Accueil » A la une » « Ce qu’il reste de nous » de Cherien Dabis. Critique cinéma

« Ce qu’il reste de nous » de Cherien Dabis. Critique cinéma

  • 11 mars 2026 en salle
  •  2h 25min | Drame
  •  | Par Cherien Dabis
  • Avec Saleh BakriCherien DabisAdam Bakri
  • Producteur exécutif : Mark Ruffalo

L’histoire : De 1948 à nos jours, trois générations d’une famille palestinienne portent les espoirs et les blessures d’un peuple. Une fresque où Histoire et intime se rencontrent.

Si les étoiles n’apparaissent pas, reportez vous à la fin de l’article

  • Le film   :  

Ce  film profondément familial raconte l’Histoire de la Palestine. De l’intime à la communauté,  la réalisatrice americano-palestinienne mêle son propre vécu, ses sentiments, à un fatras de violence inéluctable.

Enfant , elle a connu cette exode vers une terre incertaine quand son clan a dû quitter l’orangeraie familiale où Sharif imaginait résister à la pression sioniste.

Prisonnier, puis travailleur de force , le constat est sans équivoque pour cet homme qui toute sa vie durant ne vivra que dans le passé. Un constat assez pathétique de la part de Cherien Dabis qui en le retrouvant trente ans plus tard, à Naplouse ( Cisjordanie occupée) relève un état des lieux déplorable.

Sharif  (Mohammad Bakri) a vu grandir ses enfants, dont Salim, son préféré , marié et père d’un petit Noor, qui ne tient pas en place. La situation est plus qu’instable, le sort des réfugiés aléatoire, voués à la tyrannie des soldats .

Salim (Salah Aldeen Mai) s’est résolu à cet état de fait, quand son père manie l’ironie et le dédain pour se flageller de n’avoir pas su résister . Le combat de boxe qui se joue entre les deux hommes, Noor le suit dans la confusion des événements entretenus par l’occupant.

Un contrôle sans raison, une humiliation à venir

Le couvre -feu est à géométrie variable, l’humiliation constante. L’une d’elle va atteindre à jamais le cœur de la famille et mener Noor jusqu’à la révolte (Muhammad Abed Elrahman).

Un point de non-retour que Cherien Dabis inscrit dans son parcours telle une campagne humanitaire à l’intention du don d’organes. Plus qu’ un insert, voire un court-métrage à lui tout seul, cette séquence médicale intègre bien le parcours de Noor et de sa famille plongée dans un dilemme autant moral qu’administratif.

Une fin tragique où la mélancolie et la nostalgie pour un retour à Jaffa laissent en suspens les nombreuses questions essaimées par la lutte incessante de cette famille depuis 75 ans . Une fresque historique, rien que pour l’Histoire ?

11 mars 2026 en salle  2h 25min | Drame  | Par Cherien Dabis Avec Saleh Bakri, Cherien Dabis, Adam Bakri Producteur exécutif : Mark Ruffalo L'histoire : De 1948 à nos jours, trois générations d’une famille palestinienne portent les espoirs et les blessures d’un peuple. Une fresque où Histoire et intime se rencontrent. Si les étoiles n’apparaissent pas, reportez vous à la fin de l’article Le film   :   Ce  film profondément familial raconte l’Histoire de la Palestine. De l’intime à la communauté,  la réalisatrice americano-palestinienne mêle son propre vécu, ses sentiments, à un fatras de violence inéluctable. Enfant , elle a connu cette exode vers une terre incertaine…
Le film

Comment raconter aujourd’hui l’histoire d’un clan intimement liée à la grande Histoire du pays qui l’a vu vivre ? Que son origine remonte assez loin, un peu après la seconde guerre mondiale, et que sur votre terre, une autre guerre commence. Enfant, Cherien Dabis se souvient de l’exode du peuple palestinien et des années à vivre , réfugiés, entre la révolte des plus jeunes et la résignation de leurs parents. Ce portrait familial interroge la relation entre trois générations qui du grand-père au père, accordent au gamin devenu jeune homme , une sorte d’indépendance, un droit à l’autonomie. Une issue fatale que la réalisatrice dénonce face à l’assoupissement progressif du monde, dit-elle. Comment peut-on vivre quand  le passé vit encore dans le présent ? Comment guérir d’un traumatisme nié, mais qui perdure ? Si le récit s’attèle à la documentation historique  et à la mémoire familiale, la fin tragique nous ramène tout aussi tragiquement à la situation actuelle . Gaza, Jaffa, Naplouse , ces villes dont on entend parler dans cette fresque et dont on parle encore aujourd’hui pour le peu qu’elles tiennent encore debout …

User Rating: Be the first one !

Voir aussi

« Les dimanches » de Alauda Ruiz de Azúa. Critique cinéma

Un film lumineux , ca va de soi !

Laisser un commentaire