Accueil » A la une » « Les Fils de la Terre » d’Edouard Bergeon. Critique dvd

« Les Fils de la Terre » d’Edouard Bergeon. Critique dvd

  • Film: 4/5

L’histoire : 29 mars 1999. Christian Bergeon vient d’ingérer des pesticides. A 45 ans, il est l’exemple type de ces paysans français qui se battent jusqu’à la mort. 13 ans plus tard, Edouard Bergeon, devenu journaliste-reporter, nous introduit dans l’intimité de Sébastien Itard, agriculteur, producteur de lait dans le Lot, qui partage bien des points communs avec son père.


 

 

Edouard Bergeon, a réalisé ce documentaire en 2013, en suivant pendant un an une famille d’agriculteurs en très grande difficulté à Figeac dans le Lot. Une histoire qui s’apparente à celle de son père agriculteur qui s’est suicidé. Il avait 16 ans.

Ce documentaire est absolument poignant, d’une authenticité parfois incroyable, d’autant plus riche dans sa formulation cinématographique qu’il va nourrir six ans plus tard le film que réalisera Edouard Bergeon. « Au nom de la Terre ».

Plusieurs éléments du reportage se retrouvent effectivement dans le film dont les fameux agendas tenus par l’épouse. Au fil des mois il n’y a plus de rendez-vous, mais des réflexions, des pensées… Les carnets sont devenus des journaux intimes. Des écrits révélateurs, bouleversants sur la détresse morale et physique de cette famille.

Il y a aussi dans les analogies cette opposition frontale entre le père et le fils, d’autant plus soulignée que ni l’un ni l’autre ne tentent d’adoucir le climat devant la caméra. Une empoignade idéologique parfois violente qui fait dire que «  le poids du père est lourd à porter pour le fils qui reprend la suite ».

Cette mésentente aggrave l’état d’esprit du jeune homme usé par les travaux des champs, miné par l’ampleur d’une exploitation qu’il n’arrive plus à contrôler. C’est le début de sa dépression, une tentative de suicide prolongée par un internement psychiatrique contraint.

La tête un peu hors de l’eau, il évoque cette noire période avec aisance, tranquillité, et j’avoue que ça me surprend énormément. Cette capacité de se mettre en scène avec la satisfaction du bonheur retrouvé, quand son épouse dont il vient de se séparer n’arrive toujours pas à colmater les brèches de sa souffrance intime et familiale. Là encore, les enfants prennent la lumière du mal-être environnant.

Lueur d’espoir nous dit le réalisateur : la coopérative de distribution de lait qui voit le jour . Un final heureux, optimiste en tous les cas …

Film: 4/5 L'histoire : 29 mars 1999. Christian Bergeon vient d'ingérer des pesticides. A 45 ans, il est l'exemple type de ces paysans français qui se battent jusqu'à la mort. 13 ans plus tard, Edouard Bergeon, devenu journaliste-reporter, nous introduit dans l'intimité de Sébastien Itard, agriculteur, producteur de lait dans le Lot, qui partage bien des points communs avec son père.     Edouard Bergeon, a réalisé ce documentaire en 2013, en suivant pendant un an une famille d'agriculteurs en très grande difficulté à Figeac dans le Lot. Une histoire qui s’apparente à celle de son père agriculteur qui s’est…
Le documentaire

User Rating: Be the first one !

Voir aussi

« It must be heaven » de Elia Suleiman. Critique cinéma-VOD

Un conte burlesque sur l'identité, la nationalité et l'appartenance. Drôle et fantaisiste, mais sérieux quand même !

Laisser un commentaire