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« Una noche » de Lucy Mulloy. Critique cinéma

Synopsis: Cuba, avec ses rues ensoleillées, colorées et animées, a tout d’une île aux décors paradisiaques mais Raúl étouffe dans cette société en proie au désespoir et rêve de commencer une nouvelle vie à Miami. Lorsqu’il est accusé d’avoir agressé un touriste, il n’a plus le choix et doit quitter La Havane. Il supplie Elio, son meilleur ami, de tout abandonner pour l’aider à atteindre les rivages du monde interdit, situés à 140 kilomètres de l’autre côté de l’océan. Mais Elio est partagé entre le désir de protéger sa sœur jumelle et celui de s’enfuir…

La fiche du film

Le film : "Una Noche"
De : Lucy Mulloy
Avec : Dariel Arrechaga, Anailín de la Rúa de la Torre
Sortie le : 27/11/2013
Distribution : Outplay
Durée : 90 Minutes
Genre : Drame
Type : Long-métrage
Le film

Cuba et l’actualité cinématographique. Si le fond du sujet ne change guère (comment quitter cette île, faussement paradisiaque ?) la réalisatrice Lucy Mulloy  qui signe là son premier film, y ajoute cette fois une touche très personnelle. Le quotidien d’une certaine population défavorisée (un regard quasi documentaire) se fond dans le récit d’une bande de copains, avides de liberté.

La fiction mélangée aux réalités du moment, c’est la radioscopie d’une ville,  une immersion dans les coulisses de La Havane, ses petits trafics, sa survie au jour le jour et les flics (uniformes et civils) en quête du moindre larcin, quand un touriste se fait « agresser ». «  A la Havane, seul un fou s’enfuit devant la police » dit Raul.
Raul s’est simplement vengé sur un client de sa mère. Il est recherché et ne doit son salut qu’à son meilleur copain. Elio  l’aime secrètement, alors que Raul  court le jupon et les aventures d’un jour. Et puis il y a la sœur jumelle d’Elio, Lila, liée à son frère, comme les doigts de la main. Un rapport fusionnel que l’arrivée de Raul risque de compromettre.

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C’est aussi l’enjeu de ce film, ces corps adolescents qui s’épanouissent au soleil voilé d’un pays qui les retient prisonniers. Une jeunesse confrontée à la misère de leurs parents C’est pourquoi ils guignent avec envie le retour de ceux qui ont fait fortune à Miami, « ils sont gros, ils reviennent comme des rois », mais c’est leur rêve que de s’y rendre  pour rejoindre un parent, qui pourtant n’a jamais écrit depuis qu’il est parti.

Ils vont s’embarquer  tous les trois, sur un radeau chichement construit, autour duquel la réalisatrice semble elle aussi perdre ses repères. Si à l’aise dans l’élévation de ses personnages, de leurs aspirations, et de leurs frustrations, elle  filme cette fois approximativement une dérive au cœur d’un océan tout aussi hostile que le rivage qu’ils viennent de quitter.

J’ai trouvé le final un rien pathétique, bien que révélateur d’un climat où les passions s’exacerbent enfin, totalement. Une liberté chèrement acquise et sur laquelle Lucy Mulloy ne se prononce guère. Comme une incertitude sur l’avenir, une porte entr’ouverte, entr’ouverte seulement.

Cuba et l’actualité cinématographique. Si le fond du sujet ne change guère (comment quitter cette île, faussement paradisiaque ?) la réalisatrice Lucy Mulloy  qui signe là son premier film, y ajoute cette fois une touche très personnelle. Le quotidien d’une certaine population défavorisée (un regard quasi documentaire) se fond dans le récit d’une bande de copains, avides de liberté. La fiction mélangée aux réalités du moment, c’est la radioscopie d’une ville,  une immersion dans les coulisses de La Havane, ses petits trafics, sa survie au jour le jour et les flics (uniformes et civils) en quête du moindre larcin, quand…

Review Overview

Le film

Le premier film d’une réalisatrice qui reprenant le thème de la liberté surveillée à Cuba diverge de ses prédécesseurs en jetant un regard quasi documentaire sur le petit peuple cubain, et les aspirations de sa jeunesse. La fiction mêlée à ce quotidien joue ici le rôle de détonateur d’une aventure qui s’inspire de faits réels. Et va même bien au-delà. Lors de la présentation du film à New-York deux comédiens Javier Nunez Florian et Analin de la Rua de la Torre, ont demandé l’asile

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