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« Slalom » de Charlène Favier. Critique cinéma-Bluray

Synopsis: Lyz, 15 ans, intègre une prestigieuse section ski-études du lycée de Bourg-Saint-Maurice. Fred, ex-champion, entraîneur, mise tout sur cette nouvelle recrue. Galvanisée par son soutien, elle s'investit à corps perdu, physiquement et émotionnellement. Lyz enchaîne les succès mais bascule rapidement sous l'emprise de Fred…

La fiche du film

Le film : "Slalom"
De : Charlène Favier
Avec : Noée Abita, Jérémie Renier
Sortie le : 19/05/2021
Distribution : Jour2fête
Durée : 92 Minutes
Genre : Drame
Type : Long-métrage
Le film
Les bonus

DVD : 24 août 2021

Où il est possible de remettre en question le principe des «  sports-études ».  Ou bien le pouvoir des entraîneurs de haut niveau sur des athlètes qui ne le sont pas encore réellement.

Quelques exemples flottent encore à la surface de l’eau quand la réalisatrice Charlène Flavier opte pour la cime des neiges. Là où Fred tente de retrouver un second souffle après avoir été champion.

Oublié aujourd’hui des circuits, il entraîne des espoirs, filles et garçons, pour retrouver un peu de sa prestance, de sa suffisance.

Une nouvelle arrivée, Lyz correspond au profil recherché.

C’est encore une ado,15 ans, bringuebalée dans un foyer qui n’existe plus. Le père est aux abonnés absents, et la mère fait son minimum pour combler les lacunes familiales. Lyz est douée mais déboussolée.

On le voit à quelques détours du regard, très noir quand elle ne saisit pas la portée des événements. Même ses victoires demeurent des énigmes devant son entraîneur qui la complimente et la relance sur les efforts à renouveler.

Elle est à ses yeux un corps pour gagner, un corps qu’il s’approprie dans la souffrance de chaque entraînement, et auquel il résiste. Il n’ose pleinement l’aimer, ou alors par détour et suggestion . Avant de la dominer, de la contraindre.

Charlène Favier filme cette possession dans l’intensité d’une étreinte qui n’est pas forcément partagée, mais nullement rejetée. Lyz est sans défense, sidérée , elle subit son emprise totale …

La caméra regarde alors ailleurs, dans les pensées de cette jeune fille qui devient femme, et ne l’imaginait certainement pas ainsi. Totalement bouleversée, elle fait face, et affronte celui qu’elle prenait pour un père éventuel, ou un amant possible .

Son autorité, celle du maître, pose-t-elle l’empreinte indélébile de son pouvoir ?  Un excès d’autorité, des abus sexuels ? Un viol !

De plus en plus déboussolée, Lyz perd pied dans son parcours scolaire. Autour de sa mère (Muriel Combeau) et de son professeur ( Marie Denarnaud ), la femme de son entraîneur, la jeune fille ne sait quoi répondre..

Dans l’ambiguïté de leurs rapports , Charlène Favier n’apporte aucune réponse à ces questions immédiates, évidentes . C’est dans le jeu indéfectible, dur et admirable de Jérémy Rénier qu’il faut chercher une raison d’être, cette impuissance masquée, face à l’innocence meurtrie de la jeune Noée Abita, extraordinairement juste.

Une très grande et belle révélation au cœur d’un premier film qui l’est tout autant.

LES SUPPLEMENTS

  • Rencontre avec la réalisatrice ( 26 mn ) . Charlène Favier explique son projet qui mettra longtemps à se formater. «  Il n’y avait aucune obsession de ma part, je n’étais pas consciente de ce que j’écrivais au cours de cette année passée à la Femis ».

Ses collègues du moment et les professeurs notent la scène de la voiture. «  C’est ton sujet, ce qui se passe à l’intérieur de cette voiture ».

 

Charlène Favier mesure «  l’énorme responsabilité que représente ce genre de thème. (…) Des choses qui stagnaient à l’intérieur sont remontées ».

En 2017 elle a bien du mal à convaincre les financiers. Le phénomène #meetoo , un an plus tard lui ouvre les portes.  « Mais je me questionnais sans arrêt, s’agit-il bien d’un viol ? Je questionnais en fait ce que j’avais vécu, je faisais mon analyse… ».

Elle dit aussi tout le bien qu’elle pense de son équipe, et ce n’est pas de la langue de bois, mais un langage de cinéma qui nous montre ainsi la voie qu’elle mène dans cet univers. L’entendre parler de son expérience anglaise sur le langage des corps est à ce titre passionnant.

  •  Rencontre avec Noée Abita. Pour le rôle, la jeune comédienne n’hésite pas à mentir. Le ski elle adore, mais ne l’a jamais vraiment pratiqué. «  Ce n’était pas mon milieu et un mois avant le tournage je suis partie en montagne pour me créer une enveloppe physique, charnelle, apprivoiser ce milieu quand même assez hostile ».

Noée Abita reconnait aussi que «  le sujet était dur à porter, émotionnellement ( … ) mais on faisait tous le même film et c’était bien ».

  • Rencontre avec Jérémy Rénier. «  Je me suis posé beaucoup de questions sur les rapports complexes entretenus entre les deux protagonistes , et le rapport dominant-dominé. J’avais besoin d’humaniser mon personnage malgré son comportement ».

Il dit lui aussi le bonheur d’avoir travaillé avec Charlène Favier, et comme Noée Abita évoque sa folle énergie. Là encore, ce n’est pas de la langue de bois .

 « Odol Gorri » de  Charlène Favier. Avec Noée Abita, Olivier Loustau, Jisca Kalvanda ( 25 mn ) –

Éva, quinze ans, s’enfuit de son centre éducatif pour délinquants mineurs. Arrivée au port du village, elle se cache sous une bâche. Mais très vite, elle se retrouve en pleine mer avec les hommes d’équipage.

Une ébauche semble-t-il du long métrage «  Slalom » et déjà toutes les attentes du scénario confirmées sur une réalisation au cordeau. L’interprétation est nickel et Olivier Loustau sort enfin de l’ombre .

DVD : 24 août 2021 Où il est possible de remettre en question le principe des «  sports-études ».  Ou bien le pouvoir des entraîneurs de haut niveau sur des athlètes qui ne le sont pas encore réellement. Quelques exemples flottent encore à la surface de l’eau quand la réalisatrice Charlène Flavier opte pour la cime des neiges. Là où Fred tente de retrouver un second souffle après avoir été champion. Oublié aujourd’hui des circuits, il entraîne des espoirs, filles et garçons, pour retrouver un peu de sa prestance, de sa suffisance. Une nouvelle arrivée, Lyz correspond au profil recherché. https://www.youtube.com/watch?v=lmyCxRCEggE&ab_channel=FilmFrancophoned%27Angoul%C3%AAme…
Le film
Les bonus

On imagine dans un premier temps que «  Slalom » va traiter de l’intransigeante discipline imposée par le système des «  sports-études ». On évoque le sujet, et puis très rapidement l’emprise des entraîneurs sportifs sur leurs protégé(e)s donne au récit sa connotation très actuelle autour du harcèlement sexuel. Ce sur quoi la réalisatrice, Charlène Favier, qui a eu à connaître ce milieu et ses agissements, pose un regard presque neutre, nullement manichéen, sur une situation qui aux yeux de la société – pour ne pas dire la loi – est répréhensible. Dans l’ambiguïté des rapports entre cet homme marié et cette adolescente sans réelles attaches familiales , Charlène Favier soulève bien des questions , et n’apporte aucune réponse immédiate, évidente . C’est dans le jeu indéfectible, dur et admirable de Jérémy Rénier qu’il faut chercher cette raison d’être, cette impuissance masquée, face à l’innocence magnifique mais meurtrie de la jeune Noée Abita. Une très grande et belle révélation au cœur d’un premier film qui l’est tout autant.

Avis Bonus Trois entretiens qui relèvent vraiment du langage cinématographique ( contraire : langue de bois ) prolongés par un excellent court-métrage . Un bonheur de dvd .

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2 Commentaires

  1. Noée Abita avait déjà été révélée dans son premier film Ava où elle crevait déjà l’écran

  2. Effectivement, mais je n’ai pas vu ce film, et depuis j’ai beaucoup entendu de belles choses sur cette comédienne plus que prometteuse

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