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« Propriété privée » de Leslie Stevens. Critique cinéma

Synopsis: Deux garçons qui vivent d'expédients, Duke et Boots, rôdant près d'un poste à essence voient passer une élégante femme blonde dans une très belle voiture blanche. Sous la menace, ils obligent un représentant de commerce à la suivre. La femme habite une confortable villa. La maison voisine étant vide, ils y pénètrent pour épier leur voisine. Ils  suivent tous ses gestes, même après le retour de son mari...

La fiche du film

Le film : "Propriété privée"
De : Leslie Stevens
Avec : Kate Manx, Corey Allen
Sortie le : 07/09/2016
Distribution : Carlotta Films
Durée : 79 Minutes
Genre : Policier
Type : Long-métrage
Le film

Si le nom de Leslie Stevens vous est peu familier, il l’est autant pour moi. Je découvre ce premier film réalisé il y a 56 ans, dans la droite lignée du courant hitchcockien qui, une dizaine d’années auparavant, allait marquer à jamais de son empreinte le cinéma mondial.

L’histoire de ces deux petites frappes qui squattent une maison pour surveiller les faits et gestes de leur voisine fait très rapidement penser à « Body double » de Brian de Palma et surtout  à «  Fenêtre sur cour ». Il est amusant alors d’entendre l’un des deux garçons se renseigner sur la présence dans les environs de la villa d’un certain Mr Hitchcock.

L’influence du maître ne s’arrête pas à cette évocation cinématographique tant la prégnance de la mise en scène, le jeu du chat et de la souris, de l’ombre à la lumière et les gros plans subitement posés entre deux séquences marquent un territoire fortement balisé. Ce sera dit-on aussi celui d’Orson Welles avec lequel Leslie Stevens travailla à ses débuts au théâtre.

Comme à la télé...
Comme à la télé…

Des références qui n’occultent en rien l’originalité de ce film qui révèle tout autant l’âge d’or d’une société américaine que ses perversions les plus lâches, le voyeurisme considéré ici comme l’ultime recours à la bassesse . Il dit aussi toute la complexité des êtres confinés dans leur quant-à-soi. De la  bourgeoise oisive et innocente à l’attitude malsaine de ces deux vagabonds, truands de seconde zone, aux rapports plus que complexes.

Boots, un brin demeuré, se laisse entièrement guidé par son copain, très entreprenant, surtout auprès de la dame  (Kate Manx, la femme du réalisateur)  qu’il rencontre sous différents prétextes auxquels elle ne prête pas attention.

Ou la mise en action d’un véritable plan drague imaginé par un homme aux multiples facettes. A ce titre, Corey Allen est un comédien exceptionnel, fourbe et manipulateur derrière son sourire prêt à rendre tous les services.

Boots (Warren Oates  dans un rôle plus discret) pense d’ailleurs naïvement que toutes ses avances sont pour lui faciliter la tâche auprès de la belle, comme il lui a promis. Il y a beaucoup de suggestions dans ce film dont une scène très allusive entre l’homme et la femme sur … la sexualité des oliviers. Beaucoup de thèmes abordés entre les lignes et les images (toute scène sexuelle intempestive est proscrite) comme la perversité, la sensualité, l’homosexualité sous-jacente entre les deux amis.

Dont l’ ultime confrontation fait sans conteste appel à la fabrique Hitchcock pour un époustouflant final où rage et suspense méritent effectivement que sir Alfred demande des droits d’auteur.

 

Si le nom de Leslie Stevens vous est peu familier, il l’est autant pour moi. Je découvre ce premier film réalisé il y a 56 ans, dans la droite lignée du courant hitchcockien qui, une dizaine d’années auparavant, allait marquer à jamais de son empreinte le cinéma mondial. L’histoire de ces deux petites frappes qui squattent une maison pour surveiller les faits et gestes de leur voisine fait très rapidement penser à "Body double" de Brian de Palma et surtout  à «  Fenêtre sur cour ». Il est amusant alors d’entendre l’un des deux garçons se renseigner sur la présence dans…
Le film

Un premier film à l’époque (1960) du réalisateur américain Leslie Stevens, sur l’idée de deux hommes espionnant leur séduisante voisine qui tombera dans le filet patiemment posé par le charmeur et manipulateur Duke. Au cœur du voyeurisme et d’une Amérique portée par son âge d’or, l’ombre d’Hitchcock est ici suffisamment présente pour que le maître du suspense revendique une paternité. Leslie Stevens ne la lui conteste pas, posant cependant sa propre empreinte sur cet inquiétant thriller déjà marqué par l’interprétation discrète de Warren Oates ( le rôle veut ça ) aux côtés de Corey Allen – célèbre rival de James Dean dans « La Fureur de vivre » de Nicholas Ray (1955) . A mes yeux le plus « beau » personnage de ce ménage malmené, un comédien alors bien prometteur.

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