dimanche , 6 septembre 2026

« La Forteresse cachée » d’Akira Kurosawa. Critique cinéma

  • 17 juin 1964 en salle
  • Reprise 12 août 2026
  •  2h 19 mn
  • Aventure, Drame
  • Par Akira Kurosawa, Ryuzo Kikushima
  • Avec Susumu Fujita, Toshirô Mifune, Takashi Shimura
  • Studio Carlotta

L’histoire : Un groupe formé d’un général, de deux paysans et d’une princesse qui détient le trésor du clan va tenter de rejoindre un territoire ami à travers les affres de la guerre civile du XVIème siècle japonais.

Si les étoiles n’apparaissent pas, reportez vous à la fin de l’article

  • Le film   :  

Ours d’Or au Festival de Berlin de 1959

« Encore cette tête » dit la princesse à son protecteur, « elle suinte la loyauté ».

C’est une route semée d’embûches. Une poursuite incessante pour échapper aux soldats et préserver l’or qui permettra de remettre à flot un empire anéanti. Une princesse qui se cache, un protecteur Rokurota et deux abrutis débarqués là un peu par hasard.

Matashishi et Tahei accumulent toutes les tares. Ils n’arrêtent pas de se chamailler pour avoir toujours plus. Quand il s’agit d’or, leur cupidité doublée d’une stupidité rare ravive les querelles que Rokurota  maîtrise de plus en plus difficilement.

Toshirô Mifune au coeur de la mise en scène de son fidèle réalisateur.

Les conséquences souvent fâcheuses peuvent-être catastrophiques devant la menace qui leur fait craindre d’être à tout moment démasqués. Ironique, un brin machiste, mais obligatoirement respectueux, le samouraï met la princesse au défi de faire la muette pour ne pas être repérée. Comme c’est une fille cela lui sera difficile pense-t-il tout en haut.

La belle s’exécute et se tait, ses yeux parlent pour elle. Elle sait qu’elle est l’espoir d’un peuple perdu et pour le reconquérir, il lui faut faire preuve d’abnégation et de patience.

Une détermination à toute épreuve que Kurosawa élève au rang de l’honneur d’un blason, celui du combat féminin au cœur de celui des hommes. Il le traduit dans une aventure picaresque qui ne manque pas de piquant, mais aussi de longueurs chevaleresques dans un japon médiéval, pauvre et cruel.

Ces personnages sont pourtant le plus souvent assez drôles, bien évidemment contrôlés par les deux pieds nickelés de service quasiment de tous les plans. Un humour pour alléger un propos quasi séditieux. On dit que George Lucas aurait pioché dans le discours pour alimenter celui de « Star Wars » . Ces américains auront décidément beaucoup pris à Kurosawa.

Un film d'aventures dans lequel Kurosawa prend beaucoup de plaisirs à caricaturer son couple de héros, deux malheureux paysans, stupides et cupides. Ils se chamaillent sans cesse et créent des imbroglios qui risquent de mettre en péril la princesse qu’ils accompagnent sans le savoir en compagnie d’un valeureux samouraï. Leur chemin est bien évidemment pavé de quelques anicroches favorables aux duels que le cinéaste sublime une fois encore dans la confrontation entre le samouraï protecteur (Toshirô Mifune) et le chef du clan vainqueur les Yamana. Le réalisateur agrémente le tout d’un regard souvent drôle, ou léger, comme pour mieux faire oublier que ce Japon, bien que médiéval suinte de la misère populaire et croule sous les guerres.

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