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« Nana et les filles du bord de mer » de Patricia Bardon. Critique DVD

  • Réalisatrice: Patricia Bardon
  • ActeursSofiia Manousha, Grégoire Isvarine, Toni Gaudin, Héloïse Roth, Guilhem Valayé
  • Durée : 75 minutes
  • Dvd: 26 avril 2021
  • Studio Doriane Films

L’histoire : Un village  en bord de mer, où Internet est arrivé. « C’est Mathieu qui a commencé » déclare Nana . Nana part en guerre :  en allant encore plus loin que son homme dans la séduction sur les réseaux, en cherchant le pire. Sa guerre sème la zizanie dans le groupe des filles du bord de mer, et des gars.

  • Film et Bonus : 

C’est très vaguement du Rohmer, plus proche de   « Villa Beausoleil » de Philippe Allard. On pense aussi à Kaurismaki, sans retenir longuement la référence, le sujet est ici plus aérien pour donner à ce récit amoureux ,une liberté de ton et d’humeur incroyable.

Nana vient d’être plaquée bizarrement par Mathieu. Elle réplique tout aussi sèchement. Elle clique à mort sur son écran, pour des réseaux d’infortune où le cœur est souvent absent.

Sa petite bande le lui fait comprendre sans bien saisir le mode d’emploi des sentiments en goguette. Internet demeure ce regard froid et impersonnel sur lequel on s’abandonne à tout va.

C’est aussi le problème de la réalisatrice. Patricia Bardon utilise beaucoup la littérature courriel, difficile à déchiffrer sur l’écran. A la limite un détail, sa mise en scène très suggestive joue beaucoup sur le comportement physique.

Ainsi , avant d’être un film de bord de mer , «  Nana » est un film de façades. Devant la boucherie, le café et la villa « Plein Soleil », garçons et filles passent et repassent, s’affichent. Comme au théâtre. On y entre pour faire la fête et conter ses peines.

Ce sont des moments qui s’éparpillent et que l’on recolle comme on peut. Nana se perd dans ses messages électriques, le bord de mer ne reconnait plus ses filles, atmosphère délétère. Ca parait léger, beau et ensoleillé quand Patricia Bardon filme la solitude, l’errance, le désespoir.

Un électrochoc des genres bidouillés par Arno musicalement ad-hoc. Son harmonica trifouille dans les ébats amoureux, sa voix gronde joliment. Peut-être la maladresse du jeu, celle du scénario.

Des faiblesses qui écornent un ton résolument plaisant. Une ambiance. 

LES SUPPLEMENTS

  • « 2×2 versions de l’amour » de Patricia Bardon ( 17 mn ) . Un ballet ininterrompu de va-et-vient à quatre personnages d’une pièce à une autre, d’un appartement à un autre… Dans l’espace où un personnage disparaît, dans l’espace où deux autres se trouvent séparés, un drame se joue.

L’écran est divisé en quatre, bien distinct, et de plus en plus associé au fil des événements. Dans les deux appartements? , deux couples vivent des moments bien différents.

Le premier est paisible, même si le monsieur en manque de cigarettes parait bien agité. Dans le second le monsieur tient des propos incohérents et une bouteille d’alcool quasiment vide. Le système de visionnage nous mène bien évidemment dans un jeu d’interactions où le quatuor fait corps. On se demande toujours vers quel personnage aller, quand happé par les récits, l’histoire ne fait plus qu’une.

Sofia Manousha dans le rôle titre, est aussi connue pour son rôle de blogueuse influenceuse dans les parfums

Un exercice de style parfaitement maîtrisé, un peu ardu au départ Mais sur un court métrage, ça fonctionne !

  • Rencontre avec Patricia Bardon et Philippe Rouyer. Un peu à l’image du film et du court-métrage,  l’entretien sort des habitudes . Il tient plus d’une conversation entre amis. Le vouvoiement est de rigueur, mais l’atmosphère bien amicale.

Patricia Bardon arrive au bout d’un processus créatif qui lui a demandé bien du temps et causé bien des soucis. L’idée première autour des réseaux sociaux ( c’était le début ) est rejetée par tout le monde .Sollicité pour un petit rôle Arno se fait prier ( il ne le fera pas ) et traîne la jambe pour la musique.

Le casting de professionnels connus est impossible à réunir faute d’argent,  les producteurs se défilent. Patricia Bardon ramasse alors ses petites économies, se donne dix jours pour tourner et choisit dans les candidats à la relève son affiche.

Entre temps il lui faut s’occuper de l’administration, signer les contrats…

Un film à l’arrache, dépouillé . Elle explique sa manière de travailler, ses rapports avec la direction d’acteurs, et puis aussi tout ce qu’il reste à faire, jusqu’à la distribution en salles.

On comprend alors peut-être un peu mieux le rendu d’un film plein de vitalité, de promesses et comme à bout de course et d’idées, sur plusieurs séquences.

Réalisatrice: Patricia Bardon Acteurs : Sofiia Manousha, Grégoire Isvarine, Toni Gaudin, Héloïse Roth, Guilhem Valayé Durée : 75 minutes Dvd: 26 avril 2021 Studio  : Doriane Films L'histoire : Un village  en bord de mer, où Internet est arrivé. "C'est Mathieu qui a commencé" déclare Nana . Nana part en guerre :  en allant encore plus loin que son homme dans la séduction sur les réseaux, en cherchant le pire. Sa guerre sème la zizanie dans le groupe des filles du bord de mer, et des gars. Film et Bonus :  C’est très vaguement du Rohmer, plus proche de   « Villa…
Le film
Les bonus

Entre le charme et la naïveté des élans primesautiers, Patricia Bardon se place résolument à l’écart des films du genre balnéaire que Rohmer ou Rozier ont pu évoquer. A son récit amoureux, plus que marivaudage, elle donne une liberté de ton et d’humeur incroyable. Alors qu’il est question de vengeance ! Celle de Nana à l’égard de son compagnon qui la plaque et va en entendre parler sur les réseaux du Net où la belle décide de conquérir le reste de la planète, ou presque. Ce sont des moment qui s’éparpillent et que l’on recolle comme on peut. Les bonnes idées du film aboutissent rarement, freinées par un scénario assez lâche et une direction d’acteurs tout aussi distendue. On effleure la légèreté des êtres, on se heurte à leur inconstance. Ce qui marque tout l’intérêt d’un film en manque de repères. La liberté de ton n’interdit pas le sérieux de l’application.

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