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« Tout s’est bien passé » de François Ozon. Critique cinéma

Synopsis: Fantasque, aimant passionnément la vie mais diminué, un père demande à sa fille de l’aider à en finir. Emmanuèle, est romancière épanouie dans sa vie privée et professionnelle. Son père André vient de faire un AVC. Avec l’aide de sa sœur Pascale, elle va devoir choisir : accepter sa volonté ou le convaincre de changer d’avis.

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La fiche du film

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Le film
  • D’après le roman éponyme d’Emmanuèle Bernheim.

Une maladie. L’effet clinique au cinéma, et l’expression de toute une vie. En peu de mots et d’’images, François Ozon résume frontalement l’état dans lequel un homme âgé se retrouve du jour au lendemain, suite à un AVC.

Dès le prologue, l’intention du réalisateur force l’acceptation du spectateur. Il faut pouvoir se confronter à ce monde totalement médicalisé, là où le cinéma mise habituellement sur l’allégorie.

Mais Ozon ne transige pas .Toute cette histoire vécue reprend le cours d’une existence familiale, au cours de laquelle un couple s’est peu à peu éloigné l’un de l’autre, quand les enfants Emmanuèle et Pascale grandissaient .

Ce que le cinéaste rappelle au contact de cet homme aujourd’hui cloué dans son lit d’hôpital. Toute une vie en raccourci défile dans ses remarques acerbes et les souvenirs mitigés de ces deux sœurs, au chevet de ce papa drôle et fier.

Mais André fatigué demande à en finir. L’appel est sans rémission, il est têtu, obstiné, comme il le fut toute sa vie.

«  On ne lui a jamais rien refusé » confirme Emmanuèle, la romancière aussi bouleversée que sa sœur par une telle exigence. L’admettre ou la rejeter, assouvir cet ultime désir … le combat est douloureux, les souvenirs mordants.

François Ozon les filme avec autant d’acuité qu’il prend à bras-le-corps le sujet de la fin de vie, son mode opératoire, ses exigences. Tout un processus que le père entend rigolard, mais si impatient de passer aux actes.

Bien souvent méconnaissable, André Dussollier est extraordinaire dans ce personnage qui ne nous épargne rien de ses souffrances, et du traumatisme familial qu’il engendre. Son épouse ( Charlotte Rampling, tout aussi magnifique ) ne fait que passer, comme absente depuis tout ce temps que les deux sœurs tentent maintenant de rattraper.

Un bel ensemble composé sur une écriture prenante, et fantaisiste parfois quand le cours de l’existence prend à revers le tragique de la situation.

Hanna Schygulla joue la représente de l’association suisse pour le droit de mourir dans la dignité

Un peu de répit pour Emmanuèle et Pascale qui trouvent en Sophie Marceau et Géraldine Pailhas deux excellentes interprètes. Elle sont dans la juste mesure de leurs personnages à l’équilibre fragile , mais à la sororité si précieuse en pareilles circonstances.

L’effet clinique des premiers instants s’est estompé. Le pathétique évité, c’est la vie – apparences trompeuses – qui reprend ses droits.

D’après le roman éponyme d’Emmanuèle Bernheim. Une maladie. L’effet clinique au cinéma, et l’expression de toute une vie. En peu de mots et d’’images, François Ozon résume frontalement l’état dans lequel un homme âgé se retrouve du jour au lendemain, suite à un AVC. Dès le prologue, l’intention du réalisateur force l’acceptation du spectateur. Il faut pouvoir se confronter à ce monde totalement médicalisé, là où le cinéma mise habituellement sur l’allégorie. Mais Ozon ne transige pas .Toute cette histoire vécue reprend le cours d’une existence familiale, au cours de laquelle un couple s’est peu à peu éloigné l’un de…
Le film

Il faut passer les premiers instants très cliniques de ce film, pour accéder avec attention dans un univers médical où la maladie se prolonge par un désir acharné de mourir. La fin de vie déjà abordée au cinéma par des films comme «  Quelques heures de printemps » de Stéphane Brizé devient le point d’ancrage de deux sœurs confrontées à la volonté d’un père qui a toujours accédé à ses désirs. François Ozon les filme avec autant d’acuité qu’il prend à bras le corps le sujet, son mode opératoire, ses exigences. Ou l’effet clinique au cinéma appliqué à l’expression de toute une vie L’écriture prenante, et fantaisiste parfois ( on rit, on sourit … ) accompagne de très beaux interprètes . D’André Dussollier à Sophie Marceau, de Géraldine Pailhas à Charlotte Rampling, François Ozon peut s’appuyer sur le sérieux et l’intelligence de leur composition. A l’image de sa mise en scène .

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