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« En liberté » de Pierre Salvadori. Critique cinéma

Synopsis: Yvonne jeune inspectrice de police, découvre que son mari, le capitaine Santi, héros local tombé au combat, n’était pas le flic courageux et intègre qu’elle croyait mais un véritable ripou. Déterminée à réparer les torts commis par ce dernier, elle va croiser le chemin d’Antoine injustement incarcéré par Santi pendant huit longues années. Une rencontre inattendue et folle qui va dynamiter leurs vies à tous les deux.

La fiche du film

Le film : "En liberté !"
De : Pierre Salvadori
Avec : Adèle Haenel, Pio Marmai
Sortie le : 31/10/2018
Durée : 108 Minutes
Genre : Comédie
Type : Long-métrage
le film

Ce film est reparti bredouille de la Quinzaine des réalisateurs. Logique, il s’est trompé de festival. Au Groslandais de Toulouse, Pierre Salvadori aurait fait un malheur sur un tempo aussi décalé que celui d’une femme flic en quête de rédemption. Pour réparer les malversations de son défunt de mari policier, qu’elle portait aux nues alors que le bougre était ripou.

Cette histoire, déjà tordue à l’origine dérape complètement quand la dame se rapproche alors d’un individu injustement condamné à cause de son époux. L’homme ignore bien évidemment tout de la dame qui le sauve d’une noyade suicidaire et à laquelle il se raccroche maintenant comme à une bouée de sauvetage.

Logique, toujours. Il s’agit d’Adèle Haenel à qui on ne peut rien refuser, surtout pas le talent à nouveau déployé.

Son homme , l’employé modèle et raisonnable sort de prison, elle ne le reconnait plus

Mais les huit années passées à l’ombre d’un cachot ont transformé l’innocent mouton en bête sauvage. Quand il se lâche Antoine ne se contient plus et ravage tout sur son passage. Yvonne comprend ce besoin de défoulement, mais son épouse Agnès n’arrive plus à suivre ses escapades insensées.

Antoine vole les gens, frappe les victimes et mord leurs oreilles. Pour un rien, parfois une vexation. C’est drôle, quand Pierre Salvadori met en scène cette violence dans les bras du pauvre Pio Marmai à qui on donnerait le bon dieu sans confession. En toute logique, bien évidemment.

Mais la logique n’est pas de ce monde découvre Yvonne quand elle raconte l’histoire à son petit garçon le soir pour l’endormir. Celle de Jean, son  papa héros cueillant la vermine dans son repaire HLM. Au fil des épisodes et des séquences renouvelées (Vincent Elbaz s’amuse comme un petit fou), le papa perd chaque fois de sa superbe. Louis (Damien Bonnard), un collègue de bureau follement amoureux de la femme de Jean , lui révèle tous les dessous de l’affaire.

Imbroglios et quiproquos pour une comédie à la française qui se démarque du genre en adoptant celui de Dupieux et d’un « Jeeg Robot » sauvé des eaux. Plus que déjanté, désordonné dans la manière de vivre sa différence et celle des autres surtout peu coutumier du non-sens pratiqué comme une vérité première.

Salvadori filme beaucoup en décalage, des dialogues joliment fournis pour le grisbi aux images rapportées sur des variations, de ton et de rythmes, amusantes. Ce qui fait aussi de la fantaisie une farce sensible et émouvante, à l’image d’Audrey Tautou toute mignonne dans son désenchantement. La manière dont elle demande à refaire la scène d’entrée au domicile conjugal à son mari tout juste libéré est un bel exercice de style. La classe.

Ce film est reparti bredouille de la Quinzaine des réalisateurs. Logique, il s’est trompé de festival. Au Groslandais de Toulouse, Pierre Salvadori aurait fait un malheur sur un tempo aussi décalé que celui d’une femme flic en quête de rédemption. Pour réparer les malversations de son défunt de mari policier, qu’elle portait aux nues alors que le bougre était ripou. Cette histoire, déjà tordue à l’origine dérape complètement quand la dame se rapproche alors d’un individu injustement condamné à cause de son époux. L’homme ignore bien évidemment tout de la dame qui le sauve d’une noyade suicidaire et à laquelle…
le film

Chaque spectateur peut apprécier ce genre de film en y trouvant chaque fois des raisons différentes pour adhérer à la loufoquerie ambiante qui n’est jamais dénuée de sensibilité et d’émotion réelle. Que la femme policière d’un policier ripou décédé décide de se rapprocher d’un jeune homme condamné à tort par son mari porte déjà l’intérêt du récit à un point névralgique. Comment Salvadori va-t-il se sortir de cette impasse scénaristique sinon par le truchement d’une comédie à la française qui fait dans l’inédit et l’originalité. Pour l’esprit ça se rapprocherait de Dupieux (« Au poste »), pour la forme et le fond c’est Salvadori en personne qui mène la barque avec des personnages parfaitement assumés par des comédiens aussi décalés que l’image que l’on peut s’en faire habituellement. Certaines scènes sont volontairement grotesques, d’autres plus assumées dans la fantaisie. C’est un film qui ne dit pas ce qu’il raconte et ne montre pas ce que l’on voit. Imprévisible, logique, subtil.

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