- 1 heure et 36 minutes

- Dvd : 16 janvier 2026
- Acteurs : Andy Devine, Claire Trevor, John Carradine, John Wayne, Tom Tyler
- Sous-titres : Français
- Studio : Sidonis Calysta
L’histoire : Au cœur du territoire Apache, une diligence se dirige vers Lordsburg. A son bord, huit passagers vont connaître un voyage riche en rebondissements.
Si les étoiles n’apparaissent pas, reportez vous à la fin de l’article
D’après la nouvelle « Stage to Lordsburg » (1937) de Ernest Haycox
De nombreux spécialistes westerniens s’accordent pour reconnaître à ce film toutes les vertus du genre . Ne serait-ce que pour cette première rencontre entre John Ford et John Wayne , qui par la suite allait donner plein de petits.
Ici ils sont déjà grands dans une maestria scénique qui dès le préambule nous invite à monter dans cette diligence où déjà huit voyageurs ont pris place.
Ils sont bien différents les uns des autres, une fille de joie et un médecin alcoolique renvoyés de la ville , face à un banquier véreux et un gentleman bien étrange qui n’a d’égards que pour le belle Mme Mallory (Louise Platt) qui rejoint son époux , capitaine de la célèbre cavalerie américaine.
Tout ce petit monde se tient donc sur son quant-à-soi, évitant de mélanger les torchons et les serviettes. Ce qui amuse bien Ringo Kid ( John Wayne), le prisonnier du shérif qui compte le conduire jusqu’à destination : la prison de Lordsburg .
Des préjugés mis à mal par John Ford et ses scénaristes Dudley Nichols et Ben Hecht qui moralisent un brin sur cette populace peu tolérante , et peu amène à l’égard des plus démunis . Une équipée sauvage avant de devenir cette chevauchée fantastique, où tout un chacun ou presque, retrouve , force, courage et dignité, face à la menace Geronimo, le chef indien sorti de sa réserve.

Les masques tombent, le galant se révèle patriote ( John Carradine), la fille de joie vire au bonheur (Claire Trevor), et le mauvais garçon fait maintenant l’unanimité. Dans ce huis- clos en mouvement perpétuel, chahuté au final par une embardée guerrière dans la plus grande tradition du western.
Avec le duel inévitable de fin de partie. Ce n’est pas du Beckett , mais du Ford, très fort.
LES SUPPLEMENTS
- Le regard de Noël Simsolo – Avant de tourner « Citizen Kane » Orson Welles se fait projeter de nombreuses fois « La Chevauchée fantastique » « pour savoir comment on tourne ». C’est l’une des révélations de l’historien du cinéma qui précise que John Ford n’est pas « un western man. Mais son film aura tellement marqué les esprits quand il ressort à la fin de la seconde guerre mondiale »
Pour ses personnages, ses scènes d’action, et ses paysages, ce serait la quintessence du western américain. Ce qu’explique passionnément Noël Simsolo, avec une foultitude de petites histoires sur la grande Histoire du cinéma et l’avènement du couple Ford-Wayne !
- John Ford par Lindsay Anderson (40 mn ) – « Analyser l’œuvre et la personnalité d’un aîné admiré mérite une attention toute particulière » souligne l’acteur-réalisateur britannique à l’égard des quatre Oscars du meilleur réalisateur.
Arnaqueur né, un grand réalisateur, sa carrière est unique elle traverse l’histoire du cinéma, de Griffith et l’époque du muet , jusqu’au cinémascope. « Je fais ça pour faire vivre ma famille, je ne suis pas un intello, mais j’aime mon métier » disait John Ford
Avec « Je n’ai pas tué Lincoln » , « il passe d’excellent réalisateur à la grandeur qui marque son travail à la fin des années trente .(…) C’était un libéral qui haïssait la vanité et l’hypocrisie ».
On s’attarde aussi beaucoup à Monument Valley « qui deviendra sa terre d’adoption , et celle de John Wayne avec qui il tourne pour la première fois »
Ses personnages parlent peu ? « Ne les faites jamais parler s’ils n’ont rien à dire ». Heureux de travailler pour la marine, il a filmé la bataille de Midway avec une simple caméra 16 mm. – 1942 – Oscar® du meilleur documentaire en 1943.Lors d’un bombardement, John Ford fut blessé au bras .
- La version colorisée – Pourquoi pas , mais je la préfère « dans son jus »
Le film
Les bonus
C’est un western où les indiens qui figurent ( une fois encore) comme l’épouvantail, n’apparaissent qu’à l’issue du voyage, dans une belle embardée guerrière . John Ford l’a peaufinée, histoire de dire qu’il était parmi les plus grands.
Ce final débarque après avoir réalisé l’exploit de filmer un quasi huis-clos , en perpétuel mouvement. Soit la fameuse diligence dans laquelle ont pris place des personnes d’horizons bien différents
Des passagers plus ou moins amènes, des regards qui s’échangent plus ou moins amicaux , Ford parle là de préjugés et de tolérance , mais aussi déjà de son Amérique qu’il chérit tant .
Dans une galerie de personnages dont la présentation est déjà une mise en scène éclatante, couronnée par l’arrivée pour la première fois aux côtés du réalisateur de John Wayne
Il sera le héros du duel inévitable de fin de partie. Ce n’est pas du Beckett , mais du Ford, très fort.
AVIS BONUS
Le film en couleur, les commentaire d'un historien et un documentaire sur John Ford, du grand bonus !

