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« Ashkal, l’enquête de Tunis » de Youssef Chebbi. Critique cinéma

  • En salle : 25 janvier 2023.-
  • 1h 32min .-
  • Avec Fatma Oussaifi, Mohamed Houcine Grayaa, Rami Harrabi.-

L’histoire : Dans un des bâtiments des Jardins de Carthage, quartier de Tunis créé par l’ancien régime mais dont la construction a été brutalement stoppée au début de la révolution, deux flics, Fatma et Batal, découvrent un corps calciné. Alors que les chantiers reprennent peu à peu, ils commencent à se pencher sur ce cas mystérieux. Quand un incident similaire se produit, l’enquête prend un tour déconcertant.

  • Film : 

Festival Cinéma Méditerranéen Montpellier : Grand Prix,  Prix de la critique et de la meilleure musique

Un fait divers ( crime ou suicide ?  ) qu’il ne faut pas divulguer. L’économie repart dans ce quartier des «  Jardins de Carthage », elle  pourrait en pâtir. La révolution tunisienne n’est plus qu’un écho et ce promoteur soupçonné d’une mort violente sur sa domestique semble bénéficier du silence de certains policiers.

Lassad a tardé à prévenir ses collègues de la découverte d’un corps calciné près des bâtiments en construction.

Quand ils débarquent sur le terrain, le cadavre est déjà enterré.

Au pied de l’immeuble  d’où on les observe, les flics règlent leur compte. L’un d’entre eux n’a pas révélé la disparition de la domestique.

 

Fatma, une jeune policière et son chef Batal engagent leurs investigations, conscients de la fragilité de l’affaire. Peu de témoins, un homme en capuche qui « passe le feu », disent-ils, des immolations qui maintenant se succèdent. Pas de contusions…  Les victimes ne se débattent pas …

Dans la coulisse, une commission de réconciliation se réunit pour la première fois afin de statuer sur la dictature et ses forfaits (photo). Réparer le passé, réconcilier le peuple avec son pays…

La police est dans le viseur, Batal (Mohamed Houcine Grayaa) parmi les suspects de l’époque. Celle pendant laquelle «  on obéissait aux ordres » dit-il à ses proches. Ca tiraille un peu partout …

Le décor est presque naturel. Des bâtiments en attente de reconstruction. Le réalisateur se faufile aisément dans ses couloirs sans porte, ni fenêtre, sans issue, sinon le grand vide de la capitale.

Sa caméra en explore les tréfonds,  là où le criminel parait avoir élu domicile. On voudrait fuir, mais la lueur d’une torche humaine nous rappelle à la vigilance. Le feu, la flamme, ce personnage énigmatique.

L’envoûtement est total, hypnotique. La confusion joue sur le thriller politique et le  brûlot fantastique, dans ce Tunis à peine reconstruit où se perdent des policiers désemparés par des crimes sacrificiels.

Personne n’est clair mais tellement réel dans la résolution affichée sur l’état de la société tunisienne. On croyait cauchemarder, on rêvait simplement d’un autre monde.

En salle : 25 janvier 2023.- 1h 32min .- Avec Fatma Oussaifi, Mohamed Houcine Grayaa, Rami Harrabi.- L'histoire : Dans un des bâtiments des Jardins de Carthage, quartier de Tunis créé par l'ancien régime mais dont la construction a été brutalement stoppée au début de la révolution, deux flics, Fatma et Batal, découvrent un corps calciné. Alors que les chantiers reprennent peu à peu, ils commencent à se pencher sur ce cas mystérieux. Quand un incident similaire se produit, l'enquête prend un tour déconcertant. Film :  Festival Cinéma Méditerranéen Montpellier : Grand Prix,  Prix de la critique et de la meilleure…
Le film

Certains se demandent si ce monde est bien sérieux, Youssef Chebbi s’inquiète avant tout de savoir s’il existe réellement. En compagnie de son co-scénariste, François-Michel Allegrini,  il écrit une histoire où les protagonistes ( flics et victimes ) se perdent dans une même bulle confusionnelle, où aucune issue ne semble possible. Des hommes enquêtent sur des immolations en série au cœur de Tunis à peine remise de sa révolution. Une commission de réconciliation tente de remettre l’Histoire de ce pays en ordre de marche. Elle vise parfois ces inspecteurs de police qui à l’époque encadraient la dictature de manière très servile… Il faut oublier, effacer, mais l’implication indirecte de la commission dans les investigations, via les immolations, l'ensemble dessine une société qui se terre et devient témoin actif. Si la parole se libère , il faut surtout qu’elle soit entendue nous dit le réalisateur qui paradoxalement commente la situation de façon assez abstraite. De la confusion nait une vérité terrible et très actuelle sur l’état de la société tunisienne. Ce film est incroyable !

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