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« Ariane » de Billy Wilder. Critique Blu-ray

  • Dvd : 18 novembre 2020 
  • RéalisateurBilly Wilder
  • ActeursGary Cooper, Audrey Hepburn, Maurice Chevalier, John McGiver, Van Doude
  • FormatNoir et blanc, PAL
  • Durée : 130 minutes
  • Sous-titres : Français
  • Studio  : Carlotta Films

L’histoire : À Paris, le détective privé Claude Chavasse est spécialisé dans les affaires d’adultère. Sa fille, Ariane, est fascinée par le cas du playboy Frank Flannagan. Lorsqu’elle surprend un client de son père menaçant de tuer Flannagan, elle court le prévenir du danger qui l’attend. Quand le client jaloux débarque à l’hôtel, il trouve le millionnaire en compagnie d’Ariane et non de sa femme. Intrigué, Flannagan organise un rendez-vous le lendemain après-midi…

  • Film : 
  • Bonus :

 

  • D’après l’œuvre de Claude Anet «  Ariane, jeune fille russe »

Je ne vois pas trop bien ce que je retire de ce film. Il a peut-être, dans les années soixante, provoqué son petit scandale en rendant amoureux Gary Cooper de trente ans l’aîné d’Audrey Hepburn.

Le couple est sympathique tout autant que le duo formé par la demoiselle avec son papa , un Maurice Chevalier fier comme Artaban au cœur de cette production américaine.

Notre frenchie pour le côté léger de la comédie au romantisme fané et au drame sentimental parfumé à l’eau de rose. Wilder y suit avec attention l’évolution affective et psychologique de sa petite protégée, une comédienne auréolée par ses récents succès «  Guerre et Paix » de King Vidor  et «  Drôle de frimousses » de Stanley Donen.

Avec Billy Wilder aux manettes, elle poursuit son ascension vers les étoiles, pour un réalisateur bien inspiré par le roman de Claude Anet, «  Ariane, jeune fille russe ». A la différence près que les héros de l’écrivain marquaient plus singulièrement leur personnalité.

Un personnage amoureux certes, mais inconsistant, face à une jeune femme éprise de liberté. Chez Wilder l’homme reprend tout le pouvoir, la suffisance, pour une femme qui dit-elle « s’oppose à toute violence ».

Il est vrai que pour boucler la valise, rien de tel qu’un poids plume

C’est pourquoi, apprenant que l’amant risque de mourir des mains du mari trompé, elle en informe immédiatement la victime. La morale retenant ainsi que pour être protégé, voire absout, il faut mieux être amant que cocu.

LES SUPPLÉMENTS

. Ariane, rapports de tournage (26 mn) . Par N.T. Binh, cinéaste, critique de cinéma et journaliste. Un voyage dans les archives papier et photos du film « Ariane » à la Cinémathèque française, ou comment ces précieux documents livrent encore des informations sur le film plus de 60 ans après sa sortie en salles.

C’est un parcours quasi enchanteur en compagnie de NT Binh , mais aussi de professionnels comme la scripte Laurence Coudurier qui commente le scénario, explique les ratures, dessins et annotations diverses.

Par téléphone N.T.Binh s’entretient avec le régisseur de l’époque Christian Ferry qui évoque beaucoup la présence du fameux orchestre tzigane dont la fille du chef Judith Ferrier est également de la conversation.

  • Au fil d’Ariane (26 mn) .Au cœur des archives de la Cinémathèque française, N.T. Binh revient sur la genèse d’Ariane et les influences directes de Billy Wilder. Le critique développe les différentes versions autour d’Ariane, du roman aux films, en notant que Wilder évite les allusions sexuelles évidentes chez les autres, attitude qu’il ne refrénera pas quinze ans plus tard en tournant « Avanti », la libération des mœurs ayant fait son œuvre.

Il explique aussi pourquoi la scène du train n’est pas muette, alors qu’au montage Wilder avait tenté de la rendre muette. Pourquoi la voix off finale, et annonçant une fin heureuse, n’est pas dans le scénario.

En conclusion N.T.Binh relate l’influence de Lubitsch sur le cinéma de Wilder. « Ici le spectateur est complice du metteur en scène au détriment des personnages. Il applique un précepte fondamental chez Lubitsch ».

  • La complicité magnifique (9 mn). Hubert de Givenchy évoque sa rencontre avec Audrey Hepburn et leur collaboration. Une amitié entamée sur un quiproquo. La première fois que l’on contacte le couturier, il entend que la commande est pour  Katharine Hepburn.

L’homme est ravi mais le jour des présentations, c’est une autre Hepburn qui se présente. Il a du mal à cacher sa surprise et pense que leur collaboration s’arrêtera là , et pourtant une fois « Ariane » terminé, Audrey Hepburn lui fera toujours appel pour ses costumes. « Guerre et Paix » excepté précise quand même Hubert de Givenchy.

Ils sont quasiment devenus les meilleurs amis au monde
  • . « Portrait d’un homme “à 60 % parfait” : Billy Wilder » un documentaire d’Annie Tresgot et Michel Ciment (1980 – Couleurs et N&B – 56 mn)
    « Un homme à 60 % parfait », c’est la définition de Billy Wilder par lui-même. De Vienne à Hollywood, la vie mouvementée du célèbre metteur en scène, narrée par lui-même. Un film ponctué de commentaires très libres de Jack Lemmon et Walter Matthau.

C’est le cinéma qui défile jusque dans son quotidien le plus banal.  Dans sa maison à Malibu, dans un hamac, au volant de sa voiture sur Santa Monica Bd, ou commentant sa collection de peintures à Michel Ciment, tout en prenant l’apéro.

L’Autriche en 1906, son parcours scolaire , et l’avenir que lui réserve son père, avocat ou docteur ! Le souvenir de l’empereur François-Joseph et sa mort en 1916, «  un défilé que j’aurais aimé diriger ». Tout est noir, sauf un petit garçon le prince Adolphe «  que j’enviais tellement alors ».  Ce même personnage qui bien plus tard lui rendra visite à la cantine de la Paramount, les temps avaient bien changé, et le prince aussi .

La Paramount , excellente transition pour ne parler ensuite que de cinéma et de Hollywood où il arrive en 1934 « poussé par Hitler ».

Premiers scénarios, en collaboration avec Charles Brackett de 1936 à 1950 ( 13 films au compteur ) mais «  comme écrire est un supplice, et réaliser un plaisir », Wilder attrape très vite une caméra. Le début d’une belle et grande histoire . La suite ? Un régal de cinéphile qui se vit, ne se raconte pas.

  • « Le romanesque triomphant : Ariane de Billy Wilder » .  Un livre de 160 pages (inclus 50 photos d’archives) . « En coupant dans les meilleurs d’entre mes films, on pourrait obtenir un excellent film de quarante-six minutes. » – Billy Wilder

Mêlant entretiens et analyses parus dans la revue Positif depuis les années 1970 et mises en perspective venant d’auteurs contemporains, cet ouvrage inédit agrémenté de 50 photos d’archives met en lumière l’œuvre de Billy Wilder. En quelque sorte le complément indispensable au documentaire précédent.

Aussi en éditions Blu-ray et DVD single

Dvd : 18 novembre 2020  Réalisateur : Billy Wilder Acteurs : Gary Cooper, Audrey Hepburn, Maurice Chevalier, John McGiver, Van Doude Format : Noir et blanc, PAL Durée : 130 minutes Sous-titres : Français Studio  : Carlotta Films L'histoire : À Paris, le détective privé Claude Chavasse est spécialisé dans les affaires d’adultère. Sa fille, Ariane, est fascinée par le cas du playboy Frank Flannagan. Lorsqu’elle surprend un client de son père menaçant de tuer Flannagan, elle court le prévenir du danger qui l’attend. Quand le client jaloux débarque à l’hôtel, il trouve le millionnaire en compagnie d’Ariane et non de sa femme. Intrigué,…
Le Film
Les bonus

A la fois loufoque et absurde, le film se joue des conventions sociales de l’époque pour mettre aux prises un couple adultère empêtré dans des situations romanesques inédites. Je ne vois pas trop bien ce que je retire de ce film qui dans les années soixante a peut-être provoqué son petit scandale en rendant amoureux Gary Cooper de trente ans l’aîné d’Audrey Hepburn. Le couple est sympathique tout autant que le duo formé par la demoiselle avec son papa de cinéma, un Maurice Chevalier fier comme Artaban au cœur de cette production américaine. Après l’affiche, le décor : Paris et son Ritz incontournable qui a tant fait rêvé les cinéastes. D’hier et d’aujourd’hui : «  L’homme du président » de Woo Min-ho récemment sorti en dvd, lui accorde une séquence déterminante.

AVIS BONUS Excellents, divers, riches en information, grand plaisir de cinéphile avec notamment une visite de la cinémathèque et un documentaire très vivant sur Billy Wilder

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