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« Viens, je t’emmène » de Alain Guiraudie. Critique dvd

Synopsis: A Clermont-Ferrand, Médéric tombe amoureux d’Isadora, une prostituée de 50 ans, mariée. Alors que le centre-ville est le théâtre d’une attaque terroriste, Selim, un jeune sans-abri se réfugie dans son immeuble. Tout se complique dans la vie de Médéric, tiraillé entre son empathie pour Sélim et son désir de vivre une liaison avec Isadora.

La fiche du film

Le film : "Viens je t’emmène"
De : Alain Guiraudie
Avec : Jean-Charles Clichet, Noémie Lvovsky
Sortie le : 02/03/2022
Distribution : Les Films du Losange
Durée : 100 Minutes
Genre : Comédie
Type : Long-métrage
Le Film
Le bonus

DVD : 05 Juillet 2022 . – 

On peut en rire ou en pleurer. Saluer la légèreté du propos dans un cadre anxiogène. Et tout retourner dans le contraire d’une époque post-attentat qui ne sait pas sur quel pied danser. Guiraudie non plus. Son petit monde se débrouille au petit bonheur la chance, et tente de récupérer ses repères abandonnés au fil de son histoire.

Médéric s’y accroche en relançant plusieurs fois Isadora, une prostituée qu’il aime par-dessus-tout. Des obstacles ont beau lui interdire le chemin ( dont le mari de la dame  … ), l’homme n’en fait qu’à sa tête, qu’il perd un peu dans Clermont-Ferrand, sous le feu de la mitraille terroriste

Paranoïa classique, suspects à tous les étages, Médéric tombe dans le panneau. Ce jeune homme qui lui demande un peu d’argent, avec une gueule pas très claire et des propos à peine audibles, il l’ignore, puis le rejette, et le rattrape in extremis. Une bonne âme ce Médéric ; il héberge Sélim (Iliès Kadri) et retourne à ses amours.

Dans ce canevas où beaucoup de personnes s’égarent, comme ce flic en planque devant la maison d’Isadora (Patrick Ligardes), ou cette gamine en stage de troisième à la réception d’un hôtel .Isadora semble y avoir ses habitudes. Elle est jouée par Miveck Packa qui déjoue tous les pronostics…

Comme cet époux plus ou moins consentant (Renaud Rutten) …  Un couple étrange là encore, sans compter sur Médéric dont l’humour presque morbide se joint à ses amours désespérées.

Médéric aimerait bien réconcilier tout le monde

A ce stade, Guiraudie a fait le tour sur le monde. Ou presque. Le regard qu’il lui porte demeure souvent sans réponse autour du racisme et de l’homophobie que le héros côtoie au hasard de ses pérégrinations. Lunaire et désemparé , Jean-Charles Clichet est l’homme idoine dans ce paysage en recomposition où Noémie Lvovsky exécute une fois encore une interprétation de haute voltige.

A son image, tout est équivoque, ambigu, sujet aux quiproquos d’une situation en quête d’un retour à la normale, contrarié par une population qui ne l’est plus. A ce titre, les voisins dans l’immeuble de Médéric méritent  la palme des faux-culs magnifiques. Tellement vrais !

LE SUPPLEMENT

  • Rencontre avec Alain Guiraudie ( 25 mn ) – « Dans cette époque post-attentat, j’avais envie de positiver , et de me requinquer moi-même. »

« Aller à contre-courant, on a pleuré nos morts, il était temps de passer à autre chose, oublier le replis sur soi, l’entre soi où on ne sait pas où l’on va ».

Un flic qui ne lâche pas son affaire, et Florence ( Doria Tillier ) une collègue de travail qui aimerait bien passer à autre chose …

« Le mode de vie bourgeois a pris le pas sur le reste , on se serait les coudes, mais plus maintenant, ça a beaucoup disparu ». Ainsi parle le réalisateur qui pour expliquer les fondements de son film se pose beaucoup de questions comme celle du passage de la paranoïa au désir.

« Je voulais aussi montrer la beauté ailleurs que dans les canons admis communément , presse, pub, télévision et filmer le sexe comme le reste » . Séquences torrides entre Médéric et Isadora.. « Ces scènes que l’on chorégraphie avant de les tourner ».

DVD : 05 Juillet 2022 . -  On peut en rire ou en pleurer. Saluer la légèreté du propos dans un cadre anxiogène. Et tout retourner dans le contraire d’une époque post-attentat qui ne sait pas sur quel pied danser. Guiraudie non plus. Son petit monde se débrouille au petit bonheur la chance, et tente de récupérer ses repères abandonnés au fil de son histoire. Médéric s’y accroche en relançant plusieurs fois Isadora, une prostituée qu’il aime par-dessus-tout. Des obstacles ont beau lui interdire le chemin ( dont le mari de la dame  … ), l’homme n’en fait qu’à sa…
Le Film
Le bonus

Ca parait dérisoire, presque secondaire, cette manière de regarder le monde sur la face noire de l’histoire. Mais dans l’étrangeté de cette population française ( Clermont-Ferrand ou ailleurs … ), on retrouve très vite le fil du récit que Guiraudie imagine pour tirer semble-t-il un trait sur la période traumatique des attentats en France. Un peu dans un filon Mocky, mais en plus sérieux, le réalisateur suit de près les amours d’un homme obsédé par une prostituée … mariée. Quand le suspect d’un attentat terroriste contraint notre héros à se positionner sur la rotation de la planète, Guiraudie laisse filer le cours du temps qui se déglingue et nous offre un panorama aussi étrange qu’attirant. Il demeure souvent sans réponses autour du racisme et de l’homophobie que le héros rencontre au hasard de ses pérégrinations. Lunaire et désemparé , Jean-Charles Clichet est l’homme idoine dans ce paysage en recomposition où Noémie Lvovsky exécute une fois encore une interprétation de haute voltige. A l’image de son réalisateur que l'on retrouve avec plaisir dans le

BONUS

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