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« El Reino » ( « Le Royaume » ) de Rodrigo Sorogoyen. Critique cinéma

Synopsis: Manuel López-Vidal est un homme politique influent dans sa région. Alors qu'il doit entrer à la direction nationale de son parti, il se retrouve impliqué dans une affaire de corruption qui menace un de ses amis les plus proches. Pris au piège, il plonge dans un engrenage infernal...

La fiche du film

Le film : "El Reino"
De : Rodrigo Sorogoyen
Avec : Antonio de la Torre, Monica Lopez
Sortie le : 17/04/2019
Distribution : Le Pacte
Durée : 131 Minutes
Genre : Policier, Drame
Type : Long-métrage
Le film

Le film est espagnol, mais Rodrigo Sorogoyen nous le rend familier. Quand il dénonce la corruption en Espagne, il la dénonce aussi chez nous.  Si proche d’une actualité hexagonale qui renvoie de temps en temps les riches et les puissants au fond d’une geôle.

Manuel Lopez-Vidal n’en est pas encore là, mais la machine qui s’emballe tranquillement lui montre un chemin qu’il va tout faire pour éviter. A la veille de grimper les échelons de sa direction nationale, le politicien local borde comme il peut une affaire embarrassante.

Mais la personne concernée réussit à tirer les marrons du feu, condamnant ipso-facto son ami de parti à prendre les coups et à porter le chapeau.

Ana Wagener est la chef du parti visé par le scandale.Des plombs doivent sauter et se retrouver en poste à Washington , par exemple , dit-elle à Manuel qui va refuser…

Lopez-Vidal n’a rien vu venir, mais le réalisateur est pourtant très clair dans sa démonstration : la haute hiérarchie en ainsi décidé et à lui désormais de suivre leurs recommandations pour éviter le naufrage collectif.

Ce que l’intéressé , trop orgueilleux dit-on, n’entend pas de la même oreille. Il va contre attaquer, par quelques escarmouches qui très vite deviennent pugilat. Une obstination totale. Antonio de la Torre la traduit très bien, avec pertinence, pour infliger à son personnage un parcours qui va détruire peu à peu tout ce qui pouvait encore le garder à flot.

Dans cette mécanique de l’ombre, les politiques s’agitent à la sauve qui peut, mais la moindre incartade vous élimine du réseau, puis de l’affiliation. Ses amis le lâchent , ses soutiens s’éloignent , assurant pour eux-mêmes une impunité dont Manuel ne se préoccupe même plus. Je l’appelle Manuel, il nous devient presque familier. Mais pas sympathique.

L’homme a perdu la bataille, il le sait, mais dans sa chute il ne sera pas tout seul.

Ce que révèle très bien la caméra de Sorogoyen et son scénario co-écrit avec la fidèle Isabel Pena. La complexité des magouilles, la finalité des manœuvres orchestrées en sous-main prennent ici une signification hautement symbolique et évidente, au regard de la traque que l’homme politique engage sans relâche.

Le suspect pourra toujours compter sur son épouse ( Monical Lopez, parfaite)

A en dépasser les bornes, comme s’autorise aussi le réalisateur dans un braquage nocturne  invraisemblable. Mais la séquence est tellement ahurissante et conforme au délire dont s’est emparé Lopez-Vidal qu’elle en devient plausible.

Aussi crédible que cette superbe mise à mort télévisuelle pour un homme qui pensait faire de ce média l’ultime levier de son combat…

Un scoop pour la presse. Des révélations. Un parti plongé dans le scandale. «  Tout va bien se passer  » lui assure la journaliste (Barbara Lennie). Mais le pouvoir protège le pouvoir se souvient trop tard l’interviewé. On ne lui pose pas les bonnes questions ….

Le film est espagnol, mais Rodrigo Sorogoyen nous le rend familier. Quand il dénonce la corruption en Espagne, il la dénonce aussi chez nous.  Si proche d’une actualité hexagonale qui renvoie de temps en temps les riches et les puissants au fond d’une geôle. Manuel Lopez-Vidal n’en est pas encore là, mais la machine qui s’emballe tranquillement lui montre un chemin qu’il va tout faire pour éviter. A la veille de grimper les échelons de sa direction nationale, le politicien local borde comme il peut une affaire embarrassante. Mais la personne concernée réussit à tirer les marrons du feu, condamnant…
Le film

Un polar dans le genre ibérique comme les cinéastes espagnols savent si bien les ménager. Sur un fond assez classique et une histoire tout aussi convenue ( la prévarication manifestée par le détournement de fonds et la fuite de capitaux en Suisse ) Rodrigo Sorogoyen use d’une technique particulière dans sa mise en scène pour clarifier un système que ses détenteurs tiennent à garder le plus secret et le plus obscur possible. La complexité des magouilles, la finalité des manœuvres orchestrées en sous-main prennent ici une signification hautement symbolique et évidente, au regard de cette caméra et de ce scénario qui nous éclairent joliment. Aidés en cela par le jeu sans excès mais pertinent d’ Antonio de la Torre, et très bien secondé par des comédiens comme Monica Lopez, Josep María Pou…

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