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« Continuer » de Joachim Lafosse. Critique cinéma

Le cheval est un compagnon indispensable au Kirghizistan, il l'est également pour nos deux héros

Synopsis: Sibylle, mère divorcée, ne supporte plus de voir son fils adolescent sombrer dans une vie violente et vide de sens. Elle va jouer leur va-tout en entraînant Samuel dans un long périple à travers le Kirghizistan. Avec deux chevaux pour seuls compagnons, mère et fils devront affronter un environnement naturel aussi splendide qu’hostile, ses dangers, son peuple… et surtout eux-mêmes !

La fiche du film

Le film : "Continuer"
De : Joachim Lafosse
Avec : Virginie Efira, Kacey Mottet Klein
Sortie le : 23/01/2019
Distribution : Le Pacte
Durée : 84 Minutes
Genre : Drame, Aventure
Type : Long-métrage
Le film

Adapter Mauvignier ! Le théâtre en est coutumier, pas le cinéma . Joachim Lafosse tente l’aventure, au grand sens du mot qui nous mène dans les plaines désertiques du Kirghizistan. Une  mère à l’abandon et son fils tout aussi paumé foulent cette terre inconnue.

Pour retrouver ce qui manque de la passion d’autrefois, de leurs sensations primales. C’est un road-movie particulier, une forme d’introspection en duo, à dos de cheval, monture tranquille et complice.

Pour contempler ces paysages baignés par un soleil qui ne se montre pas, mais toujours à perte de vue. Une lumière étonnante porte le couple dans son silence énigmatique et pesant. Une tension palpable dans les regards et les silences.

Après l’adaptation, la convocation : Virginie Efira dans ce rôle âpre et solitaire, à quelques idées d’une image plus formatée… Autre écueil du cinéaste totalement évacué par la personnalité de l’actrice qui mène sa monture au rythme de ce récit chahuté par un partenaire, son fils et son contraire, si proche et si différent.

Opposé à ce qu’elle veut entendre, Kacey Mottet Klein est lui aussi conforme à la nature d’un scénario qui le dit rebelle et insatisfait. D’une extrême violence trop contenue pour ne pas souffler sur les braises de la mésentente qui ravive un peu l’espoir…

« On s’engueule, c’est déjà ça… » dit la mère au petit matin d’un bivouac agité. Pour le gamin apeuré par les bruits des bêtes sauvages, les contrebandiers de passage, peut-être des brigands. Il les fait fuir mais c’est lui qui a peur.

Sibylle feint le courage, résolu dans sa mission, apaisante comme cette terre infinie où les hommes des villages l’accueillent bras ouverts. Ces hommes raisonnables lui apprennent la sagesse des corps et des cœurs mêlés. Et aussi l’art de ferrer un cheval. Une science, une philosophie plus qu’une technique.

Tout ce que Joachim Lafosse révèle entre poésie et beauté solitaire, le chant du paisible et de la sérénité. Ça parait si loin aujourd’hui toute cette quête de plénitude. Virginie Efira, telle qu’elle-même !

Adapter Mauvignier ! Le théâtre en est coutumier, pas le cinéma . Joachim Lafosse tente l’aventure, au grand sens du mot qui nous mène dans les plaines désertiques du Kirghizistan. Une  mère à l’abandon et son fils tout aussi paumé foulent cette terre inconnue. Pour retrouver ce qui manque de la passion d’autrefois, de leurs sensations primales. C’est un road-movie particulier, une forme d’introspection en duo, à dos de cheval, monture tranquille et complice. Pour contempler ces paysages baignés par un soleil qui ne se montre pas, mais toujours à perte de vue. Une lumière étonnante porte le couple dans son silence énigmatique et…
Le film

Une mère et son fils en désaccord profond s’accordent difficilement sur un voyage à cheval à travers le Kirghizistan, histoire pense la mère de renouer. Le fiston rebelle et entêté ne voulait pas faire ce périple qui se révèle effectivement périlleux jusqu’au clash en présence des habitants d’un village jusque-là bien paisible. Avec le temps et la patience, c’est peut-être eux qui montreront le chemin de la réconciliation. Au milieu d’un paysage magnifique et puissant dans sa beauté solitaire, Virginie Efira et Kacey Mottet Klein s’accordent à la quête d’absolu et de plénitude d’un réalisateur décidément très exigeant, mais parfaitement intègre avec son art et sa technique.

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4 Commentaires

  1. Une belle adaptation du roman de Mauvignier qui sait dire l’intranquillité du chemin, et l’impossible acceptation qu’une mère soit aussi une femme. La démarche n’est jamais simple quand la crainte de l’attachement est synonyme d’abandon déjà éprouvé et que l’attente, le cœur demeurent ceux d’un enfant dans un corps d’homme.
    2 acteurs au top dans ce décor qui invite à la résistance.

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