

L’entrée en matière tonitruante, avec la traditionnelle mama toute chamboulée et ravie de voir le retour de son fils du service militaire, donne irrémédiablement le ton des ébats.

Des chamailleries, des rumeurs, des plaintes et des envolées « pagnolesques » au pays de  Leopardi et Pirandello, où l’amour se monnaie en famille. Aussi quand la jeune Carmela (Maria Fiore) s’entiche à la folie d’Antonio de retour de l’armée, le papa Artu, déjà pas commode, rajoute quelques gifles à sa fille «  qui a le corps en feu  » comme le rapporte les pipelettes du village.

Ou l’importance des rumeurs et cancans qui empoisonnent la vie de tout un chacun, chacun ayant son mot à dire sur la conduite des tourtereaux, l’attitude du père Artu (Luigi Astarita) ou les amours illicites de la sœur d’Antonio avec un monsieur de vingt ans son aîné…

Cette scène est impayable !…

Le curé bien évidemment se mêle à la conversation publique dans une scène de confessionnal qui à mon avis devrait être enseignée dans les cours de comédie. Avec ce regard faussement innocent d’un réalisateur sur son pays où la fantaisie et la vitalité transfigurent la misère.

Le pauvre Antonio (Vincenzo Musolino)  a bien du mal à trouver un travail, sans quoi il ne pourra pas épouser la belle Carmela. Qui chaque fois met les pieds dans le plat et dérègle un avenir déjà bien compromis.

Le cinéma italien, lui peut voir venir. Comencini en apporte la preuve une dizaine d’années plus tard avec « Pain, amour et fantaisie » qui reprend à sa façon les propos de Renato Castelli. La comédie à l’italienne sort la tête de l’eau. Viva il cinema !

Reprise cinéma : 30 Mars 2022 . -  Palme d'or Cannes 1952, ex-æquo avec « Othello »  d'Orson Welles . - "Je m’enlève le pain de la bouche pour allumer des cierges" dit la mama à confesse. "Et tu voles un poulet que tu revends 500 lires" répond le curé. La distinction suprême de la croisette, égalité avec « Othello » d’Orson Welles, prête sans doute à sourire. Soixante-dix ans plus tard, le film de Renato Castellani demeure pourtant une preuve éclatante et vivante de l’ardeur du cinéma transalpin du moment. On quitte alors le néoréalisme social pour en conserver…
Le film

Entre le néoréalisme et la comédie à l’italienne «  Deux sous d’espoir » illustre la force du cinéma transalpin de l’époque ( les années soixante) marquant au fer rouge la misère d’un village où les traditions et particulièrement le patriarcat interdisent toute évolution possible. Il faudra l’obstination d’un jeune homme qui revenu de l’armée, prend peu à peu conscience des entraves du système pour s’en dégager avec difficulté. La mama ne compte que sur lui et sur le peu d’argent qu’il ramène de ses petits boulots chaque fois compromis par la belle Carmela . Elle met toujours les pieds dans le plat, par amour, jalousie ou chagrin . Une chronique villageoise qui soixante-dix ans plus tard justifie la palme d’or 1952 attribuée à Cannes. Tous les acteurs sont du cru, les décors, véritables. Aujourd’hui ce film est une preuve éclatante et vivante de l’ardeur du cinéma transalpin du moment. Et qui plus est un témoignage indispensable !

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