Conte de la frustration

[Critique DVD] Conte de la frustration

Fiction musicale et rappée, c’est plutôt nouveau dans le cinéma, surtout quand Akhenaton se charge de la musique et de la réalisation .Didier D. Daarwin également derrière la caméra y jette un regard novateur.

"Conte de la frustration" de Didier D. Daarwin et Akhenaton (France Télévision)
Sortie DVD le 6 septembre 2010
Prix de la meilleure contribution technique au festival de la Fiction TV de la Rochelle en 2009
Le film : ★★★☆☆ Les bonus : ★★★½☆

« Ce n’est ni un téléfilm traditionnel, ni une comédie musicale, ni un clip, mais tout ça à la fois, il n’y a pas de précédent » explique Akhenaton, qui me facilite bien la tâche. Car effectivement je ne sais pas trop comment présenter ce petit ovni musico cinématographique qui en mixant les genres énumérés par le chanteur-réalisateur explore un nouvel univers , au milieu d’un récit tout à fait traditionnel .

Un jeune homme, coursier et amoureux de la même fille depuis dix ans s’évade dans les chansons qu’il compose sur son ordi. Au point d’en oublier le boulot et sa copine («  les emmerdes à deux, avec la tristesse du célibat »), et de sombrer peu à peu dans une déchéance qui pourrait lui être fatale. Le tout sur fond de Marseille la nuit, ses visions interlopes et l’alchimie qui s’en dégage.

Image de prévisualisation YouTube

Les dialogues sont rappés, ou si l’on préfère le rap accompagne  l’histoire, sur des images qui  toujours s’accomodent aux chansons d’Akhenaton  écrites  pour son album  « Soldats de Fortune» mais jamais publiées. Pour les intégrer à l’histoire, les comédiens ont chacun leur «double» rappeur :Akhenaton, Amel Bent, Shurik’n, Faf La Rage, Sako.

C’est déjà assez étonnant de voir les uns et les autres subrepticement à l’image, quand la mise en scène se charge d’appuyer ce concept novateur, avec le  flash back noir et blanc.De belles images fondues dans la réalité chromatique d’une ville où le soleil de notre héros n’apparait «que sur du papier Canson ».

La technique du clip transparaît  , mais ce moyen métrage demeure avant tout une œuvre cinématographique à part entière, sous l’œil du réalisateur Didier Darwin , qui a su marquer le pavé marseillais d’une empreinte très personnelle . C’est ce que je retiens avant tout, ce regard différent derrière la caméra, sur une musique qui n’est pas ma tasse de thé. Surtout quand elle devient dans la seconde partie, omniprésente.

L’interprétation de  Nicolas Cazalé , dans le rôle principal ne gâche rien au plaisir cinéphile. Tout à fait porteur du projet, et de la dualité de son  personnage (qui de l’ange ou du démon, l’emportera ?) , il est parfaitement secondé par Leïla Bekhti , sa copine,  décidément cosmopolite après  » Tout ce qui brille » (voir ce blog ) et dans des rôles secondaires Roschdy Zem , Omar Sy , Fred Testot . Dans tous les registres, ils s’adaptent !

Les bonus

Making of du film (30′)

Des scènes dévoilées à fond, des interviews, et beaucoup de rigolade sur le plateau, malgré le froid et la fatigue (tournage en novembre, décembre, jusqu’au petit matin, parfois), c’est un making of  généreux. Omar et Fred entre deux scènes s’en donnent à cœur joie pour improviser un sketch sur la peur de l’autre.C’est sympa.

Making of de l’enregistrement de l’album (10′).

Akhenaton explique qu’à l’origine il s’agissait d’écrire plusieurs morceaux pour faire une histoire. C’était en 2006, mais le tournage ne commencera que fin 2008. «Et maintenant j’ai du mal à écouter l’album, la puissance des images est trop présente ».

14,99 €


, , , ,

La boutique

Pas encore de commentaire.

Laisser une réponse

:D :) ^_^ :( :o 8) ;-( :lol: xD :wink: :evil: :p :whistle: :woot: :sleep: =] :sick: :straight: :ninja: :love: :kiss: :angel: :bandit: :alien: