- 15 avril 2026 en salle | Drame

- De Cheyenne Carron
- |Par Cheyenne Carron
- Avec Dan Kadosh, Johnny Amaro
L’histoire : Joseph, 30 ans, chrétien , se consacre à sa petite chapelle perdue sur les terres du Moyen-Orient. Il rencontre des patrouilles de soldats israéliens et des religieuses dans un couvent. Dans ce contexte géopolitique tendu, il reste à l’écart du conflit et développe des relations amicales avec tous. Et plus fraternelles, avec Ruben, un soldat Israélien.
Si les étoiles n’apparaissent pas, reportez-vous à la fin de l’article
Peut-on croire à cette histoire modelée dans un lieu imprécis du Moyen Orient, un village totalement abandonné ? Un paysage à l’image d’une montagne reculée du Sud de la France. Paisible, bucolique, des soldats israéliens y patrouillent à la recherche de terroristes .Joseph qui vit seul dans une chapelle en ruines les croise souvent.
Un peu plus loin, un couvent a été menacé, mais les deux religieuses ne le quitteront jamais, assurent-elles . Joseph lui non plus ne partira pas …
Il va et vient dans ce décor enchanteur, paradisiaque dira la réalisatrice dont la mise en scène empreinte d’un humanisme à tout crin frôle l’ingénuité. Et pourtant Cheyenne Carron y met toute son énergie , scénariste et productrice , avant d’être la cinéaste à la foi incommensurable .
Elle assure également la régie. Il faut croire qu’elle ne fait pas partie de la « grande » famille du cinéma.
Son film, pacificateur à sa façon, étonnant de grâce et de ferveur , prône un monde meilleur, fraternel et pacifique.

Joseph, (Johnny Amaro) biblique et paisible en est la parfaite illustration. Il se lie d’amitié avec Ruben, un soldat israélien, puis recueille un militant palestinien , blessé. La conduite de son sauvetage est peu probable, on n’y croit pas vraiment, mais la main est tendue, le message d’amour, soutenu.
Sans détour cependant quand Joseph et Ruben évoquent les évangélistes américains, et leur soutien inconditionnel à la politique israélienne . « Ils ont cette croyance de réunir tous les juifs en Israël et le messie arrivera »
« Ce qu’ils ne disent pas » rétorque Joseph « c’est pour mieux les convertir au christianisme ».
Un renvoi de balles comme celles que dénonce Cheyenne Carron dans le conflit sans fin entre La Palestine et Israël . Avec en guise de réflexion, la frappe la plus récente et virulente sur Gaza .
C’est pourquoi au final elle renouvelle son appel à l’entente cordiale . Mais qui voudra l’entendre ? Des images très éloquentes, sans effet guerrier . Qui voudra les voir ?
Le film
Je suis un peu confondu par tant d’énergie dépensée ( Caron fait quasiment tout dans son film ) et tant de candeur malmenée par les faits dévastateurs sur le terrain. A la façon d’un conte, la réalisatrice évoque le conflit Israélo-Palestinien sur une terre paradisiaque .Un homme y vit quasiment en ermite dans une chapelle en ruine, léguée par son père. Des soldats israéliens à la recherche de terroristes lui rendent parfois visite. Il viendra en aide à un militant palestinien blessé au cours d’une traque. On ne la voit pas, la guerre n’est que rapportée. Les uns , les autres ne vont pas tarder à se retrouver , visant une communauté possible pour une entente cordiale. C’est tout le sens de ce film pacificateur , étonnant de grâce et de ferveur , qui prône un monde meilleur Un message de paix, d’amour et de tolérance qui peine à atteindre le final, par tant de sentiments vrais , écorchés au fil du récit . « Que faut-il pour arrêter ce carnage ? » demande l’un des protagonistes . Cheyenne Caron répond ici à sa façon. Mais qui voudra l’entendre ?
