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« 125 rue Montmartre » de Gilles Grangier. Critique Blu-ray

  • Date de sortie du DVD : 10 juillet 2019
  • L’histoire : Alors qu’il tente de se suicider en se jetant dans la Seine, Didier est secouru par Pascal. Les deux hommes se lient d’amitié mais alors que Didier recommence à retrouver goût à la vie, Pascal se retrouve impliqué dans une affaire de meurtre ! Didier n’y est pas étranger.
  • D’après le roman éponyme de André Gillois -1958-Prix Quai des Orfèvres.
  • Acteurs : Lino Ventura, Andréa Parisy, Robert Hirsch, Dora Doll, Alfred Adam
  • Réalisateurs : Gilles Grangier
  • Sous-titres pour sourds et malentendants : Français
  • Studio : Pathé
  • Durée : 95 minutes

« J’aime que les assassins concordent avec l’arme du crime ».

On parle de polar, de thriller, mais la première demi-heure est ailleurs. Un homme tente de se suicider dans la Seine. Il est repêché par un vendeur de journaux et le duo qui se forme alors tient plus de l’amour vache que de l’amitié.

Il est vrai que le désespéré, Didier ( Robert Hirsch, bien excité du genou ) ne se présente pas sous son meilleur aspect. Il se dit persécuté par sa femme et son beau-frère qui l’ont quasiment dépouillé de tous ses biens.

Pascal le prend en pitié et malgré quelques excès d’énervement (Lino Ventura bourru façon Gabin, avec les tics ) il lui donne des gages de sympathie. Au point d’aller vérifier auprès de sa femme tout ce qu’il prétend.

Bien évidemment, c’est une autre version que la dame veut bien confier à Didier en lui racontant l’histoire d’un mythomane … Didier est confondu, dubitatif, dans le brouillard. Qui croire ?

Le fil de l’intrigue s’épaissit alors et se tend définitivement autour d’un cadavre retrouvé dans la maison de son ami.

Comme une vague idée ( Lino Ventura ) de s’être fait pigeonner par la femme ( Andréa Parisy) de son nouvel ami. Le commissaire (Jean Desailly) joue un peu les abrutis

Pour des raisons diverses, mais évidentes, Didier est soupçonné du meurtre. Tout l’accuse effectivement et en particulier la femme rencontrée quelques heures plus tôt à son domicile. Comme un piège qui se referme ? Une arnaque en train de réussir ? Un complot familial ?

Le commissaire (Jean Desailly ) semble convaincu de la culpabilité de Didier, mais les apparences sont trompeuses. L’homme a plus d’une enquête à son actif et le dénouement nous le prouve.

Inattendu, à contre-temps, suspendu ( d’où suspense ), le roman, le scénario, la mise en scène tout concourt à poser la cerise sur la révélation finale. Ce n’est pas une révolution, mais ça fait encore bouger les foules.

Le réalisateur face aux acteurs

LE SUPPLEMENT

  • Série d’entretiens autour du film (40 min). Chaque intervenant insiste sur le monde de la Presse qui nourrissait beaucoup le roman et dont le cinéaste a repris quelques séquences.

Patrick Eveno , spécialiste des médias. Crieur de presse, le quartier de la Presse, le Paris de la fin des années 50, «  c’est le côté sociologique intéressant de ce film qui joue sur une fausse adresse puisque ça se passait réellement rue du croissant ».

« On a inventé le crieur pour vendre au numéro et pas cher, c’était pour le peuple . (…)  Quand on s’aperçoit que l’abonnement est plus intéressant d’un point de vue économique, le crieur disparaît peu à peu… »

Philippe Lombard , journaliste . « C’est le premier film où Lino Ventura a le droit de regard , sur le scénario, le choix des acteurs, il est tatillon avant chaque tournage, demande beaucoup d’explications et refuse de tourner si ça ne lui semble pas cohérent ».

« Il y a un antagoniste entre les personnages mais aussi les comédiens Ventura et  Robert Hirsch , ils n’ont rien à voir entre eux, ce sont deux méthodes de travail opposées ».

Jean-Pierre Bleys, historien du cinéma .« C’est l’un des premiers rôles vedette de Ventura, avec l’appui de Gabin avec qui il est déjà très ami . (… )  On oublie aujourd’hui Desailly qui fut un grand acteur entre 40 et 60. (… ) Le monde du travailleur de la presse a une place plus importante dans le roman… ».

Date de sortie du DVD : 10 juillet 2019 L'histoire : Alors qu'il tente de se suicider en se jetant dans la Seine, Didier est secouru par Pascal. Les deux hommes se lient d'amitié mais alors que Didier recommence à retrouver goût à la vie, Pascal se retrouve impliqué dans une affaire de meurtre ! Didier n'y est pas étranger. D’après le roman éponyme de André Gillois -1958-Prix Quai des Orfèvres. Acteurs : Lino Ventura, Andréa Parisy, Robert Hirsch, Dora Doll, Alfred Adam Réalisateurs : Gilles Grangier Sous-titres pour sourds et malentendants : Français Studio : Pathé Durée : 95 minutes « J’aime que les assassins concordent avec l’arme du crime ». On parle de polar, de thriller,…
Le film
Le bonus

La situation aidant, on parlera de film sympa pour l’été. Ca peut même aller au-delà autour d’une affaire dans laquelle notre brave crieur de journaux Didier se laisse embobiner par un pauvre gars qui voulait se suicider. Le duo vit des moments difficiles ( le déprimé est insupportable ) mais réussit néanmoins à fonctionner jusqu’au jour où la police pointe d’un doigt accusateur notre Didier. Il se défend, ne comprend rien, mais le cadavre est bien là et l’argent dans sa poche … Piège, arnaque, complot ? on ne sait trop et malgré un début fantaisiste et une mise en place à rallonge, on peut parler d’un très bon film noir à la française, dans ces années 50 qui fleurissent sur l’écran à la manière d’un rappel de l’Histoire .

AVIS BONUS Une série d'entretiens qui s'intéresse autant au film qu'au monde de la Presse à la fin des années cinquante. On en apprend des choses...

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