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« 3 jours à Quiberon » d’Emily Atef. Critique cinéma

Synopsis: Pour une interview exceptionnelle et inédite sur l'ensemble de sa carrière, Romy Schneider accepte de passer quelques jours avec le photographe Robert Lebeck et le journaliste Michael Jürgs, du magazine allemand "Stern" pendant sa cure à Quiberon. Cette rencontre va se révéler éprouvante pour la comédienne qui se livre sur ses souffrances de mère et d'actrice, mais trouve aussi dans sa relation affectueuse avec Lebeck une forme d'espoir et d'apaisement.

La fiche du film

Le film : "3 jours à Quiberon"
De : Emily Atef
Avec : Marie Bäumer, Birgit Minichmayr
Sortie le : 13/06/2018
Durée : 115 Minutes
Genre : Drame
Type : Long-métrage
le film

Sarah Basiani n’aime pas ce film. En dehors de l’affect évident, on comprend son ressentiment à l’égard du portrait d’une mère qu’elle dit ne pas reconnaître. Quand le spectateur lambda peut ressortir aussi mal à l’aise d’un film dont l’objectif demeure incertain, voire très flou.

Comme si l’Allemagne n’avait toujours pas supporté la « désertion » de sa « Sissi », la fuite d’une star qui trouvera refuge en France où Romy Schneider brille alors de tout son talent.

Mais la voici dans ses retranchements, lors d’une cure  à Quiberon, face à un journaliste du « Stern » (Robert Gwisdek ) que lui a présenté un photographe ami, Robert Lebeck (Charly Hübner).

Plus que de la complicité avec le photographe, beaucoup d’amour

La confiance est plutôt au rendez-vous. Son amie proche, Hilde (Birgit Minichmayr) l’a rejointe dans la cité bretonne. Côté cœur, c’est une autre histoire. Romy Schneider s’apprête à quitter son mari et les relations avec son fils David penchent du mauvais côté.

Alors elle se livre, se confie, s’autodétruit. Romy se fait mal et nous fait du mal. Marie Bäumer est exceptionnelle, elle est Romy et son interprétation sans faille ravive la plaie. On oublie la comédienne de la fiction pour celle de la réalité quand Romy Schneider tentait d’échapper à ses démons.

La réalisation est du même tonneau, sans reproche. Elle réveille la plaie comme le font ces journalistes charognards que la cinéaste semble vouloir dénoncer. Mais le procédé voyeuriste est le même, où l’intime et l’irrespect se mêlent d’une vie déjà marquée par de nombreux scandales alimentés de rumeurs tout aussi abjectes.

Le journaliste ne l’épargne pas et nous prend à témoin d’une existence qui ne nous regarde pas. Acculée, buvant beaucoup, l’actrice dérive devant une caméra qui n’est plus celle d’un cinéma, mais d’un reportage in situ. C’est encore la force paradoxale de ce film emporté par la fouge de sa mise en scène, technique qui n’a peut-être jamais aussi bien porté son nom.

C’est un film déstabilisant où Denis Lavant prête son talent à une dérive nocturne qui marque fortement l’empreinte du noir et blanc retenu par Emily Atef. La Bretagne s’y retrouve pleinement, joliment photographiée entre bruine et rocaille. Un décor de cinéma !

Sarah Basiani n’aime pas ce film. En dehors de l’affect évident, on comprend son ressentiment à l’égard du portrait d’une mère qu’elle dit ne pas reconnaître. Quand le spectateur lambda peut ressortir aussi mal à l’aise d’un film dont l’objectif demeure incertain, voire très flou. Comme si l’Allemagne n’avait toujours pas supporté la « désertion » de sa « Sissi », la fuite d’une star qui trouvera refuge en France où Romy Schneider brille alors de tout son talent. Mais la voici dans ses retranchements, lors d’une cure  à Quiberon, face à un journaliste du "Stern" (Robert Gwisdek ) que lui a présenté un…
le film

A une époque de sa vie , Romy Schneider se ressourçait chaque année à Quiberon, la cité de la thalasso thérapie. Elle accorde très peu d’interviews et surtout pas aux journaux allemands qu’elle fuit. Aussi, le fait de recevoir dans sa retraite bretonne un journaliste du "Stern" dont la ligne éditoriale s’apparente à «  Scoop , toujours prêt » surprend son entourage. Mais l’homme est accompagné par un photographe ami de la comédienne. Sur cette trame réelle, Emily Atef réalise un film sans grande faille, avec une direction d’acteurs tout aussi parfaite ( Marie Bäumer est Romy Schneider ! ) mais qui suit les travers qu’elle semble vouloir dénoncer à travers le portrait d’une femme harcelée par des journalistes charognards. Au point de prendre le spectateur à témoin d’une dérive humaine dont le malheur s’étale habituellement dans les journaux crapoteux. La caméra n’est plus celle d’un cinéma, mais d’un reportage in situ. La force paradoxale de ce film déstabilisant et qui personnellement me met très mal à l’aise.

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