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« Annie Colère » de Blandine Lenoir. Critique cinéma

Synopsis: Février 1974. Parce qu’elle se retrouve enceinte accidentellement, Annie, ouvrière et mère de deux enfants, rencontre le MLAC – Mouvement pour la Liberté de l’Avortement et de la Contraception qui pratique les avortements illégaux aux yeux de tous. Accueillie par ce mouvement unique, fondé sur l’aide concrète aux femmes et le partage des savoirs, elle va trouver dans la bataille pour l’adoption de la loi sur l'avortement un nouveau sens à sa vie.

La fiche du film

Le film : "Annie Colère"
De : Blandine Lenoir
Avec : Laure Calamy, Zita Hanrot
Sortie le : 30/11/2022
Distribution : Diaphana Distribution
Durée : 120 Minutes
Genre : Comédie dramatique
Type : Long-métrage
Le Film

Une piqure de rappel plus que nécessaire en ces temps de retour à l’âge des aiguilles à tricoter. Le droit à l’avortement , en France, demeure inscrit sur les tablettes de la loi. Ici et là, il chancelle .

Il y a un an « L’événement » d’Audrey Diwan  a remis les pendules à l’heure. Aujourd’hui la réalisatrice Blandine Lenoir ( co-scénariste Axelle Ropert ) enfonce le clou de manière radicale. Auprès des femmes et de quelques hommes du MLAC, des médecins ,ce mouvement pour la liberté de l’avortement et de la contraception, qu’elle rencontre un an avant le débat sur la proposition de la loi Veil.

L’entreprise est illégale, mais pas clandestine. Dans l’arrière-boutique de la librairie où se tiennent les permanences, Monique (Rosemary Standley) et Hélène (Zita Hanrot ) accueillent ouvertement des femmes démunies.

Après plusieurs réunions au centre, les interventions se déroulent toujours au domicile de l’une des femmes enceintes.

Elles les écoutent, les conseillent avant d’envisager une possible intervention selon une méthode minutieusement documentée par la réalisatrice. Théorie, technique , de l’élaboration à la pratique, rien ne lui échappe.

Un engagement manifeste pour l’urgence au détriment de l’émotion.

Ce que vit Annie, une modeste employée confrontée à une grossesse indésirable. Quand elle pousse timidement la porte de la librairie, un monde totalement nouveau s’ouvre à elle. Une présence, une entraide, la solidarité.

Claudine ( India Hair) médecin a rejoint le mouvement et entend bien le confier pleinement aux femmes. Ses collègues masculins traînent les pieds…

Annie va franchir le pas, et puis tout donner pour offrir à ces femmes ce qu’on lui a procuré. Elle accueille, conseille et passe à l’acte chirurgical. Entre le risque et sa conscience, la modeste employée devenue cheville ouvrière est sur le chemin de l’émancipation que filme en continu la réalisatrice dans un film manifeste.

Laure Calamy en est à nouveau le porte-drapeau mais la raison demeure à hauteur d’une mise en scène sans tapage. On débat, on conteste,la rue demeure en dehors.

Du contact de l’acte interdit, de sa reconnaissance par un élan fraternel dans lequel les homologues masculins peinent à laisser un peu de place.

Dans un débat télévisé de l’époque un parterre d’hommes bien cravatés évoque une « sexualité vagabonde » . Delphine Seyrig fait entendre sa voix dissonante. Annie et ses copines ont applaudi. Le débat devenait public, ce n’était plus du cinéma.

Une piqure de rappel plus que nécessaire en ces temps de retour à l’âge des aiguilles à tricoter. Le droit à l’avortement , en France, demeure inscrit sur les tablettes de la loi. Ici et là, il chancelle . Il y a un an « L’événement » d’Audrey Diwan  a remis les pendules à l’heure. Aujourd’hui la réalisatrice Blandine Lenoir ( co-scénariste Axelle Ropert ) enfonce le clou de manière radicale. Auprès des femmes et de quelques hommes du MLAC, des médecins ,ce mouvement pour la liberté de l’avortement et de la contraception, qu’elle rencontre un an avant le débat sur la…
Le Film

Après « L’événement » d’Audrey Diwan  , Blandine Lenoir revient sur les années noires de l’avortement, un an avant l’adoption de la loi Veil. Avec un parti pris radical cette fois, l’observation clinique du travail des bénévoles du MLAC. Ces femmes aidées par quelques médecins hommes pratiquent au grand jour, mais en toute illégalité des interruptions de grossesses. De la théorie à la technique , de l’élaboration à la pratique, rien n’échappe à Blandine Lenoir dont l’engagement manifeste pour l’urgence se fait au détriment de l’émotion. Celle-ci ne pointe qu’au travers du quotidien de l’héroïne de plus en plus partagée entre sa vie privée et la nécessité sociale et humanitaire de rejoindre le mouvement  . Laura Calamy en est à nouveau le porte-drapeau mais la raison demeure à hauteur d’une mise en scène sans tapage. Et d’une direction d’actrices exemplaires : Zita Hanrot, India Hair, Rosemary Standley retroussent les manches, très convaincantes.

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