- Salle : 1962

- Reprise : 12 août 2026
- Japon | 95 mn
- Noir & Blanc
- Nouvelle Restauration 4K
- Avec Toshiro MIFUNE, Tatsuya NAKADAI, Keiju KOBAYASHI, Yuzo KAYAMA, Reiko DAN
- Par Ryuzo KIKUSHIMA, Hideo OGUNI, Akira KUROSAWA
L’histoire : Neuf jeunes samouraïs pensent avoir enfin réglé les problèmes de corruption qui gangrènent leur clan grâce à leur alliance avec l’inspecteur Kikui. Ils déchantent lorsqu’un inconnu leur annonce qu’ils ont été bernés .
Ils devront leur salut grâce à l’aide de cet homme mystérieux : Sanjuro, un ronin aussi fruste que fin stratège ….
Si les étoiles n’apparaissent pas, reportez vous à la fin de l’article
D’après le roman de Shugoro YAMAMOTO
C’est un peu le vengeur masqué , solitaire, mystérieux. Inconnu de la communauté qu’il entend rejoindre, il la prévient des méfaits du clan adverse et se propose de lui venir en aide.
Ce qu’il fait avec brio .Il subjugue les jeunes samouraïs, qui pourtant à la moindre incartade retombent dans leurs travers . Sanjuro est toujours là pour les rattraper et sans la patte tout aussi habile de Kurosawa, son œil amusé, l’histoire n’irait pas plus loin…
Le réalisateur applique une somme de connaissances scéniques propres au film d’aventure qui imperceptiblement se transmue en film psychologique .
Ce sont toujours de belles figures quel que soit le camp , à l’image de ce Muroto (Tatsuya Nakadai) , bras droit du tyrannique Kikui à l’origine du piège tendu. L’aspect le plus sérieux que chahute joyeusement Sanjuro qui sous des aspects vulgaires et négligés s’avère être un tacticien hors pair . Toshiro Mifune, bien évidemment
On n’en saura pas plus sur cet individu , et c’est bien dommage. Dans tout ce qu’il administre, il pourrait être « Le dernier samouraï », un redresseur de torts et d’une morale à jamais bafouée par les luttes intestines des clans.
Avec cette fois une image très forte de femme : l’épouse du chambellan qui au milieu de la tempête prône la sérénité. « Vous êtes un sabre sans fourreau » prévient-elle le ronin et « un bon sabre doit rester dans son fourreau » . Désarmer Sanjuro, il fallait le faire !
- Une rétrospective marquante au cinéma : « La Forteresse cachée » -« Le Château de l’araignée », et « Sanjuro »
Le film
Suite à l’énorme succès de Yojimbo sorti l’année précédente, la Toho réclame une suite au plus vite. « Sanjuro » fait donc office, mais peut se voir en toute indépendance, l’histoire ici n’étant pas forcément le plus grand souci de Kurosawa. Le réalisateur met à profit cette commande inattendue pour faire un peu le point sur son travail . Une application de ses connaissances scéniques propres au film d’aventure qui imperceptiblement se transmue en film psychologique devant le développement qualitatif des principaux personnages. Kurosawa s’amuse ici à démythifier le genre du film de samouraïs au profit de la comédie, délaissant même au final son héros qui s’en va en gardant totalement son mystère. Sa seule faiblesse aura été d’écouter la femme du chambellan qu’il sauvera de la mort. En lui conseillant de ne pas utiliser sa force habituelle (« un bon sabre doit rester dans son fourreau ») il sera pour la première fois désarmé, sans combattre. Il fallait le faire !
