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« Cure » de Kiyoshi Kurosawa. Critique dvd

  • Réalisation, auteurs & scénaristes : Kiyoshi Kurosawa (d’après son roman)
    Dix titres dans un coffret dont l’inédit  » Seventh code »
  • Avec : Kôji Yakusho (Kenichi Takabe) – Masato Hagiwara (Kunio Mamiya) – Tsuyoshi Ujiki (Makoto Sakuma) – Anna Nakagawa (Fumie Takabe) – Yoriko Douguchi (Dr. Akiko Miyajima)
  • Sortie le 14 février 2017

 Kiyoshi Kurosawa connait les classiques du thriller fantastique. Du scénario à la réalisation, ils portent les réminiscences d’un cinéma introspectif. Signe cabalistique en prime. Le réalisateur japonais a tout compris, tout assimilé pour se permettre de verser aux débats une version très personnelle.

Le film policier n’est ici qu’un prétexte à une déambulation dans la société japonaise qui entre folie et hypnose ne trouve pas le juste milieu. L’inspecteur de police Takabe, (Koji Yakusho ) à priori sain de corps et d’esprit, illustre cette image d’un pays en proie à la frénésie et à l’hystérie. Son épouse, dépressive, est à deux doigts d’une mort qu’il côtoie chaque jour et qui maintenant lui échappe.

Les cadavres qui jonchent son enquête ne sont plus l’œuvre d’un seul et même individu, mais de plusieurs exécutants, victimes de cet homme insaisissable, hypnotiseur, manipulateur. Ce sont en quelque sorte ses « propres » tueurs dont les travers, les pulsions, les inclinaisons malsaines se réveillent à son contact. Des gens insoupçonnables, commerçant, policier, médecin, psychiatre, instituteur, représentants idéals d’une société enfermée dans un processus mortifère inéluctable.

Le jeune interné ne comprend rien aux questions du psychiatre et du policier

Un processus criminel qui assimile la folie du coupable à la vérité de ses mensonges. D’où ses hallucinations hypnotiques qu’il pratique sur ses futures victimes, dans une mise en scène assez limpide que transcende le réalisateur pour nous révéler les dessous d’une intrigue à la fois psychique et meurtrière.

Si le fameux signe cabalistique (un «X » gravé sur le cou) est sujet à de multiples interprétations, il permet au cinéaste de nous donner un cours d’histoire et de médecine sur les théories de Franz-Anton Mesmer et le magnétisme animal. Un magnétisme que subit maintenant le psychiatre pourtant très aux faits de la dangerosité de son patient.

Il en avait prévenu son ami policier englué lui aussi dans les filets de ce témoin de plus en plus suspect et démoniaque qui de sa vie privée lui révèle ses propres failles. L’issue lui sera obligatoirement fatale pense le réalisateur quels que soient les résultats de son enquête et les révélations personnelles qui en découleront.

Le jeune homme se retrouve assez logiquement en hospitalisation, mais on ignore encore tout de sa pathologie

Où l’on voit que l’écriture et la mise en scène ne font maintenant plus qu’un. Kiyoshi Kurosawa est l’auteur des deux. Ce qui n’est pas une mince affaire quand celle-ci se révèle être une composante désormais indispensable du cinéma de ce XXI ème siècle.

  • Les autres films du coffret. « Cure » (1997) -« Charisma » (1999) « Seance » (2000) -« Kaïro » (2001) -« Loft » (2006)-« Real » (2012) -« Shokuzai  Celles qui voulaient se souvenir » (2012)-« Shokuzai Celles qui voulaient oublier » (2012)-« Vers l’autre rive » (2015).

 

LES SUPPLÉMENTS

 

Entretiens avec Kiyoshi Kurosawa (68min)

Séquences commentées de CHARISMA et KAIRO par Romain Slocombe, auteur de « Un été japonais » (24min)

Reportage sur KAÏRO de Paris-Première (4min)

Présentation de SÉANCE par Kiyoshi Kurosawa (2min)

Préface de CURE par Thierry Jousse, cinéaste et critique de cinéma. Le coffret est accompagné d’un guide de la collection de 30 pages rédigé par Diane Arnaud, professeur d’esthétique filmiques et auteur de « Kiyoshi Kurosawa: Mémoire de la disparition ».

 

Réalisation, auteurs & scénaristes : Kiyoshi Kurosawa (d'après son roman) Avec : Kôji Yakusho (Kenichi Takabe) - Masato Hagiwara (Kunio Mamiya) - Tsuyoshi Ujiki (Makoto Sakuma) - Anna Nakagawa (Fumie Takabe) - Yoriko Douguchi (Dr. Akiko Miyajima) Sortie le 14 février 2017  Kiyoshi Kurosawa connait les classiques du thriller fantastique. Du scénario à la réalisation, ils portent les réminiscences d’un cinéma introspectif. Signe cabalistique en prime. Le réalisateur japonais a tout compris, tout assimilé pour se permettre de verser aux débats une version très personnelle. Le film policier n’est ici qu’un prétexte à une déambulation dans la société japonaise qui…
Le film

C’est une histoire qui n’a l’air de rien, assez classique, dans le genre policier que Kiyoshi Kurosawa déjoue en reprenant beaucoup de codes, mais en les assimilant à une vision sociétale assez déprimante. Après quatre ou cinq cadavres, un enquêteur comprend que les coupables ne sont que les victimes d’un jeune étudiant en psychologie, en rupture de scalpel, mais pas des leçons prodiguées par son professeur psychiatre. Au fur et à mesure que les cadavres s’amoncellent, Kurosawa raconte que le Japon contemporain, entre folie et hypnose n’arrive pas à trouver le juste milieu. L’inspecteur de police Takabe, à priori sain de corps et d’esprit illustre cette image d’un pays en proie à la frénésie et à l’hystérie. Un héros sans avenir, dans un pays qui lui ressemble ?

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