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« Jusqu’à la garde » de Xavier Legrand. Les suppléments

LES SUPPLEMENTS

  • « Avant que de tout perdre » de Xavier Legrand (2012, 28 mn) . César du meilleur court-métrage. Un jeune garçon fait mine de se rendre à l’école et se cache sous un pont. Une adolescente en larmes attend prostrée sur le banc d’un arrêt de bus. Une femme vient les chercher et les conduit sur le parking d’un hypermarché. Ils entrent alors tous les trois précipitamment dans le magasin…

C’est en fait ce qui pourrait ouvrir «  Jusqu’à la garde ». A part  le jeune garçon, on retrouve les mêmes acteurs dans une posture de conflit familial aigu. Cinq ans séparent les deux films, mais déjà dans ce court métrage, les intentions de Xavier Legrand sont précises, et la réalisation tout aussi efficace.

Il filme le drame d’une violence conjugale quotidienne à la façon d’un thriller dont l’issue est absolument incertaine et très crispante. Belles prestations et mise en scène éloquente.

  • Making of  (43 mn). Un documentaire très intéressant où tous les acteurs du film interviennent pour dire réellement des choses sur la technique, le sujet, leur personnage. Pas de langue de bois et des scènes de tournage ou de répétitions pour agrémenter l’ensemble.

Xavier Legrand a été plusieurs jours dans les bureaux d’un juge pour enfants ( on ne sait pas si c’est celui qui intervient dans ces bonus … ) . On le voit alors diriger les différentes scènes d’ouverture ( le bureau du juge )

 « Il est acteur, il sait par quoi ça passe » dit Saadia Bentaïeb , la juge à propos de la direction d’acteurs. L’intéressé rétorque qu’il lui a fallu beaucoup discuter avec Denis Ménochet, qui était dans cette demande contrairement à Léa Drucker, beaucoup plus instinctive .

«  Il y avait des moments où j’étais faux » estime Denis Ménochet «   mais c’était la vérité du personnage, habituellement je ne l’aurais jamais joué comme ça mais là il le fallait ».

Le jeune Thomas Gioria est beaucoup sollicité dans ce making of auquel il participe lui aussi pleinement . Avant de jouer la scène de la voiture où il doit avouer à son père où se trouve sa mère , il reconnait avoir eu très peur , «  mais très vite je me suis dis que ce n’était qu’un jeu » .

A signaler que la même équipe a participé au film et au court-métrage «  ça crée une énergie, tout le monde se soutient ». Et le résultat dans les deux cas, est là !

  • Entretien avec Edouard Durand, juge des enfants (35 mn). « En tant que citoyen, homme et juge, je trouve ce film remarquable ». Il le dira à plusieurs reprises, Edouard Durand n’a rien à reprocher à ce film qui à ses yeux expose parfaitement la situation . On ne sait pas si c’est auprès de lui que Xavier Legrand a trouvé conseil…

Le juge est subjugué par la manière de mettre en évidence «  le  lien indissociable entre la conjugalité et la parentalité dans les violences conjugales . De la part du réalisateur c’est très fort, on voit bien que ce qui se joue dans le couple, le rapport de force, la violence, se jouent de la même manière dans la parentalité ( l’éducation des enfants, la vie avec les enfants… ) ».

« La violence de l’agresseur, la peur qu’il génère et l’emprise qu’il maintient, parce que la société lui laisse le champ libre, est vraie, quelle que soit la personnalité de l’agresseur , (…) c’est un sujet qui passe à l’acte pour obtenir une satisfaction personnelle au mépris de la sécurité générale ».

La critique c’est ici

Voir aussi

« Le Rêve américain » de Anthony Marciano . Critique cinéma

Inspiré d’une histoire vraie, ce film est hallucinant. On a du mal à y croire , mais on y croit !

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