- 27 mai 2026 en salle

- 2h 13min
- Comédie dramatique
- Par Agnès Jaoui,Emmanuel Salinger, Laurent Jaoui, Noé Debré et Florence Seyvos
- Avec Daniel Auteuil, Eye Haïdara, Lucie Gallo.
L’histoire : Dans les coulisses de l’opéra « Les Noces de Figaro », les tensions montent lorsqu’une accusation d’agression sexuelle éclate, mettant en péril la production et forçant chacun à prendre position. Les conflits d’opinion et de génération se font jour,
Si les étoiles n’apparaissent pas, reportez vous à la fin de l’article
Du Mariage de Beaumarchais aux Noces de Mozart , le mari de la comtesse est toujours aussi coquin, avec la jeune Suzanne qui s’apprête à épouser Figaro. Coquinerie d’époque. La retranscription contemporaine d’Agnès Jaoui s’opère dans le contexte #MeToo .
L’aigrefin d’autrefois est devenu un agresseur.
Ce que raconte à sa façon, loin des projecteurs, une célèbre diva, prête à dénoncer une dizaine d’artistes , coupables d’agressions sexuelles sur sa personne.
Dans la troupe qui répète « Les Noces de Figaro » Igor, le maestro en fait tomber sa baguette. Fait-il partie de la charrette, lui qui connut bien la dame ?
Premier achoppement masculin aux yeux de la réalisatrice que cette suspicion inquiète de la part d’un homme. Il n’a rien compris au problème, lui expliquera un peu plus tard Hannah, la Comtesse des « Noces » .
Ou Agnès Jaoui qui de la caméra à la scène joue habilement sur les deux tableaux du débat qui s’instaure au cœur des répétitions. Là où Piazzoni, le célèbre baryton, est très entreprenant dans son costume de comte auprès de la jeune Sophie, la Suzanne du Figaro. Ses mains vont bien au-delà du livret d’origine. Il s’en défend.

On le voit, on le prend en photo, on le dénonce et la discussion, des coulisses à la scène, siège désormais dans un tribunal populaire où l’aventure artistique peine à retrouver ses marques. Elle était alors pleine de vie, de chants et de musique dans ces décors où l’opéra prend un temps ses repères pour offrir au spectateur un allant créateur puissant et pétillant.
Une verve contaminée par ricochet sur la visée scénographique d’Agnès Jaoui , qui après les échanges et les confrontations, renvoie dos à dos des générations d’hommes et de femmes arc boutés sur leur propre histoire.

Paradoxalement dans la nuance, sur des images plus « violentes » ( la représentation est compromise) , la réalisatrice laisse les hommes tomber dans leur fatuité, leur lâcheté . Absent de la liste des condamnés de la diva, Igor ne savoure que ce bonheur, quand sur la scène triomphe l’amour de Suzanne pour Figaro, et le courage de quelques femmes.
Eye Haïdara est à ce titre exemplaire , dans son rôle et sa composition, autour d’un essaim de comédiens et comédiennes , d’excellentes compositions…
Le film
C’est un film assez complexe dans ses intentions, et qui malgré tout mène cahin-caha son projet jusqu’au bout . Célébrer le travail créateur de tout saltimbanque, en impliquant la communauté artistique dans ses propres dérives. Voire les harcèlements et agressions sexuels . Pour en parler et surtout débattre de l’attitude de tout un chacun, , via #Metoo, Agnès Jaoui se saisit de l’opéra de Mozart « Les Noces de Figaro » . Résumons : un comte entend déflorer la jeune Suzanne avant qu’elle ne se marie avec Figaro. Des coulisses aux répétitions, la question de savoir si l’œuvre est de portée féministe interfère au cœur même de la troupe intergénérationnelle. Où le célèbre baryton se permet d’aller bien au-delà des convenances avec sa jeune partenaire. Le problème est ainsi posé et débattu .Dans la confusion et la confrontation, l’art parait donner le la d’un diapason enfin commun à tous. Ce qui explique peut-être la nuance apportée à une fin plutôt heureuse, voire facile, quand elle n’est pas en contradiction avec la profondeur du film. L'affiche est parfaite.