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« Fellini Roma » de Federico Fellini. Critique Blu-ray

Synopsis: La vie à Rome de 1930 à nos jours vue par un de ses admirateurs, Federico Fellini. Fresque monumentale où réalité et fantasmes du réalisateur sont étroitement mêlés

La fiche du DVD / Blu-Ray

Le film : "FelliniI Roma Ed Luxe [ Collector Blu-ray + DVD]"
De : Federico Fellini
Avec : Federico Fellini, Anna Magnani, Marcello Mastroianni, Alberto Sordi, Gore Vidal
Sortie le : 23 janvier 2018
Distribution : Rimini Editions
Durée : 115 minutes
Film classé : Tous publics
Nombre de DVD / Blu-Ray : 4
Le film
Les bonus

Janvier 2018. Le meilleur dvd 

« Tu vois des gens qui travaillent, alors tu n’es pas à Rome ! »

Dans la filmographie du maître, ce film demeure une pièce maîtresse. Indispensable à la compréhension d’un créateur qui, évoquant sa jeunesse, parle de l’Histoire de son pays, et plus précisément d’une ville aux bouleversements gigantesques.

Ce qu’il traduit en son et en images de manière particulièrement violente, bruyante,anarchique, quand le burlesque et le tragique se disputent la nostalgie d’une Histoire qui s’efface au profit d’un avenir encore incertain. Fellini nous le montre déjà dans cette déambulation nocturne d’une équipe de tournage qui entre dans Rome par un contournement routier à peine terminé.

Un défilé de prostitués et de travestis, sous la pluie, salue la compagnie prolongée par ces usines presque modernes où le feu crache à plein régime. Une séquence intense qui nous raconte le temps qui passe, et se prélasse aux terrasses des restaurants où l’italien n’est jamais aussi bien représenté.

Vigueur et concordance des voix, chaleur des regards et des poitrines ouvertes, quand la concupiscence n’est ici qu’un péché d’orgueil pour dissiper malheur et trahison. On interrompt une représentation au music-hall pour lire un communiqué officiel du Duce, dont le portrait trône dans la classe où l’ordre et le silence rythment la saccade du bâton professoral.

Fellini allume les flammèches de son enfance (un plat d’escargots soulève une discussion inimaginable, voire tendancieuse) qui le rattrape autour d’un plateau de tournage où il est pris à partie. Le citoyen honnête et romain le prévient qu’il ne doit pas montrer n’importe quoi « au monde entier », surtout pas ces jeunes dépravés, drogués et hippies qui eux « s’inquiètent de la prise en compte ou non du contenu social et politique ».

Une scène mémorable magnifiquement conclue par une jeune femme qui crie à l’amalgame pour un réalisateur « qui ne sait même pas résoudre ses propres problèmes ».  Mais le plus beau est encore à venir dans la construction du métro où des fresques vieilles de 2.000 ans sont mises à jour et disparaissent aussitôt, polluées par l’air ambiant.

Un raccourci parfait de l’idée que Fellini se fait de son cinéma, et de l’Histoire de son pays. Une synthèse idéale d’un discours imagé en chapitres disparates où le réalisateur jette chaque fois une passerelle entre son enfance et le temps qui lui reste à filmer. « Huit et demi » avait déjà dix ans, mais « Amarcord », « Répétition d’orchestre », « Et vogue le navire » restaient encore à imaginer. Ça méritait bien une petite pause de nostalgie romaine !

LES SUPPLEMENTS

Janvier 2018. Le meilleur dvd  "Tu vois des gens qui travaillent, alors tu n'es pas à Rome !" Dans la filmographie du maître, ce film demeure une pièce maîtresse. Indispensable à la compréhension d’un créateur qui, évoquant sa jeunesse, parle de l’Histoire de son pays, et plus précisément d’une ville aux bouleversements gigantesques. Ce qu’il traduit en son et en images de manière particulièrement violente, bruyante,anarchique, quand le burlesque et le tragique se disputent la nostalgie d’une Histoire qui s’efface au profit d’un avenir encore incertain. Fellini nous le montre déjà dans cette déambulation nocturne d’une équipe de tournage qui…
Le film
Les bonus

Autour de ses souvenirs d’enfance et de ses phantasmes, Fellini fait un bilan de son existence, une dizaine d’années après « Huit et demi ». Des pièces maîtresses sont à venir comme « Amarcord », « Répétition d’orchestre », « Et vogue le navire ». On le voit alors déambuler dans Rome fourmillant aux terrasses des restaurants où la marque de Mussolini demeure très forte au cœur de l’éducation, de la religion et des manifestations qui des années plus tard laisseront encore des traces dans les relations entre la bourgeoisie italienne et sa jeunesse. C’est déjà tout ça « Fellini Roma » qui en séquence ou chapitre évoque le passé encore prégnant et l’avenir tout aussi indécis. La construction du métro où l’on découvre une villa romaine vieille de 2000 ans est à cet égard exemplaire. AVIS BONUS Les suppléments du DVD ne manquent pas d’attrait, mais dans la version collector, on ajoute encore du très bon : scènes coupées que Fellini retrouve et commente, témoignages des comédiens et comédiennes, et quasiment le making of de « Et vogue le navire » … Quand collector veut bien dire quelque chose.

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