Dans une petite ville de province , Mija vit avec son petit-fils, collégien. C'est une femme excentrique, pleine de curiosité. Elle suit des cours de poésie et cherche la beauté dans son environnement.Un grave événement lui fait réaliser que la vie n'est pas aussi belle qu'elle le pensait.
| De Lee Chang-dong
En dvd le 05 janvier 2011 |
| Le film : | ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() |
Les bonus : | ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() |
Ces derniers temps le cinéma asiatique nous a proposé un regard sur la société des Philippines et de la Corée, qui à l’œil occidental peut paraître très étrange. Avec « Lola » de Brillante Mendoza (dans ce blog- en dvd le 06 octobre 2010 ) et « Mother » de Joon-ho Bong (toujours dans ce blog) une femme seule, grand-mère ou mère seule, est confrontée à une situation familiale pénible, engendrée par la conduite du fils ou du petit-fils de la maisonnée.
C’est encore la trame de « Poetry ». Dans une petite ville de province en Corée, une grand-mère élève son petit fils. Elle est aux petits soins pour cet ado qui ne lui prête guère attention, alors qu’elle est tout amour. Poétesse dans l’âme, elle prend des cours d’écriture et s’extasie devant un arbre en fleur. Jusqu’au jour où la beauté des choses s’estompe devant l’indicible réalité qui l’entoure.
Là où on imagine l’explosion de la cellule familiale, des tensions sans fin et l’inéluctable main mise de la morale et des codes de la société, c’est un tout autre scénario que Lee Chang-dong, nous révèle à travers un récit sans heurt , ni altercation. C’est toute son intelligence que de ramener le propos au niveau de la douceur et de la tendresse, même si le gamin est d’une insupportable indifférence, d’une ingratitude totale. Une attitude qui fait écho au comportement des adultes, qui face à l’acte monstrueux de leurs progénitures, ne pensent qu’à se protéger. Et comme dans les deux films précédemment cités, l’argent disent-ils sera le remède à tous leurs maux.
http://www.dailymotion.com/video/xe4za8
Ce cynisme cruel, s’ajoute à celui de l’establishment totalement corrompu. Un monde de brutes , totalement étranger à la mamie, maintenant prête à y sombrer, si son geste peut encore sauver la vie de son gamin.
Et là encore le réalisateur n’en fait pas des tonnes, et c’est toujours ce qui fait sa force. Il pose sa caméra à hauteur d’hommes et les laisse s’exprimer par leurs bassesses ou leur grandeur d’âme, comme cette femme magnifiquement interprétée par Yoon Hee-Jeong , qui depuis une quinzaine d’années n’avait pas remis les pieds sur un plateau de cinéma.
On la suit avec une grande attention dans sa quête parallèle pour le bonheur, quand face au déclin de son petit monde, elle se réfugie dans celui des rimes et des complaintes (quelques cours de poésie à rallonge et tirades ennuyeuses auraient pu cependant nous être évités). C’est son échappatoire, sa raison de vivre, pour retrouver cette mémoire qui bat la chamade, en même temps que toute sa raison de vivre lui file entre les mains.
Ce n’est pas le seul portrait juste de ce film Lee Chang-dong ayant le coup d’œil pour crayonner en quelque images des traits de caractères, des lignes de personnalité , le plus en vue étant l’inspecteur de police, poète lui aussi . S’il n’est pas encore concerné par l’enquête qui perturbe l’entourage, il pose lui aussi à sa façon la question de l’existence des mots, et de la signification de la poésie. Une fois sa tirade terminée, il y ajoute ses commentaires. Ils sont toujours très particuliers …
LES SUPPLEMENTS
Eric Libot, de L’Express, analyse le film , de manière très abordable. Il énumère les différents thèmes du film autour du thème principal. » On y parle de l’indicible, de l’irréel, de la douleur, de la beauté des choses.. Tout cela en apparence est contradictoire , et on voit comment le réalisateur s’y prend pour confronter ainsi les mots et les images, comme dans une poésie. Il détourne certaines règles du cinéma classique... ». C’est vraiment intéressant à suivre .

Une comédienne et son metteur en scène
Un peu à la façon d’un making of , on suit l’évolution du personnage principal et le regard du réalisateur . » Yoon Hee-Jeong est vraiment très connu chez nous , et elle n’avait pas tourner depuis quinze ans. Elle a fait tellement de films que cela m’inquiétait un peu de lui donner ce type de rôle ».
L’intéressé raconte qu’auparavant , elle ne laissait rien au hasard, « mais cette fois j’étais une feuille vierge » et on la suit alors sur plusieurs scènes de tournages , surprise de la réaction de son metteur en scène . « Vous n’auriez pas dit ok, uniquement pour me ménager » lui demande-t-elle . » 15 ans que je n’ai pas mis les pieds sur un plateau , il fallait bien que je me donne corps et âme. »
« Il y a enfoui au fond d’elle , une ardeur très puissante » poursuit Lee Chang-dong, « comme le personnage qu’elle interprète, mais elle ne le montre pas« .
Quelques poèmes
A lire et à méditer.













1 janvier 2011
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