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« Cyrano de Bergerac » de Jean-Paul Rappeneau. Critique cinéma-dvd

Synopsis: Les aventures du célèbre et turbulent cadet de Gascogne, amoureux de sa cousine, Roxane, qui lui avoue qu’elle aime Christian de Neuvillette, un nouveau cadet qu'elle lui fait promettre de protéger. Conscient de son manque d'esprit, Christian obtient par ailleurs de Cyrano, qu'il écrive pour lui ses lettres d'amour à la belle Roxane.

La fiche du DVD / Blu-Ray

Le film : "Cyrano de Bergerac [Combo Collector Blu-ray + DVD]"
De : Jean-Paul Rappeneau
Avec : Gérard Depardieu, Anne Brochet, Ludivine Sagnier, Vincent Perez, Jacques Weber
Sortie le : 03 octobre 2018
Distribution : Pathé
Durée : 135 minutes
Film classé : Tous publics
Nombre de DVD / Blu-Ray : 2
le film

Ce film demeure, trente ans après, une belle leçon de cinéma. Parmi les nombreux chapitres qui en font l’intérêt, l’adaptation de l’œuvre d’Edmond Rostand est une figure de style inégalable. C’est en alexandrins que les protagonistes s’expriment et la rime tient la distance de monologues déclamés sans excès.

Pour les dialogues, les réparties sont du même bois, tendre et cisaillé à la chute près. Ce qui nous fait bien souvent sourire. La verve de nos héros partagés entre l’amour de la belle Roxane et le goût des joutes échevelées, est un régal.

Il y a donc là le duc de Guiche courtisan éploré d’une femme qui le bat froid malgré ses galons de commandant d’une armée dans laquelle son véritable amoureux est enrôlé.

De Guiche ne se prive pas alors de malmener le fragile Christian (Vincent Perez) cornaqué par le cousin de Roxane, Cyrano lui-même secrètement épris de sa cousine. Dans ce triangle amoureux bien particulier Edmond Rostand multiplie les situations les plus extrêmes, les plus inattendues, imprévu propice à des scènes de cinéma que Jean-Paul Rappeneau illustre avec malice et fougue.

Deux attributs pour l’interprétation sans égale de Gérard Depardieu qui  avec le « Danton » de Wajda trouve là le rôle de sa vie. Un romantique dissimulé sous la grossièreté d’un trait que la nature lui a attribué. Impudent, insolent, c’est un caractère, un tempérament, plus qu’un personnage que Depardieu endosse avec la faconde qui lui va si bien.

Face à ce roc, il faut bien du talent à la fragile Roxane qu’Anne Brochet incarne lumineuse et pimpante quand le cœur de Christian s’ouvre enfin à ses amours. En passant par bien des subterfuges et d’imbroglios littéraires concoctés par Cyrano pour pallier les déficiences culturelles de son protégé.

L’imposture qui se répète est magnifique, ressort idéal de l’art dramatique et plus porteur peut-être encore quand il s’agit de la mettre en scène dans un film de cape et d’épée … littéraire. Ce que Jacques Weber saisit avec intelligence lui qui a pourtant joué le personnage principal très longtemps au théâtre. Il délaisse Cyrano pour un duc de Guiche qui le mérite tout autant.

  • Mais encore…

Dix Césars dont celui du Meilleur Film, un Oscar, un Golden Globe du Meilleur film en langue étrangère, deux récompenses à Cannes dont le Prix d’interprétation pour Gérard Depardieu…

L’oeuvre d’Edmond Rostand a déjà été adaptée au cinéma par Michael Gordon José Ferrer, récompensé par un Oscar en 1951.

A la fin du film on aperçoit les sœurs de l’abbaye dans laquelle Roxane s’est retirée. Parmi elles, totalement anonymes, Sandrine Kiberlain et Ludivine Sagnier…

  • Les triangles amoureux dans ce blog :

« Leto » de Kirill Serebrennikov

« A trois on y va » de Jérôme Bonnell

« L’homme fidèle » de Louis Garrel

« Voir la mer » de Patrice Leconte

« La colère d’un homme patient » de Raul Arevalo

« Le port de la drogue » de Samuel Fuller

« Rocco et ses frères » de Luchino Visconti

« Le cavalier noir » de Roy Ward Baker

« Caprice » d’Emmanuel Mouret

« Parade’s end » de Susanna White

« Le Passé » de Ashgar Farhadi

« The deep blue sea » de Terence Davies

« Contracorriente » de Javier Fuentes-León

« Tango » de Carlos Saura

« La Princesse de Montpensier » de Bertrand Tavernier

« Chloé » d’Atom Egoyan

« Brothers » de Jim Sheridan

« Les fantômes d’Ismaël » d’Arnaud Desplechin

« La Maison russie » de Fred Schepisi

César de la meilleure photo Pierre Lhomme. Ce film demeure, trente ans après, une belle leçon de cinéma. Parmi les nombreux chapitres qui en font l’intérêt, l’adaptation de l’œuvre d’Edmond Rostand est une figure de style inégalable. C’est en alexandrins que les protagonistes s’expriment et la rime tient la distance de monologues déclamés sans excès. Pour les dialogues, les réparties sont du même bois, tendre et cisaillé à la chute près. Ce qui nous fait bien souvent sourire. La verve de nos héros partagés entre l’amour de la belle Roxane et le goût des joutes échevelées, est un régal. Il…
le film

Il y a encore beaucoup de bonnes choses à raconter sur ce film bientôt trentenaire et désormais inscrit au panthéon de notre septième art. On rappelle alors le défi que fut d’adapter l’œuvre d’Edmond Rostand en conservant pour le plaisir la versification en alexandrins. Pari réussi :la rime tient la distance de monologues déclamés sans excès, avec des dialogues tout aussi fameux. Ce qui nous procure des séquences de cinéma inoubliables : la tirade du nez bien évidemment, mais aussi la scène nocturne du balcon ou bien la première entrevue de Cyrano avec celui qui deviendra son protégé. Le fameux appendice nasal de Cyrano est alors mis à mal par Christian dont les jeux de mots devraient provoquer la fureur de l’intéressé. Mais … Jean-Paul Rappeneau illustre avec malice et fougue une aventure littéraire et cinématographqiue sans précédent avec l’interprétation sans égale de Gérard Depardieu qui trouve là le rôle de sa vie. Face à ce roc, il faut bien du talent à la fragile Roxane qu’Anne Brochet incarne lumineuse et pimpante. Un régal que ce film intemporel .

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8 Commentaires

  1. Je sais que je rame à contre-courant en disant que Depardieu est un mauvais acteur. J’imagine la bronca. Je n’aime pas ces comédiens qui jouent leur propre rôle et ne savent pas s’oublier derrière leur personnage. S’attaquer à Cyrano est un défi. Cela exige une modestie totale devant l’immensité du rôle.
    Or, Depardieu confond immensité avec énormité, comme toujours. Il fait du Depardieu, écrase la sentimentalité délicate de Cyrano et, finalement, gâche un film qui aurait pu être réussi (même s’il taille dans le texte).
    Comme Cyrano le dit à Monrtfleury :

    …un acteur déplorable qui gueule,
    Et qui soulève avec des han ! de porteur d’eau,
    Le vers qu’il faut laisser s’envoler !

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