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« Lutine » d’Isabelle Broué. Critique cinéma

Un film auto-produit et tourné avec un appareil photo . Isabelle Broué multiplie les chausse-trappes...

Synopsis: Une réalisatrice tourne, précipitamment, un documentaire sur le lutinage – aussi appelé polyamour, ou l’art des amours plurielles. Jouant avec les émotions et les sentiments – surtout ceux des autres – brouillant les pistes entre réalité et fiction, elle prend des risques … Son couple y résister a-t-il ? Finira-t-elle son film ?

La fiche du film

Le film : "Lutine"
De : Isabelle Broué
Avec : Isabelle Broué, Mathieu Bisson
Sortie le : 04/04/2018
Distribution : Lutine & Cie
Durée : 97 Minutes
Genre : Comédie
Type : Long-métrage
le film

L’argument du film est sans appel : les amours plurielles, prévenances, indigences et liberté. Mon résumé perso sur une oeuvre non identifiée qui livre pleinement le polyamour au microscope de l’introspection.

Sous le regard faussement hagard et confondu de la réalisatrice, Isabelle Broué, en pleine effervescence, quand les amours conjuguent sentiments et passions. C’est la quête de son film certifiée par le témoignage de quelques pratiquants-pratiquantes, sous l’œil attentif de la papesse du genre, Françoise Simpère, ( « Aimer plusieurs hommes», «Le Guide des Amours plurielles »).

Elle est prévenante (« on a écrit tellement de conneries »)  claire et sans détour sur un sujet qu’elle vit depuis des lustres. « Aimer plusieurs personnes c’est naturel en sachant aussi que l’amour dont je parle c’est un éventail de relations (… ) la passion c’est une pathologie ».

Elle dit aussi : «  Le polyamour vous oblige à  remettre en cause des tas de préjugés  et à chercher vous-mêmes quelles sont vos certitudes ». Françoise Simpère exprime des choses simples et sensées quand Philippe Rebbot s’empare du phénomène.

Cherchez l’erreur !

Le comédien se voit attribuer le rôle du petit copain de la réalisatrice : Mathieu Bisson « refuse » d’apparaître dans ce qui est devenu une fiction . Isabelle Broué joue son propre rôle. Quand son ex débarque (Bruno Slagmulder) et demande-lui aussi  à ne pas être filmé.

Vous suivez ?

Même Rebbot ne comprend plus  les tenants et aboutissants de son aventure. A’l’image de Agathe Dronne qui demande à Laurent Lederer s’il est polyamoureux. «  Non je suis comédien » répond-il.

Une séquence merveilleuse et significative de l’imbroglio scénaristique que concocte la cinéaste à chaque rencontre. Elle relève sur son ordi, scène après scène, les ressorts d’un script qui peu à peu lui échappe. Prise à son propre piège, tantôt fiction, tantôt documentaire, Isabelle Broué ne sait plus où elle en est.

L’aveu, fastidieux, ressemble à un nouvelle provoc de la réalisatrice confondue par cette mise en scène du désir. Celui qui naît dans l’apprentissage des images pas toujours cadrées, du son aléatoire , et d’une direction d’acteurs bien souvent improvisée.

Un film apparaît, un documentaire s’achève.

Anne Kreis dans le rôle de la mère d’ Isabelle Broué, une seule apparition mais une scène formidable entre lard et cochon …

 « Le polyamour est un principe féministe. Chaque partenaire a les mêmes droits , car pour un homme devenir polyamoureux c’est renoncer à son privilège d’homme . Il dit je t’aime à une femme et lui dit « tu es aussi libre que moi ».

Faut-il être polyamoureux pour énoncer l’évidence ? Vous avez 1 h 37 pour rendre votre copie , le temps que dure le film . Un peu longuet parfois, mais jubilatoire.

L’argument du film est sans appel : les amours plurielles, prévenances, indigences et liberté. Mon résumé perso sur une oeuvre non identifiée qui livre pleinement le polyamour au microscope de l’introspection. Sous le regard faussement hagard et confondu de la réalisatrice, Isabelle Broué, en pleine effervescence, quand les amours conjuguent sentiments et passions. C’est la quête de son film certifiée par le témoignage de quelques pratiquants-pratiquantes, sous l’œil attentif de la papesse du genre, Françoise Simpère, ( « Aimer plusieurs hommes», «Le Guide des Amours plurielles »). Elle est prévenante (« on a écrit tellement de conneries »)  claire et sans détour sur un sujet…
le film

« Et toi tu es polyamoureux ? » « Non je suis comédien ! » Ce dialogue -excellent, drôle- entre Agathe Dronne et Philippe Rebot situe bien le niveau d’interprétation d’un film totalement décomplexé vis-à-vis des codes du cinéma. Isabelle Broué la réalisatrice qui joue son propre rôle quête à travers des rencontres réelles le sens et la valeur des amours plurielles. Pour en revenir plus simplement à la question de la relation amoureuse. C’est un documentaire assumé quand Philippe Rebot intervient pour jouer le petit copain de la réalisatrice. Je passe sur les détails, mais très vite sa participation fixe d’autres barrières à l’entreprise scénaristique qui devient clairement une fiction. C’est du moins ce que je crois, tant la liberté du jeu et de la réflexion interfère sur l’état d’esprit d’un film engagé et sincère, sans être docte , ni militant. Qui est qui, qui fait quoi ? La réalisatrice brouille sciemment les pistes et se prend à son tour les pieds dans le tapis. Ca peut agacer, mais d’un point de vue cinématographique c’est un exercice jubilatoire. Un peu longuet, peut-être, mais jubilatoire.

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