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« Revoir Paris » d’Alice Winocour. Critique cinéma-dvd

Synopsis: A Paris, Mia est victime d'un attentat dans une brasserie. Trois mois plus tard, alors qu’elle n’a pas réussi à reprendre le cours de sa vie et qu’elle ne se rappelle de l’évènement que par bribes, Mia décide d’enquêter dans sa mémoire pour retrouver son chemin ...

La fiche du film

Le film : "Revoir Paris"
De : Alice Winocour
Avec : Virginie Efira, Benoît Magimel
Sortie le : 07/09/2022
Distribution : Pathé
Durée : 105 Minutes
Genre : Drame
Type : Long-métrage
Le Film
Les bonus

Retour sur les attentats parisiens de 2015. Nullement cités en tant que tels, l’évocation est une courte mais terrifiante séquence qui s’éternise aux oreilles des victimes encore en vie.

Alice Winocour les fixe en peu d’images, au tout début, mais déjà l’horreur prend tout son sens. C’est une scène de crimes sur laquelle la réalisatrice reviendra à plusieurs reprises pour accompagner l’une des victimes, Mia qui depuis cette terrible nuit a perdu tout contrôle sur ces événements tragiques.

Après quelques mois à la campagne, la jeune femme retrouve son foyer parisien, son mari chirurgien ( Grégoire Colin, superbe ), mais aucun souvenir de cette rencontre fatale avec la mort.

Elle y a échappé, elle ne sait comment, et de revoir les lieux la désoriente un peu plus. A travers une association d’aides aux victimes, des témoignages colmatent plus ou moins quelques brèches,

Mais Mia ne compte véritablement que sur elle pour remettre sa mémoire dans le sens de son histoire. Et de cet homme qu’elle ne reconnait pas, et qui va l’accompagner, tout au long de sa quête.

Thomas (Benoît Magimel ) témoigne de la même soirée, dans la même pièce du restaurant… Mia ne se souvient pas.

Thomas ( Benoit Magimel, parfait) a bien remarqué ce soir là cette femme seule, comme égarée

Le temps s’est arrêté . La caméra d’Alice Winocour le fixe remarquablement dans ces souvenirs qui tardent à revenir, cette compassion amicale qui vous taraude, ce vide que Mia tente de remplir. Une fois encore Virginie Efira surpasse l’attente de son rôle pour en faire un personnage à part entière , émouvant et vibrant.

On la revoit à plusieurs reprises, à différents moments de son existence, de l’avant et de l’après. Sur un montage aussi subtil qu’informatif, Alice Winocour explore ce recours à la connaissance de manière évidente pour le spectateur quand l’intéressée s’égare dans son brouillard et l’incompréhension.

Sa planche de salut ? Peut-être cette main qui dans le noir l’a accompagnée pendant les longues minutes de l’attente de la délivrance. Les autres à côté s’embrassaient, envoyaient des SMS, vivaient par procuration des instants qu’elle va peu à peu rassembler.

Félicia (Nastya Golubeva Carax) recherche ce que furent les derniers instants de ses parents…

Ce que vivent encore et toujours des milliers de personnes à travers le monde aujourd’hui , Alice Winocour le révèle avec beaucoup de sensibilité dans cette évocation de faits divers dramatiques,.

Son film si intime et personnel , si généreux , est d’une université sans fin. Il n’en finira pas, je crois, de nous rappeler à l’ordre…

LES SUPPLEMENTS

  • Entretien avec Alice Winocour et Benoît Magimel-Le film est né des discussions et réflexions après l’attentat du Bataclan, entre la réalisatrice et son frère qui était ce soir dans le club parisien. Comment le processus de la mémoire construisait et reconstruisait les choses, « le film s’est imposé, mais j’ai voulu décalé les choses, que ce ne soit pas le Bataclan »

Benoit Magimel. Comment voit-il son personnage, avec ses contradictions, «  et un humour de résilience » précise Alice Winocour.

La notion de survie dans un rapport de traumatisme, collectif cette fois, ce qui n’est pas toujours le cas. Il a rencontré de nombreux survivants d’attentats et chaque fois «  j’ai été marqué par la façon dont ils voulaient vivre maintenant autrement, après avoir frôlé la mort, ils vivent vraiment intensément, tous les jours il faut trouver quelque chose sur laquelle s’accrocher ».

  • Entretien avec Virginie Efira et Benoît Magimel-Où il est aussi question de la mémoire, et des souvenirs «  peut-être que c’est une chance de ne pas se souvenir, et dans son enquête intime elle cherche à savoir des choses qui ne se définissent pas avant, comme le courage , et elle ne sait pas si elle l’a été ou pas »

On parle aussi du déni du traumatisme

Le jeu des personnages  » On n’est pas forcément dans la recherche d’un naturalisme, Alice peut emprunter du faux pour aller vers plus de vrais ».

Retour sur les attentats parisiens de 2015. Nullement cités en tant que tels, l’évocation est une courte mais terrifiante séquence qui s’éternise aux oreilles des victimes encore en vie. Alice Winocour les fixe en peu d’images, au tout début, mais déjà l’horreur prend tout son sens. C’est une scène de crimes sur laquelle la réalisatrice reviendra à plusieurs reprises pour accompagner l’une des victimes, Mia qui depuis cette terrible nuit a perdu tout contrôle sur ces événements tragiques. Après quelques mois à la campagne, la jeune femme retrouve son foyer parisien, son mari chirurgien ( Grégoire Colin, superbe ), mais…
Le Film
Les bonus

On évoque les attentats de Paris en 2015 ( Charlie-Hebdo, Bataclan, brasserie, terrasses … ) . Ils ne sont pas formellement cités, et peu importe puisque le sujet est déjà ailleurs pour les victimes qui doivent maintenant vivre avec ce cauchemar . Ce que nous raconte Alice Winocour à travers la quête de Mia qui ne se souvient plus de rien, une fois terrée sous une table de la brasserie où les terroristes ont fusillé les consommateurs. Pour Mia, le temps s’est arrêté . La caméra d’Alice Winocour le fixe remarquablement dans ces souvenirs qui tardent à revenir, cette compassion amicale qui vous taraude, ce vide qu’elle tente de remplir. Une fois encore Virginie Efira surpasse l’attente de son rôle pour en faire un personnage à part entière , émouvant et vibrant. Ce film si intime et personnel , si généreux , est d’une université sans fin. Il n’en finira pas, je crois, de nous rappeler à l’ordre. Je l’imagine aussi dans seulement une dizaine d’années. Il risque de marquer notre époque de façon historiquement grave, voire noire pour les jeunes générations . «  Revoir Paris » restera alors un repère infaillible dans notre livre d’Histoire , générale ( il est aussi question d'immigration ) et celle du 7 ème art.

AVIS BONUS Virginie Efira,  Benoît Magimel et Alice Winocour en commentaires

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