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« L’homme tranquille » de John Ford. Critique Blu-ray

Synopsis: Sean Thornton, ancien boxeur américain, est de retour dans son Irlande natale. Désireux de racheter la chaumière et le lopin de terre que ses parents possédaient, il entre en conflit avec Red Will Danaher, qui lorgne également sur le bout de terrain. La situation se complique lorsque Sean tombe amoureux de Mary Kate, la sœur de Danaher.

La fiche du film

Le film : "L'Homme tranquille"
De : John Ford
Avec : John Wayne, Maureen O'Hara
Sortie le : 07/11/1952
Distribution : Swashbuckler Films
Durée : 129 Minutes
Genre : Comédie, Drame, Romance
Type : Long-métrage
Le film
Les bonus
  • DVD : 23 Novembre 2022 ( Rimini Editions )

A l’époque cousu main, ce film conserve la ligne d’un cinéma à double tiroirs, qui dévoile l’apparat, et cache l’essentiel. Ce grand costaud qui revient au pays irlandais après des années vécues aux Etats-Unis, entend bien vivre paisiblement le reste de ses jours.

Ce que John Ford décrit en termes civilisés sur fond de paysages paradisiaques où l’Irlande  se cantonne à une carte postale. Sean Thornton retrouve ses racines et le cottage dont il rêve, malgré les interdits posés par son nouveau voisin. Un autre costaud de son acabit, qui lui n’a jamais quitté le pays.

Les bases de la querelle sont bien enracinées . Sur le ton de la fantaisie, le réalisateur engage les ébats. Le curé et le pasteur s’en mêlent, les villageois aussi, coutumiers de ces bagarres traditionnelles sans quoi leur pays ne ressemblerait à rien.

 

Une affaire entre les hommes et une femme, Mary, la sœur du voisin dont Sean Thornton va tomber amoureux. Une idylle pas facile, la dame en question ayant plus que son caractère, une indépendance farouchement attachée à sa chevelure rousse, qu’elle revendique comme un porte-drapeau …

Et à  l’idée de la voir convoler avec son ennemi, le frère redouble ses craintes et sa mauvaise humeur .

C’est bien du fil blanc que tricote le cinéaste sur cette histoire joliment racontée par un troisième larron, unique dans son genre : Flynn, le cocher, qui voit tout, fait tout et boit encore plus. Un personnage typique, indispensable au décor. Barry Fitzgerald, est irrésistible (Photo)

C’est l’homme de l’ombre, qui tire les vérités de ce pays engoncé dans son isolement, auprès de ces gens à la remorque d’une histoire dont ils n’arrivent pas à s’extirper.

John Ford mêle habilement le social à l’anecdotique, l’émotion au romantisme échevelé d’une aventure où l’idylle tient autant aux origines de la terre qu’à la nature de leurs êtres. Une complexité apparente dans le charme et la désinvolture.

Le couple John WayneMaureen O’Hara favorise bien l’engagement relayé par des seconds rôles tout aussi maîtres de leur destinée . Barry Fitzgerald, le fameux cocher pour ne citer que lui , il prend toute la place !

LES SUPPLEMENTS

Innisfree (1990 – 1h48), un film de José Luis Guerin. En 1990, le réalisateur retourne sur les lieux de tournage . On reprend les dialogues sur les images d’aujourd’hui, on reprend la même route qui mène au cottage puis les enfants d’Innisfree racontent l’histoire . C’est assez particulier pour aborder le sujet, mais l’originalité prime

C’est encore un jeune garçon du pays qui traverse tous les champs foulés autrefois par John Wayne

On nous explique les vieilles pierres, la signification celtique des croix , dans l’école du village où les enfants s’amusent de la caméra. Beaucoup des témoins du tournage sont morts. Mais il est quand même question de la venue de John Ford à Innisfree, là où il voulait absolument tourner.

José Luis Guerin rassemble aussi tous les souvenirs de l’époque avec un habitant qui avait participé à la bagarre finale.

Ainsi le film reprend -il des couleurs, une histoire, une âme… C’est parfois un peu longuet, mais là encore on se laisse guider .

Le bar , très sollicité par la mise en scène et les clients, n’a quasiment pas changé

 

  • > Le rêve irlandais de John Ford (Dreaming The Quiet Man – 2012 – 1h32),. Un film de Sé Merry Doyle – Narration, Gabriel Byrne- Avec les témoignages de Maureen O’Hara, («  c’était lui le meilleur … le plus méchant aussi. Il pouvait vous écharper »  ),  Martin Scorsese ( «  on sent un regard généreux sur les acteurs et les personnages » ) Aissa Wayne ( « mon père l’aimait beaucoup, moi il me faisait peur quand j’allais sur les tournages »)

Jim Sheridan : «  un immigré parfaitement intégré aux valeurs américaines (… ) On n’avait pas envie de le contrarier , on le disait gros buveur, mais il savait boire » … Ainsi, au fil des témoignages, le portrait du Ford Irlandais refait surface.

On y parle aussid’une Amérique qui « exploite la mort comme du grain à moudre … au service d’une presse racoleuse et sensationnaliste ! » . allusion au passé douloureux du héros du film …

DVD : 23 Novembre 2022 ( Rimini Editions ) A l’époque cousu main, ce film conserve la ligne d’un cinéma à double tiroirs, qui dévoile l’apparat, et cache l’essentiel. Ce grand costaud qui revient au pays irlandais après des années vécues aux Etats-Unis, entend bien vivre paisiblement le reste de ses jours. Ce que John Ford décrit en termes civilisés sur fond de paysages paradisiaques où l’Irlande  se cantonne à une carte postale. Sean Thornton retrouve ses racines et le cottage dont il rêve, malgré les interdits posés par son nouveau voisin. Un autre costaud de son acabit, qui lui…
Le film
Les bonus

Ce film aujourd’hui parait presque idyllique dans son charme et son décor de carte postale, un rien abîmé par la pesanteur évidente du studio en opposition flagrante avec un paysage enchanteur. Mais la technique s’oublie vite à l’écoute de cette histoire parfaitement racontée par un cinéaste qui revit quasiment le bonheur de son héros de retour au pays. Un homme que les villageois ne connaissent ou ne reconnaissent pas et que l’on accompagne dans sa relation difficile avec son voisin, dont la sœur ne le laisse pas indifférent. Si l’idylle est en train de naître, elle n’a rien d’évidente pour l’irlandais pure souche qui revendique sa terre comme un héritage de droit, naturel et prioritaire. Une position quasi patriarcale à la traîne d’un pays engoncé dans son isolement, à la remorque d’une histoire dont il n’arrive pas à s’extirper. Ce fond de vérité, John Ford le révèle en lui donnant du charme et de la fantaisie. Le couple John Wayne-Maureen O'Hara favorise bien cet engagement relayé par des seconds rôles tout aussi maîtres de leur destinée . Barry Fitzgerald, le fameux cocher pour ne citer que lui , il prend toute la place !

AVIS BONUS Un retour très long sur les lieux du tournage, et ensuite le portrait irlandais du réalisateur, documentaire indispensable à la compréhension de son travail .

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