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« As Bestas » de Rodrigo Sorogoyen. Critique cinéma

Synopsis: Antoine et Olga, un couple de Français installé depuis longtemps dans un petit village de Galice restaure des maisons abandonnées pour faciliter le repeuplement. Tout devrait être idyllique mais un grave conflit avec leurs voisins fait monter la tension …

La fiche du film

Le film : "As bestas"
De : Rodrigo Sorogoyen
Avec : Marina Foïs, Denis Ménochet
Sortie le : 20/07/2022
Distribution : Le Pacte
Durée : 137 Minutes
Genre : Thriller, Drame
Type : Long-métrage
Le Film

Les aloitadores maîtrisent à deux ou trois , à mains nus, des chevaux sauvages afin de leur couper la crinière et les marquer à l’encolure. L’étreinte est violente, la bête se défend énergiquement. Rodrigo Sorogoyen ouvre son récit sur une séquence du genre, implacable et fougueuse.

C’est l’empreinte de l’histoire de ces hommes enterrés depuis l’enfance dans leur village presque abandonné. Il ne les filme pas, mais les empoigne rageusement dans cette taverne où l’eau de vie locale ravive leur colère.

L’amertume d’une vie gâchée  tout là-haut dans ce coin de montagne galicienne où un couple de français défie leurs maisons sans toit et des champs désertés.

Les produits du potager sont devenus  la fierté du marché local et les pierres d’Antoine retrouvent, là, un pan de mur, ou bien le faitage d’une toiture. Les voisins les ont regardés sans trop ciller avant que la vallée n’attire les prospecteurs.

L’opposition d’Antoine les a repoussés, ruinant les espoirs de Xan de quitter la région avec l’argent du projet. Depuis, lui et son frère Loren, un rien bêta, ( Diego Anido , excellent )ne cessent de lui chercher querelle.

Plus qu’une discorde de voisinage, Sorogoyen évoque la culture des temps anciens, le droit du sol, et son contraire xénophobe. C’est filmé dru et sans partage.  Les bons, les méchants et entre les deux, une frontière improbable entre la France et l’Espagne où la vieille Histoire s’est attardée.

Devant les difficultés à faire face aux événements la fille d’Olga ( Marie Colomb) tente de ramener sa mère en France.

Antoine tente des compromis, mais rien n’y fait malgré l’accompagnement de son épouse Olga tout aussi dévouée à la cause familiale.

Denis Ménochet et Marina Fois, un couple inattendu, en opposition d’eux-mêmes quand la guerre fait rage, et que la femme tempère pour un compromis impossible. L’interprétation forte de part et d’autre, résiste à la haine implacable que joue avec une maestria égale Luis Zahera dans son personnage brut de décoffrage.

Déshérité de son histoire, son chemin demeure sans issue. Sinon celui de l’inéluctable, de la fatalité. Mais la vérité, au final, est-elle encore bonne à dire interroge le cinéaste. La réponse d’Olga : un sourire franc et éclatant . Dernière ellipse d’une mise en scène qui n’en manque pas. Ultime parade …

Les aloitadores maîtrisent à deux ou trois , à mains nus, des chevaux sauvages afin de leur couper la crinière et les marquer à l’encolure. L’étreinte est violente, la bête se défend énergiquement. Rodrigo Sorogoyen ouvre son récit sur une séquence du genre, implacable et fougueuse. C’est l’empreinte de l’histoire de ces hommes enterrés depuis l’enfance dans leur village presque abandonné. Il ne les filme pas, mais les empoigne rageusement dans cette taverne où l’eau de vie locale ravive leur colère. L’amertume d’une vie gâchée  tout là-haut dans ce coin de montagne galicienne où un couple de français défie leurs…
Le Film

Bien installé dans le panorama du cinéma européen, Rodrigo Sorogoyen récidive une fois encore dans la démonstration sans esbrouffe d’une technique au service d’une histoire. La séquence d’ouverture, prodigieuse, inscrit le film dans une perspective très ambitieuse sur les enjeux du récit. Un petit village reculé dans la montagne galicienne, une désertification synonyme de ruines et de champs abandonnés, qu’un couple de français entend réhabiliter. Les voisins laissent faire jusqu’au jour où un projet d’aménagement dans la vallée divise la population locale et ces étrangers qui maintenant dérangent. Au-delà de la querelle de voisinage, Sorogoyen évoque la culture des temps anciens, le droit du sol, et son contraire xénophobe. C’est filmé dru et sans partage.  C’est joué tout aussi sèchement par Denis Ménochet et Marina Fois, dont l’interprétation forte de part et d’autre, résiste à la haine implacable de Xan que joue avec maestria Luis Zahera.

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Un commentaire

  1. Excellent thriller qui nous alpague dès le début avec une scène magnifique et qui ne nous lâche pas pendant plus de 2 h. La tension est présente dès le début, mais elle monte de plus en plus et on comprend qu’il y aura un événement fatal.
    Film très riche aussi avec de nombreux sujets de fond abordés : désertification de la Galicie et des campagnes, racisme « historique » entre français et espagnols, implantation d’éoliennes avec leurs compensations, conflits cultures bio et autres…
    Là où le réalisateur excelle : il présente bien les « bons » et les « méchants » mais en creusant, les arguments de ceux-ci sont entendables et ceux-là peuvent présenter des contradictions comme être écolos en étant contre les éoliennes.
    Les quatre acteurs principaux sont parfaits avec une mention spéciale pour Denis Ménochet toujours juste.
    À ne pas rater.

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